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Gaza: les hostilités continuent malgré les annonces de trêve

Gaza (Territoires palestiniens) (AFP) Dimanche 27 Juillet 2014

Une ambulance arrive sur les lieux d'un bombardement de l'armée israélienne à Gaza, le 27 juillet 20104 (AFP-Mahmud Hams)

Les hostilités ont continué dimanche dans la bande de Gaza malgré l'annonce d'une trêve par le Hamas, l'armée israélienne ripostant à des tirs de roquettes qui ne se sont pas interrompus.

Les deux camps se sont mutuellement rejeté la responsabilité de la poursuite des combats en dépit des espoirs de cessez-le-feu à la veille de la grande fête musulmane d'Aïd el-Fitr, qui marquera lundi la fin du ramadan.

Aux yeux du Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, les combattants du Hamas "violent leur propre cessez-le-feu" en continuant à tirer des roquettes vers Israël.

"Israël fera tout ce qu'il doit faire pour défendre son peuple", a-t-il répété sur CNN. "J'espère que nous réussirons à obtenir un calme durable pour nous permettre de démilitariser Gaza", a-t-il ajouté sur CBS.

"Nous attendons une réponse officielle de l'ennemi", a expliqué le porte-parole du Hamas à Gaza, Sami Abou Zouhri, laissant entendre que le mouvement islamiste continuerait à tirer tant qu'Israël n'aurait pas cessé ses opérations.

Selon l'armée israélienne, 22 roquettes de Gaza ont atterri en Israël et 5 autres ont été interceptées par la défense anti-aérienne depuis l'annonce en début d'après-midi d'une trêve par le Hamas, qui a lui-même revendiqué des tirs. Elles n'ont pas fait de victime.

A l'approche de la fin du ramadan, les belligérants soufflent le chaud et le froid avec des annonces successives en réponse à une demande de l'ONU de prolonger la "trêve humanitaire" observée samedi.

Un blessé sorti des décombres le 27 juillet 2014 à Gaza (AFP-Mahmud Hams)

Le secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, a de nouveau appelé dimanche soir "dans les termes les plus fermes" à étendre la trêve pour 24h.

Samedi soir, le Hamas avait rejeté cette pause que le cabinet de sécurité israélien acceptait, exigeant un retrait des soldats israéliens de la bande de Gaza, où ils sont entrés le 17 juillet.

Le chef du Hamas en exil, Khaled Mechaal, a assuré mener le combat contre des "occupants". "Je suis prêts à coexister avec les juifs, les chrétiens, les arabes et les non-arabes (...) Cependant, je ne coexiste pas avec des occupants", a-t-il déclaré à la chaîne américaine PBS.

Onze Palestiniens, dont une chrétienne, ont péri dimanche dans les frappes israéliennes, selon un bilan des services de secours locaux, sensiblement moins élevé que les précédents jours.

Au total, 1.031 Palestiniens, des civils pour les trois-quarts selon l'ONU, sont morts depuis le début de la campagne militaire israélienne le 8 juillet, un bilan revu à la baisse après un examen approfondi des parties de corps retrouvés dans les décombres.

- La menace des tunnels -

Chronologie du conflit israélo-arabe de 1948 à 2014 (AFP-L. Saubadu/C. Mutto)

Mais même en cas d'une hypothétique trêve durable, il restera à engager des discussions sur le fond, où les désaccords sont très profonds.

Israël, qui a annoncé avoir frappé près de 3.600 "sites terroristes" depuis le début de son opération "Bordure protectrice", entend mener à son terme la neutralisation des "tunnels offensifs" construits par le Hamas et son allié, le Jihad islamique.

Ces souterrains ont été creusés pour lancer des attaques contre Israël et dissimuler l'arsenal et les centres opérationnels des mouvements palestiniens. L'armée a annoncé avoir découvert une trentaine de tunnels et affirme devoir être sur le terrain pour détruire de tels souterrains.

Elle a aussi affirmé avoir tué 320 combattants du Hamas en 20 jours de conflit.

L'Egypte a de son côté annoncé avoir détruit 13 tunnels reliant la péninsule du Sinaï à Gaza, que le Hamas utiliserait pour faire entrer dans l'enclave du carburant, des armes, des vivres et de l'argent.

Le secrétaire d'Etat américain, John Kerry, s'entretient avec le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu le 25 juillet 2014 au Caire (Pool/AFP/Archives-Pool)

Pour un accord de trêve durable, le Hamas exige une levée du blocus imposé depuis 2006 par Israël, qui asphyxie l'économie de ce territoire de 362 km2 où s'entassent 1,8 million de personnes, dépendant en grande partie de l'aide humanitaire.

- Appel à un 'réel' cessez-le-feu -

Dimanche, le ministre français des Affaires étrangères, Laurent Fabius, a réclamé "d'urgence un réel cessez-le-feu et l'ouverture de négociations".

Le secrétaire d'Etat américain, John Kerry, de retour à Washington après une tournée d'une semaine entre le Moyen-Orien et l'Europe, continuait de travailler à de nouvelles trêves, selon un haut responsable américain.

Tir d'un char de l'armée israélienne à la frontière de la bande Gaza, le 27 juillet 2014 (AFP-Gil Cohen-Magen)

Selon les médias israéliens, le cabinet de sécurité était réuni dimanche soir à Tel-Aviv pour discuter des prochains développements.

Le gouvernement israélien doit aussi prendre en compte son opinion publique: selon un sondage rendu public par la radio militaire, 85,6% des Israéliens sont hostiles à un cessez-le-feu.

Avec 43 morts dans ses rangs, l'armée israélienne subit son plus lourd bilan depuis la guerre contre le Hezbollah libanais en 2006. Les roquettes ont également tué trois civils en Israël.

A la faveur de la trêve samedi, de nombreux déplacés de Gaza sont retournés dans leur quartier, où ils ont découvert un spectacle de cauchemar: maisons effondrées, cadavres dans les décombres, mines et bombes non explosées au sol.

Fuyant les hostilités, près de 170.000 habitants de la bande de Gaza, soit quasiment 10% de la population, ont trouvé refuge dans des locaux de l'ONU.

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