Vous êtes ici : Accueil / Info en Continu / Monde / Gaza: Israël veut "finir le travail" malgré les critiques de l'ONU

Diminuer le texte Taille par défaut Augmenter le texte
Imprimer Ajouter aux favoris Parler de cet article à un ami
Partager sur Facebook

Gaza: Israël veut "finir le travail" malgré les critiques de l'ONU

Gaza (Territoires palestiniens) (AFP) Jeudi 31 Juillet 2014

Un soldat israélien transporte un obus dans un camp militaire proche de la frontière de Gaza, le 31 juillet 2014 (AFP-Jack Guez)

Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a prévenu jeudi que l'armée "finirait le travail" contre les roquettes et les tunnels du Hamas dans la bande de Gaza, malgré les critiques de l'ONU sur les lourdes pertes civiles palestiniennes.

"Nous sommes déterminés à achever" la destruction des tunnels utilisés par les combattants du Hamas palestinien pour des attaques contre l'Etat hébreu, "avec ou sans cessez-le-feu", a prévenu M. Netanyahu après l'annonce de la mobilisation de 16.000 réservistes supplémentaires -- soit un total de 86.000 mobilisés -- et de la livraison de munitions américaines.

"Nous n'accepterons donc aucune proposition qui ne permettrait pas à l'armée israélienne de finir ce travail", a-t-il prévenu au 24e jour d'un conflit dévastateur. Selon le général en charge du secteur de Gaza, Sami Turgeman, c'est "une question de jours".

Le Hamas, qui contrôle l'enclave palestinienne, refuse pour sa part tout cessez-le-feu sans un retrait des troupes israéliennes du territoire, un arrêt des frappes et une levée du blocus imposé par Israël depuis 2006.

Après le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-Moon, la Haut-Commissaire de l'ONU aux Droits de l'Homme Navi Pillay a condamné les attaques israéliennes touchant des maisons, des écoles, des hôpitaux et des centres de réfugiés, y voyant "un acte de défi délibéré vis-à-vis des obligations résultant du droit international".

Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu (c) avec le ministre de la Défense Moshe Yaalon, lors d'une réunion de cabinet, le 31 juillet 2014 à Tel Aviv (POOL/AFP-Dan Balilty)

L'armée israélienne a encore intensifié son offensive, entrant plus profondément dans l'enclave palestinienne.

Jeudi, au moins 13 Palestiniens, dont deux femmes ont péri dans les bombardements, 13 autres touchés par de précédentes attaques ont succombé à leurs blessures, et de nouveaux corps ont été retirés des décombres près de Khan Younès (sud), selon les services de secours.

Au total, le bilan du côté palestinien est désormais de 1.395 morts et de plus de 8.100 blessés, en grande majorité des civils, selon les secours. Plus de 245 enfants figurent parmi les morts, selon l'Unicef.

- Munitions américaines -

Mercredi avait été avec près de 120 morts l'une des journées les plus sanglantes de cette nouvelle guerre dans ce territoire de 40 km sur 10 où les quelque 1,8 million habitants, pour moitié des mineurs, ne sont nulle part à l'abri.

Seize Palestiniens ont ainsi été tués à Jabaliya (nord), quand deux obus ont frappé de plein fouet une école de l'ONU où 3.000 Gazaouis avaient cherché refuge.

La chute d'au moins un obus sur un marché de Chajaya, à l'est de la ville de Gaza, a aussi fait 17 morts et 150 blessés, selon les secours locaux, avec des scènes insoutenables de corps mutilés, de morts et de sang, alors qu'Israël avait décrété une "fenêtre humanitaire".

Une ambulance du Croissant rouge proche d'un immeuble en feu après une frappe israélienne à Rafah, le 31 juillet 2014 (AFP-Said Khatib)

L'agence onusienne pour l'aide aux réfugiés palestiniens (UNRWA) a clairement accusé l'armée israélienne d'être responsable du drame de son école, déplorant la mort d'enfants "tués alors qu'ils dormaient à côté de leurs parents sur le sol d'une salle de classe". L'armée israélienne a émis l'hypothèse de tirs du Hamas.

Les Etats-Unis, tout en réaffirmant le droit d'Israël à se défendre, ont condamné ce bombardement et rappelé l'Etat hébreu à ses obligations en matière de protection des civils, dans un contexte de tension entre les deux grands alliés.

Mais l'administration américaine a aussi accepté une demande de livraison de munitions, le Pentagone répétant l'engagement de Washington à "garantir la sécurité d'Israël".

- Situation humanitaire dramatique -

Dans l'enclave, la situation humanitaire est dramatique et le chef de l'UNRWA Pierre Krähenbühl a évoqué ses "craintes d'apparition de maladies", en expliquant que les 85 centres de l'agence à Gaza hébergeaient désormais 220.000 réfugiés.

Les conditions d'accueil sont très précaires: il n'y a pas d'électricité et les pénuries en eau et en vivres se font durement ressentir.

Graphique global avec carte sur le conflit entre Israël et le Hamas (AFP-K. Tian, J.Storey)

Le bilan humain de l'offensive "Bordure protectrice" s'approche à grands pas de celui de l'opération Plomb Durci (2008-2009), le plus meurtrier des quatre principaux conflits entre Israël et le Hamas avec 1.440 tués côté palestinien.

Avec 56 morts, l'armée israélienne déplore pour sa part son bilan le plus lourd depuis la guerre contre le Hezbollah au Liban en 2006. Selon l'armée, trois de ces soldats ont péri mercredi dans une ancienne clinique de l'UNRWA où débouchait un tunnel qui avait été piégé.

L'armée a annoncé avoir détruit 32 de ces boyaux souvent reliés entre eux, tandis que des experts israéliens évoquent un "Gaza sous Gaza" d'où le Hamas dirige et mène la bataille.

Malgré l'intensification des opérations israéliennes, des roquettes continuent d'être tirées sur Israël. Depuis le 8 juillet, l'armée en a comptabilisé plus de 2.800, qui ont tué trois civils.

Jusqu'à présent vaines, les démarches diplomatiques ont repris. Une délégation israélienne est revenue du Caire après une rencontre avec des responsables égyptiens, habituels intermédiaires, et une délégation conjointe des principaux mouvements palestiniens, dont le Hamas, pourrait suivre jeudi.

Tous droits de reproduction et de représentation réservés. © 2014 AFP Agence France-Presse.
Toutes les informations reproduites dans cette rubrique sont protégées par des droits de propriété intellectuelle détenus par l'AFP. Par conséquent, aucune de ces informations ne peut être reproduite, modifiée, rediffusée, traduite, exploitée commercialement ou réutilisée de quelque manière que ce soit sans l'accord préalable écrit de l'AFP. L'AFP ne pourra être tenue pour responsable des délais, erreurs, omissions qui ne peuvent être exclus, ni des conséquences des actions ou transactions effectuées sur la base de ces informations.