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Ecosse: des sondages donnent le non à l'indépendance en tête

Édimbourg (AFP) Mercredi 17 Septembre 2014

Des partisans au "non" à l'indépendance de l'Ecosse rassemblés le 16 septembre 2014 à Glasgow (AFP-Ian MacNicol)

A l'approche du référendum de jeudi sur l'indépendance de l'Ecosse, dont le résultat s'annonce serré, trois sondages publiés mardi soir donnent le non en avance de quatre points sur le oui.

Les résultats sont en effet identiques si l'on exclut les personnes sans opinion: le non à l'indépendance l'emporte dans tous les cas avec 52% face au oui qui recueille 48%.

Ces enquêtes ont été réalisées à partir de vendredi, jour où les deux camps ont encore accentué leurs efforts pour convaincre les électeurs.

Ces sondages ont été salués par le camp du oui: "Nous sommes tout près d'un succès jeudi", a réagi Blair Jenkins, qui dirige le mouvement favorable à l'indépendance Yes Scotland.

- Va-tout -

Mardi, les trois partis traditionnels britanniques ont joué leur va-tout en publiant une déclaration conjointe solennelle promettant une autonomie accrue aux Ecossais s'ils votent non à l'indépendance.

Cette promesse, qui réitère des engagements pris précédemment, a été publiée en une du principal quotidien écossais, le Daily Record, sous le titre "Le serment" (The Vow).

Le texte a été signé par le Premier ministre conservateur, David Cameron, le leader du parti d'opposition travailliste, Ed Miliband, et le vice-Premier ministre libéral-démocrate, Nick Clegg.

La tribune confirme qu'en cas de victoire du non, les négociations sur le transfert de nouveaux pouvoirs à Edimbourg démarreront dès le lendemain du référendum, selon le calendrier annoncé par les trois dirigeants la semaine dernière après la poussée du vote indépendantiste dans les sondages.

Le texte martèle enfin que c'est le gouvernement écossais qui aura "le dernier mot" sur le financement du système de santé public (NHS) en Ecosse, l'un des thèmes majeurs de la campagne sur lequel le camp du oui entendait une nouvelle fois mettre l'accent mardi.

En gravant dans le marbre le serment de transférer de nouveaux pouvoirs à Edimbourg, les trois leaders de Westminster entendent d'abord convaincre les électeurs qu'il ne s'agit pas là d'une énième promesse sans lendemain, comme le pensent beaucoup de partisans du oui en Ecosse.

- 'Offre vide' -

Pour le Premier ministre écossais et champion du oui, Alex Salmond, il s'agit d'une "offre vide de dernière minute". Elle ne va "pas dissuader le peuple d'Ecosse à saisir jeudi l'immense opportunité de confier à l'Ecosse l'avenir de l'Ecosse", a-t-il déclaré à la BBC.

Sa numéro 2, Mme Nicola Sturgeon, a, elle émis des doutes quant à la véracité de telles promesses qui n'offrent "aucune garantie quelle qu'elle soit" tout en balançant entre "menace" et "mépris".

Un autre son de cloche commence à se faire entendre à Londres où certains commencent à s'inquiéter des larges concessions annoncées. Selon plusieurs commentateurs, elles menaceraient de conduire à une fédéralisation, voire une "balkanisation" du Royaume-Uni.

L'appel dramatique à la une du Daily Record couronne une semaine d'intense activité des leaders des trois partis qui sont tous montés dans le Nord pour s'opposer à l'indépendance, même si aucun des trois n'y est particulièrement populaire.

En première ligne, David Cameron s'est livré lundi à Aberdeen à un vibrant et ultime plaidoyer contre l'éclatement du royaume, dans un discours au cours duquel il a tour à tour manié les compliments, les menaces explicites et les promesses.

Mobilisés, un nombre record d'électeurs se sont inscrits pour voter et le taux de participation promet d'être très élevé.

Dans ce contexte, l'effervescence continue de monter à Edimbourg, où les médias du monde entier s'apprêtent à couvrir l'éventuelle naissance d'une nouvelle nation et son corollaire: l'affaiblissement douloureux d'un royaume.

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