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Les forces irakiennes regagnent du terrain, mouvement de colère à Bagdad

Amerli (Irak) (AFP) Mardi 02 Septembre 2014

Des combattants irakiens brandissent leurs armes près de la ville de Udame après que l'armée irakienne a brisé le siège imposé par les jihadistes à Amerli (AFP-Ahmad al-Rubaye)

Les forces irakiennes ont remporté mardi une nouvelle victoire face aux jihadistes de l'Etat islamique en s'emparant de secteurs d'une autoroute stratégique, mais à Bagdad des proches de soldats disparus ont exprimé leur colère en envahissant le Parlement.

Après avoir déjà reconquis mi-août le barrage de Mossoul (nord), l'armée, les combattants kurdes et les miliciens chiites ont remporté ces derniers jours de nouveaux succès, d'ampleur cependant limitée, face aux extrémistes sunnites de l'EI.

Ils ont brisé dimanche le siège imposé par les jihadistes à la ville turcomane chiite d'Amerli, puis repris lundi la petite cité de Souleimane Bek, à 175 km au nord de Bagdad, et le village proche de Yankaja.

Mardi, ils ont poursuivi leur contre-offensive, reprenant le contrôle de certains secteurs d'une autoroute stratégique qui relie le nord du pays à Bagdad et qui était fermée depuis trois mois, selon le général Abdelamir al-Zaidi.

"La route entre Bagdad et Kirkouk a été sécurisée", a précisé le ministre des Transports et commandant de la milice chiite Badr, Hadi al-Ameri.

A Amerli, où les habitants ont résisté pendant onze semaines au siège de l'EI, souffrant de la faim et de la soif, et craignant d'être massacrés, l'aide a commencé à arriver, amenée à la fois par des combattants et l'ONU.

Les Nations unies ont indiqué avoir déjà livré "45 tonnes de produits de première nécessité".

Le siège a fait de nombreuses victimes. Oum Ahmed a expliqué avoir perdu son mari et son fils de 10 ans, tué par un tir de mortier. "Il n'y avait pas d'eau, et les enfants et les personnes âgées mouraient", a expliqué cette femme qui doit désormais élever seule ses trois filles.

- 'Tueries de masse' -

Le début de l'offensive des jihadistes, le 9 juin, avait été marqué par la déroute des forces de sécurité, de nombreux soldats et policiers abandonnant leurs positions.

Des soldats irakiens font le signe de la victoire, le 1er septembre 2014, au lendemain de la reprise de la ville d'Amerli aux jihadistes de l'Etat islamique (AFP-J.M Lopez)

Quelque 1.700 soldats s'étaient alors rendus aux insurgés, qui s'étaient emparés en quelques jours de vastes pans de territoires dans le nord du pays.

L'EI avait par la suite publié des photos semblant montrer l'exécution de dizaines d'hommes en civil dans une zone désertique, affirmant en avoir tué des centaines au total.

Exprimant leur colère, des proches de membres des forces de sécurité disparus ont pris d'assaut mardi le Parlement à Bagdad, où ils ont entamé un sit-in dans l'hémicycle, selon un responsable.

Des policiers anti-émeute sont intervenus pour tenter d'évacuer ces manifestants qui exigent de savoir ce qu'il est advenu de leurs proches, a déclaré cette source.

Le Parlement devait aborder mardi la question de ces soldats disparus, mais les manifestants ont fait irruption avant l'ouverture de la session, qui a été repoussée à mercredi.

Dans un rapport publié mardi, Amnesty International a dénoncé la "campagne systématique de nettoyage ethnique" lancée par l'EI pour "effacer toute trace des non-Arabes et des musulmans non sunnites" dans le nord de l'Irak.

Amnesty assure avoir des "preuves" que plusieurs "tueries de masse" ont eu lieu en août dans la région de Sinjar où vivaient de nombreux Yazidis, une minorité kurdophone non musulmane.

A Genève, le Conseil des droits de l'Homme de l'ONU a décidé lundi soir d'envoyer une mission pour enquêter sur ces atrocités, des "actes à une échelle d'inhumanité qui est inimaginable" selon la Haut-Commissaire adjointe de l'ONU aux droits de l'Homme.

- Négociateurs de l'ONU au Golan -

Cette crise a poussé les États-Unis à intervenir avec des frappes aériennes depuis le 8 août, premier engagement militaire de Washington en Irak depuis le retrait de leurs troupes fin 2011.

Un véhicule blindé brûlé le long de la route près de Udame, après que les forces irakiennes ont brisé le siège imposé par les jihadistes à Amerli, le 1er septembre 2014 (AFP-Ahmad al-Rubaye)

Selon l'élu américain Dutch Ruppersberger, les Etats-Unis pourraient préciser leur stratégie pour lutter contre l'EI cette semaine.

Face à la menace représenté par ce groupe, le Premier ministre australien Tony Abbott a estimé mardi que l'usage de la "force extrême" était justifié.

L'EI, qui a proclamé fin juin un califat à cheval sur l'Irak et la Syrie, est également impliqué dans le très complexe conflit syrien, où il affronte à la fois les rebelles et les forces de Bachar al-Assad.

Le Front Al-Nosra, branche syrienne d'Al-Qaïda, a demandé à sortir de la liste noire des organisations terroristes établie par l'ONU en échange de la libération de plus de 40 Casques bleus fidjiens qu'il a enlevés jeudi sur le plateau du Golan, a révélé mardi l'armée fidjienne.

Une équipe de négociateurs de l'ONU est arrivée au Golan en provenance de New York, selon la même source.

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