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Irak: l'EI revendique la décapitation d'un journaliste américain

Bagdad (AFP) Mercredi 20 Août 2014

Le journaliste américain James Foley (g) le 29 septembre 2011 à Syrte en Libye (AFP/Archives-Aris Messinis)

Les jihadistes ultra-radicaux de l'Etat islamique (EI) ont affirmé avoir décapité un journaliste américain enlevé en Syrie et menacé d'en tuer un autre, dans la riposte la plus directe au soutien aérien des Etats-Unis aux forces armées en Irak.

Ces extrémistes sunnites, qui sèment la terreur en Irak et en Syrie voisine, ont perdu ces derniers jours du terrain dans le nord irakien, notamment le contrôle du barrage de Mossoul, après une contre-offensive des forces armées et des combattants kurdes appuyée par des raids massifs de drones et d'avions de combat américains.

Avant le début, le 8 août, du soutien américain, l'EI s'était emparé depuis le 9 juin de larges pans du territoire au nord, à l'ouest et à l'est de Bagdad, et avait avancé vers la région autonome du Kurdistan, face à une armée irakienne impuissante et des forces kurdes dépassées.

Né sous un autre nom en 2004 en Irak comme la branche irakienne d'Al-Qaïda, cette organisation a ensuite coupé les liens avec Al-Qaïda après son engagement militaire en Syrie en 2013 et s'est taillée une réputation de groupe sanguinaire commettant exécutions, viols et persécutions.

Dans une vidéo diffusée mardi sur internet, elle montre un homme s'exprimant en anglais avec un accent britannique, masqué et habillé de noir qui semble couper la gorge du journaliste James Foley, enlevé en novembre 2012 en Syrie.

Carte de l'Irak avec les derniers combats dans l'ensemble du pays (AFP-K. Tian/G. Handyside)

Elle montre aussi un autre journaliste américain identifié comme Steven Sotloff, qu'elle menace d'exécuter si le président Barack Obama ne met pas fin aux frappes aériennes.

La Maison Blanche a dit vérifier l'authenticité de cette vidéo. "Si elle est authentique, nous sommes horrifiés par le meurtre brutal d'un journaliste américain innocent (...)", a indiqué le Conseil de sécurité nationale.

Sa mère, Diane Foley, dans un message sur Facebook, a dit que son fils avait "donné sa vie en essayant de montrer au monde les souffrances du peuple syrien".

- Message à l'Amérique -

"Nous implorons les ravisseurs d'épargner la vie des autres otages. Comme Jim, ils sont innocents. Ils n'ont aucun pouvoir sur la politique du gouvernement américain en Irak, en Syrie ou ailleurs dans le monde", a ajouté Diane Foley.

Le journaliste indépendant américain James Foley à l'aéroport de Syrte, en Libye, le 29 septembre 2011 (AFP/Archives-Aris Messinis)

James Foley, qui à 40 ans était un reporter expérimenté, avait couvert le conflit en Libye avant de se rendre en Syrie pour couvrir la rébellion contre le régime de Bachar al-Assad pour le site d'informations américain GlobalPost, l'Agence France-Presse et d'autres médias.

"Nous sommes horrifiés par la diffusion de cette vidéo -qui n'a pas été authentifiée- et par la revendication de l'assassinat de James Foley", a déclaré le PDG de l'AFP, Emmanuel Hoog.

Exprimant son "horreur absolue" face à cette brutalité, le chef de la diplomatie britannique Philip Hammond a estimé que cette vidéo "présentait toutes les caractéristiques laissant à penser qu'elle est authentique".

La vidéo, intitulée "Message à l'Amérique", a été tournée dans une zone désertique sans qu'il soit possible de savoir où.

Elle a été diffusée après les déclarations de M. Obama affirmant vouloir "poursuivre une stratégie à long terme" de lutte contre l'EI.

Son homologue français François Hollande a lui aussi annoncé, dans un entretien au Monde, qu'il proposerait une "initiative" en septembre sur la lutte contre l'EI "qui dispose de financements importants et d’armes très sophistiquées".

- Raid aérien contre des jihadistes -

Carte des pays et territoire où le plus grand nombre de journalistes ont été tués en 2014 (AFP-N.Sherman)

Sur le terrain au nord et à l'ouest de Bagdad, les forces irakiennes appuyées par les milices chiites et les tribus sunnites, ainsi que les peshmergas (combattants kurdes) consolidaient leurs positions après avoir repoussé les jihadistes, mais faisaient mercredi du surplace.

Les forces engagées pour reprendre aux jihadistes la ville de Tikrit, l'ancien fief du président renversé et exécuté Saddam Hussein, n'ont pas encore réussi à y entrer.

La reprise du barrage de Mossoul, le plus important d'Irak, a constitué leur principale victoire jusque-là.

Selon des officiers kurdes, un raid aérien américain a visé mercredi une réunion de jihadistes dans une école près du secteur du barrage.

L'offensive jihadiste a jeté sur les routes des centaines de milliers de personnes dont des membres des minorités chrétienne et kurdophone des Yazidis dans le nord.

L'exode de ces minorités dont un grand nombre ont trouvé refuge dans les montagnes du nord, au Kurdistan ou même dans des camps à la frontière syrienne, a provoqué une crise humanitaire majeure.

Mercredi, le Haut-Commissariat de l'ONU pour les réfugiés lance l'une de ses "plus importantes opérations de soutien pour aider près d'un demi-million de déplacés", par voies aérienne, terrestre et maritime.

L'EI, qui a annoncé fin juin la création d'un califat islamique dans les régions qu'il contrôle à cheval en Irak et en Syrie, est formé d'insurgés sunnites qui avaient au départ combattu les forces américaines et irakiennes en Irak, mais est ensuite parvenu à recruter des milliers de combattants arabes et étrangers.

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