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Gaza: Israël veut "finir le travail" malgré les critiques de l'ONU

Gaza (Territoires palestiniens) (AFP) Jeudi 31 Juillet 2014

Un soldat israélien transporte un obus dans un camp militaire proche de la frontière de Gaza, le 31 juillet 2014 (AFP-Jack Guez)

Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a prévenu jeudi que l'armée "finirait le travail" contre les roquettes et les tunnels du Hamas dans la bande de Gaza, malgré les critiques de l'ONU sur les lourdes pertes civiles palestiniennes.

Tandis que les Etats-Unis ont condamné les tirs qui ont tué au moins 16 réfugiés palestiniens mercredi dans une école en estimant qu'il n'y avait peu de doutes sur leur origine israélienne, le Conseil de sécurité de l'ONU a de nouveau appelé à "un cessez-le-feu immédiat et sans conditions".

"Nous sommes déterminés à achever" la destruction des tunnels du Hamas "avec ou sans cessez-le-feu", a prévenu M. Netanyahu au 24e jour d'une nouvelle guerre dévastatrice, après l'annonce de la mobilisation de 16.000 réservistes supplémentaires -- portant le total à 86.000 mobilisés -- et de la livraison de munitions américaines.

Selon le général en charge du secteur, Sami Turgeman, la destruction de ces tunnels est "une question de jours".

Le Hamas, qui contrôle l'enclave palestinienne, refuse tout cessez-le-feu sans un retrait des troupes israéliennes du territoire, un arrêt des frappes et une levée du blocus imposé par Israël depuis 2006.

Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu (c) avec le ministre de la Défense Moshe Yaalon, lors d'une réunion de cabinet, le 31 juillet 2014 à Tel Aviv (POOL/AFP-Dan Balilty)

Après le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon, la Haut-Commissaire de l'ONU aux Droits de l'Homme Navi Pillay a condamné les attaques israéliennes touchant des maisons, des écoles, des hôpitaux et des centres de réfugiés, y voyant "un acte de défi délibéré" au droit international.

- 'Que le Hamas continue' -

L'armée israélienne a encore intensifié son offensive, entrant plus profondément dans l'enclave palestinienne, où onze personnes ont encore été tuées jeudi soir dans une frappe contre une maison dans le camp de réfugiés de Nousseirat (centre).

Une ambulance du Croissant rouge proche d'un immeuble en feu après une frappe israélienne à Rafah, le 31 juillet 2014 (AFP-Said Khatib)

En ajoutant les autres morts de la journée, ainsi que les blessés des jours précédents ayant succombé et les corps encore sortis des décombres, le bilan s'élève à 1.437 tués à Gaza, selon les services de secours. La grande majorité étaient des civils.

"Un drone a bombardé notre maison, les gens sont venus nous aider et le drone a bombardé encore. Il y a eu trois morts", a raconté Mahmoud Alyan, un infirmier de 23 ans de Beit Lahiya venu à l'hôpital al-Chifa de Gaza pour soigner une blessure au ventre.

"Moi je veux que le Hamas continue cette guerre, qu'il pousse Israël hors de Gaza", a-t-il ajouté alors qu'on apportait des corps carbonisés à l'hôpital.

"Tous les deux ans, il y a la guerre ici, mais celle-ci c'est vraiment la pire", a estimé son ami Iyad Salim, 23 ans, déjà blessé lors de l'opération israélienne de 2008.

Mercredi avait été avec près de 120 morts l'une des journées les plus sanglantes de ce nouveau conflit dans ce territoire de 40 km sur 10 où les quelque 1,8 million d'habitants, pour moitié des mineurs, ne sont nulle part à l'abri.

Graphique global avec carte sur le conflit entre Israël et le Hamas (AFP-K. Tian, J.Storey)

La chute d'au moins un obus sur un marché de Chajaya, à l'est de la ville de Gaza, a fait 17 morts et 150 blessés, selon les secours locaux, avec des scènes insoutenables de corps mutilés, de morts et de sang.

Et seize Palestiniens ont été tués à Jabaliya (nord), quand deux obus ont frappé de plein fouet une école de l'ONU où 3.000 Gazaouis avaient cherché refuge. Une frappe également condamnée par l'Union européenne jeudi.

- L''espoir' de Kerry -

La Maison Blanche a reconnu qu'il y avait peu de doutes sur l'origine israélienne des tirs sur l'école et estimé que ce bombardement était "totalement inacceptable et totalement indéfendable".

Les Etats-Unis ont dans le même temps accepté une demande de livraison de munitions à l'Etat hébreu, le Pentagone répétant l'engagement de Washington à "garantir la sécurité d'Israël".

Quant à la situation dans la bande de Gaza, le chef de l'agence onusienne pour l'aide aux réfugiés palestiniens (UNRWA) Pierre Krähenbühl a prévenu que la population civile était "au bord du gouffre" et a redouté l'apparition d'épidémies.

Désormais, plus de 230.000 réfugiés s'entassent dans des conditions de précarité extrêmes dans les 85 centres de l'agence à Gaza, sans électricité et avec très peu d'eau et de vivres.

L'armée israélienne, qui a pour sa part perdu 56 soldats, a annoncé avoir détruit une trentaine de tunnels souterrains souvent reliés entre eux, tandis que des experts israéliens évoquent un "Gaza sous Gaza" d'où le Hamas mène la bataille.

Depuis le 8 juillet, l'armée israélienne a comptabilisé près de 3.000 roquettes tirés sur Israël, qui ont tué trois civils.

Au moins quatre roquettes ont été détruites en plein vol jeudi soir et une autre a endommagé une maison à Kyriat Gat, dans le sud d'Israël, blessant un civil, selon l'armée.

Jusqu'à présent vaines, les démarches diplomatiques ont repris. Une délégation israélienne est revenue du Caire, habituel intermédiaire. Aucune délégation palestinienne ne l'a pour l'heure suivie.

En déplacement en Inde, le secrétaire d'Etat américain, John Kerry, a toutefois affirmé que les Etats-Unis gardaient "l'espoir" d'un cessez-le-feu et insisté: "Le plus tôt sera le mieux".

Et alors que de nombreuses manifestations pro-palestiniennes ont eu lieu à travers le monde ces dernières semaines, plusieurs milliers de personnes se sont rassemblées jeudi à Paris aux cris de "Israël légitime défense" et "Hamas-Al-Qaïda même combat".

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