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L'Ecosse décide du "Yes or no" à l'indépendance

Édimbourg (AFP) Jeudi 18 Septembre 2014

Des partisans du "oui" au référendum sur l'indépendance de l'Ecosse rassemblés devant le Parlement écossais à Edimbourg, le 17 septembre 2014 (AFP-Lesley Martin)

L'Ecosse décide jeudi si elle veut devenir indépendante ou rester dans le giron du Royaume-Uni, lors d'un référendum dont l'enjeu a suscité un débat politique parmi les plus passionnés de son histoire.

Les 2.600 bureaux de vote écossais ouvrent leurs portes à 07H00 locales (06H00 GMT) et ferment à 22H00 (21H00 GMT). Les premiers résultats sont attendus vendredi au petit matin.

4,29 millions d'électeurs - dont 600.000 ont déjà voté par correspondance - sont appelés aux urnes et une participation massive est attendue, de l'ordre de 80%.

Personne ne veut en effet rester silencieux quand l'avenir de l'Ecosse est en jeu et que le scrutin s'annonce serré.

Le Premier ministre écossais Alex Salmond, le 17 septembre 2014 à Perth, au nord d'Edimbourg (AFP-Ben Stansall)

Après avoir largement mené dans les intentions de vote, le non à l'indépendance a marqué le pas ces dernières semaines, rattrapé par le oui qui a mené une campagne plus agressive et visible.

Les derniers sondages donnaient cependant un léger avantage aux tenants du maintien de l'union, mais avec un nombre d'indécis suffisamment important pour faire pencher la balance.

Cette indépendance "faisons-la!", a appelé le leader des indépendantistes et Premier ministre écossais, Alex Salmond, dans une lettre solennelle publiée par la presse mercredi.

"C'est l'occasion d'une vie, saisissons-la des deux mains", a-t-il insisté sous les cris "Yes we can" d'une foule survoltée lors d'un meeting à Perth dans la soirée.

"Si vous avez le moindre doute, ne le transformez pas en vote pour le oui", a répliqué le leader de la campagne pour le non, l'ancien ministre britannique des Finances Alistair Darling, à Glasgow.

- 'Révolution démocratique' -

Des partisans du "non" au référendum sur l'indépendance de l'Ecosse, le 17 septembre 2014 à Glasgow (AFP-Andy Buchanan)

Les quotidiens britanniques arboraient jeudi des Unes pleines de symboles, aux couleurs bleue, blanche et rouge. Le Guardian présente ainsi une vue aérienne de l'Ecosse entourée d'une mer ayant submergé les autres parties du Royaume-Uni.

"Le jour de vérité. Les 4.285.323 électeurs écossais ont 15 heures pour décider du destin de leur pays", peut-on lire dans l'éditorial, qui veut convaincre les Ecossais de rejeter l'indépendance et d'aider à "reforger notre union" ensemble.

Seul le Glascow's Sunday Herald se prononce pour l'indépendance: dans sa dernière édition avant le vote, le journal écossais affiche en Une une mosaïque composée de centaines de selfies de partisans du oui formant le drapeau écossais.

Le président des Etats-Unis Barack Obama a fait part mercredi sur Twitter de son espoir que le Royaume-Uni reste "fort et uni": "le Royaume-Uni est un partenaire extraordinaire pour l'Amérique et une force pour le bien dans un monde instable. J'espère qu'il restera fort, robuste, et uni".

Le camp du oui a mis en garde: une Ecosse indépendante ne pourra plus utiliser la livre sterling, verra son système de retraite mis à mal, et son appartenance à l'Union européenne remise en cause.

Comparatifs économiques entre l'Ecosse et le Royaume-Uni, sondages, production pétrolière et repères historiques (AFP-L. Saubadu / J. Storey)

En face, on a fait valoir qu'une Ecosse indépendante pourra fixer ses impôts, mener la politique sociale-démocrate espérée par les Ecossais, dont le coeur penche traditionnellement à gauche, et gérer comme elle l'entend la manne pétrolière de la mer du Nord.

"Je suis toujours indécis. Je vais me pencher sur la question" jusqu'au dernier moment. "Voir quel camp présente les meilleurs arguments", a dit Steven Andrew, à Edimbourg.

- Plus la même Ecosse -

A Glasgow, près de 2.000 partisans du oui ont tenu une ultime réunion publique, à deux pas de la place Mandela.

"Mes frères, mes soeurs, soyons clairs. Nous sommes à l'aube d'une révolution démocratique et pacifique", s'est enflammé Tommy Sheridan, une figure du socialisme écossais.

La foule lui a répondu en choeur "l'espoir, pas la peur".

De l'autre côté de la chaussée, des partisans du non défilaient en brandissant l'Union Jack, étendard des unionistes, avec en fond sonore les klaxons des voitures.

Evolution du drapeau britannique, l'Union Jack (AFP-J. Gebauer)

"Menacer les Ecossais de la fin du monde ne sert à rien", estime Ali Durrani, étudiant en droit pakistanais à Edimbourg, qui pourra participer au vote comme tous les résidents étrangers d'Ecosse. Et de rappeler: "Le Pakistan, quand il a obtenu son indépendance en 1947, n'avait rien: ni service public, ni armée. Laissons une chance à l'indépendance".

Londres a promis de lancer le processus pour déléguer davantage de pouvoirs en matière budgétaire et sociale à Edimbourg, qui dispose de son propre Parlement et d'un gouvernement régional depuis 1999, dès le lendemain du vote en cas de non. Cela permettra un "changement plus rapide et plus sûr que les années d'errance qui suivraient automatiquement" celle du oui, a affirmé M. Darling.

Si l'Ecosse choisit l'indépendance, ce sera la fin d'une alliance qui remonte à 1707. Cela pourrait aussi sceller le sort du Premier ministre britannique David Cameron, qui a qualifié mercredi de "tragédie" le scénario d'une scission.

En revanche, Alex Salmond devrait sortir vainqueur du scrutin quel que soit son issue. Si le oui l'emporte, il pourra en effet s'ériger en père de l'indépendance. Si c'est le non, il aura obtenu une autonomie accrue.

Quant à l'Ecosse, "que ce soit oui ou non, (elle) ne sera plus jamais la même", pronostique le quotidien écossais The Herald.

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