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Gaza: trêve non déclarée à Gaza, l'ONU appelle à un cessez-le-feu durable

Gaza (Territoires palestiniens) (AFP) Lundi 28 Juillet 2014

Des musulmans palestiniens prient en plein air au premier jour de la fête du Fitr, près d'une mosquée endommagée par les frappes israéliennes à Rafah, au sud de la bande de Gaza, le 28 juillet 2014 (AFP-Said Khatib )

Israël et le Hamas ont pratiquement cessé les hostilités avant la fête musulmane du Fitr lundi, le Conseil de sécurité de l'ONU et les Etats-Unis appelant à un cessez-le-feu durable à Gaza où trois semaines de conflit ont fait plus de 1.030 morts.

A l'exception d'un tir de roquette palestinien sur la ville israélienne d'Ashkelon le matin et une riposte ponctuelle de l'armée sur le secteur d'origine du tir à Gaza, il n'y a pas eu de bombardement depuis 23H00 (20H00 GMT) dimanche.

Cette trêve non déclarée, entamée à quelques heures de la grande fête musulmane de l'Aïd el-Fitr marquant la fin du ramadan, est intervenue après une journée marquée par des annonces et des violations de cessez-le-feu.

Face au lourd tribut payé par les civils palestiniens dans ce conflit qui a dévasté la bande de Gaza, où 1,8 million d'habitants souvent très jeunes s'entassent dans la misère, la communauté internationale a accentué la pression pour que cesse le bain de sang.

Un homme récupère quelques affaires dans les ruines d'un immeuble du quartier de Chajaya, à Gaza, le 27 juillet 2014 (AFP-Marco Longari )

Le président américain Barack Obama est personnellement monté au créneau pour réclamer un arrêt de la guerre déclenchée le 8 juillet par une offensive militaire israélienne destinée à anéantir les capacités militaires du mouvement islamiste Hamas, au pouvoir à Gaza.

Sans ambiguïté, M. Obama a évoqué dans une conversation téléphonique avec le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu "l'impératif stratégique de mettre en place un cessez-le-feu humanitaire immédiat et sans conditions qui mette fin dès à présent aux affrontements et conduise à un arrêt permanent des hostilités".

A New York, les 15 pays membres du Conseil de sécurité de l'ONU, réunis en urgence, ont eux aussi exprimé dans une déclaration unanime leur "fort soutien à un cessez-le-feu humanitaire immédiat et sans conditions, permettant de fournir une aide indispensable et urgente".

Ils ont exhorté Israël et le Hamas à faire "appliquer pleinement" ce cessez-le-feu pendant toute la durée de l'Aïd el-Fitr -- en principe trois jours -- "et au-delà".

- 'Dans cette immense prison' -

Le représentant palestinien à l'ONU Ryad Mansour a regretté que le Conseil n'ait pas adopté une résolution plutôt que cette simple déclaration, et qu'il n'ait pas appelé à la levée du blocus imposé depuis 2006 à Gaza.

Le président américain Barack Obama prononce un discours à Los Angeles, le 24 juillet 2014 (AFP/Archives-Jewel Samad)

"On ne peut pas garder 1,8 million de personnes enfermés dans cette immense prison", a plaidé M. Mansour en accusant le Conseil de sécurité de "traîner les pieds".

En trois semaines, les raids aériens et les tirs d'artillerie israéliens ont fait 1.035 morts et quelque 6.200 blessés dans la bande de Gaza, où les destructions sont considérables et où plus de 170.000 personnes ont dû trouver refuge dans les bâtiments de l'ONU. Les trois-quarts des morts sont des civils, selon l'ONU.

De son côté l'armée israélienne, qui a ajouté le 17 juillet des opérations terrestres à sa campagne aérienne, a perdu 43 soldats, tandis que trois civils ont été tués par des roquettes en Israël.

L'ambassadeur israélien à l'ONU, Ron Prosor, a déploré pour sa part que la déclaration du Conseil "ne mentionne ni le Hamas ni ses roquettes, ni le droit d'Israël de se défendre" et a accusé une nouvelle fois le mouvement islamiste de s'abriter derrière la population de Gaza.

Israël, tout comme les Etats-Unis et l'Union européenne, considère le Hamas comme une "organisation terroriste", et ce dernier ne reconnaît pas l'existence de l'Etat d'Israël et prône la lutte armée contre "l'usurpateur sioniste".

- 'Désarmement de Gaza' -

Ce conflit est le quatrième majeur entre les deux protagonistes depuis le retrait militaire unilatéral israélien de Gaza en 2005, et les deux camps ont toujours négocié par l'intermédiaire de l'Egypte.

Le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon (sur les écrans) prononce un discours sur la situation à Gaza, retransmis depuis Ramallah, devant le Conseil de Sécurité de l'ONU, le 22 juillet 2014 (AFP/Archives-Stan Honda )

Les désaccords restent très profonds sur les termes d'une trêve durable.

Israël, qui a affirmé avoir tué 320 combattants du Hamas depuis le 8 juillet, entend mener à son terme la neutralisation des "tunnels offensifs", des souterrains creusés par le Hamas à Gaza pour lancer des attaques en territoire israélien et dissimuler des armes.

De son côté, le Hamas réclame un retrait israélien de Gaza et une levée du blocus de l'enclave.

Dans son entretien avec M. Netanyahu, Barack Obama a estimé que "toute solution de long terme au conflit israélo-palestinien" passerait par "le désarmement des groupes terroristes et la démilitarisation de Gaza".

Samedi, une trêve humanitaire de 12 heures avait offert un répit aux habitants de Gaza, mais leur calvaire avait recommencé dimanche, tandis que les belligérants soufflaient le chaud et le froid.

Après avoir accepté une prolongation de la trêve, Israël avait repris son offensive pour répliquer aux tirs du Hamas, qui avait finalement annoncé accepter une pause tout en continuant à tirer.

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