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Israël tue trois chefs militaires et porte un coup sévère au Hamas

Rafah (Territoires palestiniens) (AFP) Jeudi 21 Août 2014

Des Palestiniens, qui escortent les corps de deux enfants tués dans un raid aérien israélien à Gaza, crient des slogans, le 21 août 2014 (AFP-Roberto Schmidt)

Israël a infligé un coup sévère au mouvement islamiste palestinien Hamas jeudi dans la bande de Gaza en tuant trois commandants de sa branche armée après avoir tenté d'éliminer son chef.

Au 45e jour du conflit, au total une trentaine de Palestiniens, dont plusieurs enfants, ont été tués par les frappes israéliennes dans l'enclave palestinienne où les hostilités ont repris mardi après un cessez-le-feu de neuf jours, selon les secours locaux.

Raëd al-Atar et Mohammed Abou Chamala "étaient sur notre liste des cinq terroristes du Hamas les plus recherchés à Gaza", a indiqué à l'AFP un porte-parole du Shin Beth, le renseignement intérieur israélien.

Les deux chefs des Brigades Ezzedine al-Qassam, ainsi que Mohammed Barhoum, également présenté comme un dirigeant du bras armé du Hamas, ont été tués à Rafah par un raid de l'aviation en coordination avec le renseignement israélien.

Le raid a fait au moins quatre autres morts à Rafah, la ville du sud du territoire à la frontière égyptienne et l'un des secteurs les plus dévastés par la guerre, ont indiqué les secours.

Il n'a laissé de l'immeuble dans ou près duquel se trouvaient les victimes qu'un cratère et un tas de ruines. A en croire des témoins, les Israéliens ont décoché pas moins de neuf missiles.

Mohammed Abou Chamala, commandant pour le sud de la bande de Gaza, et Raëd al-Atar étaient traqués pour leur implication notamment dans l'enlèvement du soldat Gilad Shalit en 2006 -libéré en 2011- et la mort de trois soldats à Rafah le 1er août.

- 'Israël devra pays le prix' -

Raëd al-Atar était considéré comme le principal ingénieur du système sophistiqué de souterrains d'attaques du Hamas, dont la destruction est l'un des principaux objectifs de l'offensive israélienne déclenchée le 8 juillet.

Des milliers de partisans du Hamas en colère ont accompagné les trois hommes au cimetière.

Des secouristes palestiniens creusent dans les gravats d'un immeuble détruit par des bombardements israéliens à Rafah dans le sud de la bande de Gaza, le 21 août 2014 (AFP-Said Khatib)

"L'assassinat des dirigeants des Brigades Ezzedine al-Qassam est un crime qui ne brisera pas notre détermination, ni n'affaiblira notre résistance, mais dont Israël devra payer le prix", a prévenu un porte-parole du Hamas, Sami Abou Zouhri.

Leur liquidation a suivi une autre opération ciblée qui a visé mardi soir le chef des Brigades al-Qassam, Mohammed Deif. Sa femme et leur garçon de sept mois ont été enterrés mercredi. Un autre enfant de l'insaisissable Deif, Sara, 3 ans, a été retirée morte des décombres jeudi, selon les secours.

Le sort du chef militaire reste incertain. Son groupe a assuré qu'il était encore vivant.

Raids aériens sur Gaza (AFP-JM Cornu/V.Lefai)

Le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, s'est gardé mercredi de confirmer ou d'infirmer que Mohammed Deif avait été visé et a fortiori qu'il avait échappé pour la sixième fois à une tentative d'élimination, mais il a jugé que "les dirigeants des organisations terroristes sont des cibles légitimes".

Il a aussi martelé qu'Israël poursuivrait ses opérations aussi longtemps que nécessaire. Dix mille réservistes ont été rappelés jeudi, ont rapporté les médias sans que l'on sache s'il s'agit d'un renforcement ou d'une rotation des effectifs.

Selon un sondage rendu public par la deuxième chaîne de télévision privée israélienne, la confiance des Israéliens envers leur Premier ministre a fortement baissé.

- Abbas rencontre Mechaal -

Au moins 2.083 Palestiniens ont été tuées à Gaza depuis le lancement par Israël de son opération visant aussi à faire cesser les tirs de roquettes, selon les secours.

L'armée a décompté près de 300 tirs de roquettes sur Israël depuis mardi, sans faire état de victimes. En revanche, douze obus ont touché un secteur très proche de Gaza et fait un blessé grave. Au total, 64 soldats et trois civils ont péri côté israélien depuis le début du conflit.

Alors que les tirs de roquettes se poursuivaient en soirée, la Fédération israélienne de football a annoncé le report de la première journée du championnat national de football prévue samedi par crainte des tirs palestiniens.

Ces tirs de roquettes ont épargné l'aéroport international de Tel-Aviv, malgré la mise en garde mercredi des Brigades Al-Qassam qui avaient laissé entendre qu'il serait à nouveau pris pour cible.

Des responsables de l'ONU ont appelé pour leur part à cesser le feu en soulignant que la poursuite des violences mettait en danger leur capacité à faire face aux besoins pressants des quelque 1,8 million d'habitants de l'enclave palestinienne. Environ 435.000 Palestiniens ont été déplacés depuis la reprise des hostilités mardi.

Entre la soif probable de vengeance du Hamas et le refus israélien de négocier "sous les bombes", les pourparlers rompus mardi au Caire ne donnent aucun signe de devoir reprendre.

L'émir du Qatar, cheikh Tamim Ben Hamad Al-Thani, dont le pays soutient le Hamas, a réuni à Doha Khaled Mechaal, chef en exil du Hamas, et le président palestinien Mahmoud Abbas pour des concertations.

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