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L'armée irakienne cherche à isoler l'EI avant de donner l'assaut à Ramadi

Bagdad (AFP) Mardi 26 Mai 2015

Un membre des forces gouvernemantales irakiennes dans la région de Jurf al-Sakher, à 50 kilomètres au sud de Bagdad, le 24 mai 2015 (AFP-HAIDAR HAMDANI)

Les forces irakiennes aidées des milices chiites ont lancé mardi une opération destinée à isoler les jihadistes du groupe Etat islamique (EI) dans la province stratégique d'Al-Anbar avant de tenter de reprendre sa capitale Ramadi.

L'annonce de l'opération a été faite au lendemain de déclarations de la Maison Blanche qui a tenté d'apaiser les tensions avec Bagdad dont l'armée a été accusée d'un "manque de volonté" face à l'EI par le secrétaire à la Défense Ashton Carter.

Les jihadistes ont conquis Ramadi le 17 mai après une vaste offensive et une retraite chaotique des forces irakiennes.

Le Premier ministre irakien Haider Al-Abadi a promis de reprendre cette région à l'EI, qui contrôle la majorité de la province d'Al-Anbar (ouest) s'étendant des limites de la région de Bagdad aux frontières syrienne, saoudienne et jordanienne.

Pour ce faire, il a fait appel aux Unités de mobilisation populaires (Hachd al-Chaabi en arabe), force paramilitaire à majorité chiite qui a déjà aidé l'armée.

Dans le cadre de l'opération lancée mardi, les forces irakiennes et paramilitaires se dirigeront du sud de la province de Salaheddine, frontalière d'Al-Anbar, vers les régions désertiques au nord-est de Ramadi en vue d'isoler les jihadistes et de préparer l'offensive pour reprendre la capitale provinciale.

La force paramilitaire a indiqué qu'environ 4.000 hommes avançaient vers les limites nord de Ramadi.

- 'A tes ordres Hussein' -

L'objectif de l'opération "A tes ordres Hussein" est "de libérer les régions entre les provinces de Salaheddine et d'Al-Anbar et d'essayer d'isoler celle-ci", a déclaré à l'AFP Ahmed Al-Assadi, un porte-parole des Unités de mobilisation populaires.

Hussein est l'un des imams les plus vénérés par la communauté musulmane chiite, majoritaire en Irak.

Ces derniers jours, les forces armées, les miliciens chiites et les tribus sunnites, étaient parvenues à reprendre une partie du territoire à l'est de Ramadi. Elles ont en outre avancé au sud et à l'ouest de la ville, reprenant la zone d'Al-Taech.

Elles contrôlent aussi la ville de Haditha, des secteurs de celle d'Al-Baghdadi et la base Al-Assad où sont stationnés des centaines de conseillers militaires américains.

Les forces pro-gouvernementales "ont désormais coupé toutes les routes d'approvisionnement de l'EI pour Ramadi", selon un membre du conseil provincial, Arkan Khalaf al-Tarmuz.

Mais l'EI s'est probablement préparé à une attaque en disposant des explosifs un peu partout à Ramadi, comme il le fait dans chaque ville conquise.

La perte de cette capitale provinciale a constitué un revers pour Bagdad et son allié américain engagé depuis plus de neuf mois avec d'autres pays arabes et occidentaux dans une campagne aérienne contre l'EI en Irak et en Syrie voisine, où les jihadistes occupent la moitié du territoire.

Après les critiques du secrétaire à la Défense, le vice-président américain Joe Biden s'est empressé lundi de téléphoner à M. Abadi pour saluer "le courage" de l'armée irakienne et réaffirmer le soutien de son pays au gouvernement irakien.

- Réfugiés bloqués -

La chute de Ramadi a soulevé des questions sur la stratégie non seulement du gouvernement Abadi mais aussi des Etats-Unis.

Plus de 3.000 raids n'ont pas empêché l'EI d'étendre son "califat" proclamé en juin 2014 sur les régions conquises à cheval entre l’Irak et la Syrie.

Quelque 55.000 habitants ont fui Ramadi selon l'ONU. Mais un grand nombre d'entre eux ont été empêchés de passer dans d'autres provinces de crainte qu'ils ne soient infiltrés par des jihadistes.

"Des milliers de personnes fuyant Ramadi sont bloqués à des check-points ou sont empêchés d'entrer dans des zones sûres", a indiqué le Comité international de secours, une ONG qui aide les réfugiés. Pour certains, "la situation est devenue tellement sans espoir" qu'ils reviennent dans les zones en conflit.

Fort de dizaines de milliers d'hommes et responsable d'atrocités, l'EI a réussi en janvier 2014 à prendre des secteurs d'Al-Anbar, avant de lancer le 9 juin son offensive fulgurante en Irak qui lui a permis de s'emparer de régions au nord et à l'est de Bagdad.

Il a profité de la guerre civile en Syrie pour prendre le contrôle en 2013 de vastes régions et s'est encore emparé le 21 mai de la cité antique Palmyre dans le désert syrien frontalier de l'Irak, d'où il pourrait menacer Homs et Damas, des bastions du régime.

Une vidéo diffusée mardi par une chaîne travaillant uniquement dans les zones contrôlées par l'EI, et dont la date de tournage n'a pu être déterminée, montre des plans de la cité antique de Palmyre, dont la citadelle, les colonnes torsadées romaines ou un amphithéâtre.

Aucune voix off ne commente les images, sur lesquelles n'apparaît pas de drapeau de l'EI, et aucun bruit de combats n'est entendu. Sur un plan, on peut apercevoir une fumée noire derrière des ruines.

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