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Gaza: Kerry parle de "progrès" en vue d'une trêve, pilonnage meurtrier

Tel-Aviv (AFP) Mercredi 23 Juillet 2014

Le secrétaire d'Etat américain John Kerry (g) avec le président de l'Autorité palestinienne Mahmoud Abbas à Ramallah, dans la bande de Gaza, le 23 juillet 2014 (Pool/AFP--)

Le secrétaire d'Etat américain, John Kerry, a fait état mercredi en Israël de "progrès" dans les efforts en vue d'une trêve pour mettre fin au bain de sang à Gaza, au moment où la suspension de vols vers Tel-Aviv se prolongeait de crainte des tirs palestiniens.

L'ONU a décidé l'envoi d'une mission pour enquêter sur de possibles "crimes de guerre" commis par l'armée israélienne à Gaza et dénoncé les attaques aveugles du Hamas contre des zones civiles en Israël, alors que les efforts américains et du patron de l'ONU, Ban Ki-moon, s'intensifient pour faire cesser le conflit le plus meurtrier entre les deux camps depuis 2009.

Selon les services de secours palestiniens, plus de 50 personnes, dont des enfants, ont encore péri mercredi dans le pilonnage de Gaza, portant à 680 le bilan des morts palestiniens en 16 jours. Durant la même période, 34 Israéliens - 32 soldats et deux civils - ont péri, de même qu'un travailleur thaïlandais.

Un soldat israélien blessé évacué par les siens le 23 juillet 2014 à la frontière de la Bande de Gaza (AFP-Jack Guez)

L'offensive israélienne, déclenchée le 8 juillet par des frappes aériennes puis étendue à une opération terrestre, vise à neutraliser les capacités militaires du mouvement palestinien Hamas au pouvoir à Gaza, dont ses tirs de roquettes qui ont de nouveau atteint Israël.

Après des rencontres à Jérusalem avec M. Ban et à Ramallah avec le président palestinien, Mahmoud Abbas, M. Kerry s'entretenait avec le Premier ministre, Benjamin Netanyahu, à Tel-Aviv avant de se rendre à nouveau au Caire en fin de soirée.

"Nous avons fait des progrès ces dernières 24 heures", a dit M. Kerry, après avoir souligné qu'il restait du travail à faire.

- Enquête d'urgence de l'ONU -

En tournée dans la région, M. Ban a déclaré à Amman que "tout le monde devrait œuvrer ensemble pour mettre un terme immédiatement à ces violences", en estimant que "les solutions militaires ne sont pas viables".

Carte localisant les victimes de l'offensive israëlienne à Gaza (AFP-K. Tian/J.Bonnard)

Pour aider dans ces efforts diplomatiques, le chef de la diplomatie britannique, Philip Hammond, est arrivé en soirée à Tel-Aviv.

Si la communauté internationale s'accorde pour dénoncer les tirs de roquettes du Hamas, les critiques se multiplient aussi contre Israël, le pilonnage de Gaza faisant essentiellement des victimes civiles dans une bande de terre de 362 km2 où s'entassent dans la misère 1,8 million de personnes soumises à un blocus israélien depuis 2006.

Accentuant la pression, le Conseil des droits de l'Homme de l'ONU a décidé à Genève l'envoi d'urgence d'une commission chargée d'enquêter sur les possibles "violations" israéliennes, après le vote d'une résolution en ce sens déposée par la Palestine.

Le ministre des Affaires étrangères palestinien, Riyad el-Malki, a accusé Israël de "perpétrer un crime contre l'humanité".

Des soldats israéliens pulvérisent du gaz, le 22 juillet 2014 à la sortie d'un tunnel utilisé par des militants du Hamas pour mener des incursions en Israël (AFP-Jack Guez)

Israël a, dans un communiqué, dénoncé comme une parodie la décision du Conseil qui, selon lui, "devrait lancer une enquête sur la décision du Hamas de transformer les hôpitaux en centres de commandement militaires, d'utiliser les écoles comme dépôts d'armes et de placer des batteries de missiles à côté des terrains de jeux".

Face à ce dialogue de sourds et malgré les efforts intenses en vue d'un cessez-le-feu, après l'échec d'une première tentative égyptienne, aucun des protagonistes ne semble prêt à baisser les armes.

Une fillette palestinienne blessée à son arrivée le 23 juillet 2014 à l'hôpital de Kahn Yunis dans le sud de la Bande de Gaza (AFP-Said Khatib)

L'armée israélienne, qui enregistre les pertes les plus lourdes depuis la guerre contre le Hezbollah libanais en 2006, s'est targuée de réussir son opération.

"Ces dernières 24 heures, les choses sont plus sous contrôle", a indiqué Peter Lerner, porte-parole de l'armée, en soulignant que les tirs du Hamas vers Israël avaient diminué d'intensité mercredi. Au total quelque 1.700 impacts de roquettes ont été comptabilisés, et environ 420 projectiles détruits en vol.

Selon lui, l'armée a aussi mis au jour 28 tunnels dont la destruction est un des objectifs stratégiques d'Israël qui accuse le Hamas de s'en servir pour lancer des attaques.

- Suspension des vols prolongée -

Le président de l'Autorité palestinienne Mahmoud Abbas s'adresse aux journalistes le 22 juillet 2014 à Ramallah (AFP-Abbas Momani)

A Gaza, outre les combats au sol, les raids et les tirs de chars se poursuivaient avec leur lot quotidien de victimes et de destructions, selon les services de secours, même si les hostilités ont cessé un temps pour permettre l'évacuation de blessés.

En raison du chaos à Gaza, le bilan global de 680 morts et de plusieurs milliers blessés donné par le porte-parole des services d'urgence, Achraf al-Qodra, est difficile à vérifier.

Ce conflit est le quatrième entre Israël et le Hamas depuis le retrait unilatéral de l'armée israélienne de Gaza en 2005.

Israël tentait en outre de réagir à l'annulation des vols en série sur l'aéroport Ben Gourion près de Tel-Aviv alors qu'une roquette s'est écrasée mardi à quelques kilomètres de là.

Pour le Hamas, "la fermeture de l'espace aérien israélien est une grande victoire pour la résistance et le couronnement de l'échec d'Israël".

Quelque 80 vols ont été annulés depuis mardi. L'Agence fédérale de l'aviation américaine (FAA) a prolongé mercredi de 24 heures l'interdiction, de même que l'allemande Lufthansa et d'autres compagnies aériennes.

La compagnie El Al a dû augmenter ses vols pour permettre aux Israéliens coincés à l'étranger de rentrer.

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