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Ebola: premier cas à New York, l'épidémie menace le Mali et la Côte d'Ivoire

New York (AFP) Vendredi 24 Octobre 2014

Un policier devant l'entrée de l'hôpital de Bellevue où un médecin de New York, récemment revenu de Guinée et atteint par le virus Ebola, est soigné, le 23 octobre 2014 à New York (AFP-Timothy A. Clary)

New York est frappé par un premier cas d'Ebola, alors que l'épidémie menaçait de déborder sur deux nouveaux pays d'Afrique de l'Ouest, le Mali et la Côte d'Ivoire.

Un médecin de New York récemment revenu de Guinée, où il travaillait avec Médecins sans Frontières (MSF) et avait soigné des malades d'Ebola, a contracté le virus, a affirmé jeudi soir le maire de la ville Bill de Blasio lors d'une conférence de presse.

Le médecin avait été hospitalisé jeudi avec une forte fièvre et avait subi des examens pour déterminer s'il avait contracté le virus. Il est le premier cas avéré d'Ebola dans la plus grande ville américaine.

Au Mali, un premier cas d'Ebola, en provenance de la Guinée voisine, a été identifié et, en Côte d'Ivoire, un aide-soignant guinéen potentiellement contaminé était recherché.

Face à la rapidité de la progression du virus, les considérables moyens promis en personnels de santé - plus d'un millier de soignants africains - et des centaines de millions de dollars risquaient d'arriver bien tard.

Des agents sanitaires de la Croix Rouge près d'un tas de sable qui servira à absorber les fluides émis par les corps des victimes d'Ebola devant le centre de traitement Ebola de Monrovia, le 23 octobre 2014 au Liberia (AFP-Zoom Dosso)

Le Mali a enregistré son premier cas confirmé, une fillette de 2 ans venue de Guinée voisine avec sa grand-mère, qui a été placée en quarantaine à Kayes (ouest), a annoncé jeudi soir le ministère de la Santé. Toutes les personnes ayant été en contact avec l'enfant ont été placées sous surveillance, selon les autorités sanitaires.

En Côte d'Ivoire, limitrophe de deux des pays touchés, la Guinée et la Sierra Leone, mais parvenue jusqu'à présent à échapper à la contamination, un aide-soignant guinéen potentiellement contaminé qui serait entré clandestinement dans le pays était activement recherché.

Ces alertes interviennent quelques heures après que la présidente du Liberia, le pays le plus touché, Ellen Johnson Sirleaf, a appelé à un contrôle strict des frontières de la part des trois pays concernés afin d'empêcher une résurgence du virus dans les rares régions où l'épidémie recule.

Mme Sirleaf a reçu dans la soirée la présidente de la Commission de l'Union africaine (UA), Nkosazana Dlamini-Zuma, qui s'est ensuite rendue en Guinée pour achever sa tournée des trois pays, selon des sources officielles.

Bilan total de l'épidémie d'Ebola par pays (AFP-P.Pizarro / A. Bommenel)

Auparavant, dans la capitale sierra-léonaise, Freetown, Mme Dlamini-Zuma a annoncé que la République démocratique du Congo (RDC) s'était engagée à envoyer 1.000 personnels de santé, s'ajoutant aux quelque 600 déjà promis par les pays d'Afrique de l'Est, mais sans préciser de calendrier.

"Nous avons remarqué que la communauté internationale réagissait avec davantage d'infrastructures mais pas beaucoup de personnels de santé. Et les infrastructures sont vitales pour avoir des centres de traitement et des hôpitaux, mais si ces infrastructures n'ont pas de personnel, c'est du gaspillage", a-t-elle expliqué, tout en reconnaissant la modestie des effectifs déployés par l'UA, d'une trentaine de personnels.

- Echéance de décembre -

Cuba, qui a déployé au début du mois 165 médecins et infirmiers en Sierra Leone, en a acheminé mercredi 83 supplémentaires, 49 au Liberia et le reste en Guinée.

Il est "extrêmement difficile de trouver assez de personnel soignant" pour venir lutter contre Ebola, a reconnu le directeur général adjoint de l'Organisation mondiale de la santé (OMS), le docteur Keiji Fukuda, y voyant "un défi majeur" pour enrayer la propagation.

Le Dr Fukuda a évoqué une possible "inflexion dans la courbe" de la progression de la maladie d'ici à la fin de l'année, alors que le cap des 10.000 cas est pratiquement atteint, ce bilan incluant près de 4.900 morts.

Le président sierra-léonais Ernest Bai Koroma a aussi estimé que l'épidémie serait "contenue mais pas éliminée" dans son pays "d'ici à la fin de l'année", jeudi, sur la chaîne de télévision britannique ITV News.

L'épidémie, la pire de l'histoire de cette fièvre hémorragique découverte en 1976 en RDC, représente toujours une urgence mondiale, selon l'OMS.

A Bruxelles, la Commission européenne a annoncé le déblocage de 24,4 millions d'euros "pour donner un coup de fouet" à la recherche.

Le nouveau commissaire européen aux Affaires humanitaires, le Chypriote Christos Stylianides, va coordonner la riposte européenne à l'épidémie, a annoncé jeudi le président sortant du Conseil européen Herman Van Rompuy.

Aux Etats-Unis, le cofondateur de Microsoft, le milliardaire et philanthrope américain Paul Allen, a annoncé jeudi qu'il portait ses dons pour combattre Ebola à 100 millions de dollars (environ 79 millions d'euros).

Malgré l'augmentation des moyens dans les trois pays principalement touchés, l'OMS souligne qu'un quart seulement des 4.700 lits nécessaires dans les centres de traitement pour parvenir à l'objectif de l'ONU d'isoler 70 % des malades d'ici au 1er décembre sont actuellement disponibles.

La mise en place de ces lits et une meilleure détection des cas suspects pourrait en revanche éviter des dizaines de milliers de nouveaux cas d'ici au 15 décembre au Liberia, selon une simulation informatique réalisée sur la province de Monrovia, la plus peuplée du pays.

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