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Mobilisation diplomatique internationale autour de l'Ukraine

Genève (AFP) Lundi 02 Mars 2015

Une installation de stockage de gaz à Opari, au sud-ouest de Lviv, en Ukraine, le 30 septembre 2014 (AFP/Archives-Yuriy Dyachyshyn)

Le règlement de la crise en Ukraine, déchirée depuis près d'un an par une guerre civile qui a fait plus de 6.000 morts, a suscité lundi une intense mobilisation diplomatique internationale, notamment à Genève, à Bruxelles et dans les pays ayant parrainé les accords de paix de février.

Le secrétaire d'Etat américain John Kerry s'est déclaré "plein d'espoir" quant à une désescalade en Ukraine, après 80 minutes d'entretiens avec le chef de la diplomatie russe Sergueï Lavrov.

Le chef de la diplomatie américaine a affirmé que le cessez-le-feu accepté dans les accords de Minsk n'était "pas encore un cessez-le-feu complet", tout en ajoutant : "notre espoir est que dans les prochaines heures, et certainement dans les prochains jours, il soit complètement respecté".

"J'espère que cela sera la voie pour plus de désescalade et non pour plus de déceptions et de violences", a affirmé le secrétaire d'Etat.

M. Lavrov a également reconnu que le cessez-le-feu était globalement respecté, et que les armes lourdes étaient retirées. Il a aussi exhorté les autorités de Kiev à lever le "blocus de facto" de la région du Donbass (est) et à y rétablir les services essentiels.

MM. Kerry et Lavrov étaient à Genève pour participer à la séance d'ouverture du Conseil des Droits de l'homme, le grand rendez-vous annuel de la défense des droits de l'homme dans le monde.

Dans leurs discours devant l'ONU, ils ont chacun défendu le point de vue de leur pays. Pour John Kerry, le Conseil des Droits de l'homme doit "examiner les faits (en Ukraine) et ne pas se laisser induire en erreur". Il a également souhaité que l'ONU "demande des comptes" à ceux qui violent les droits de l'homme en Ukraine.

Le ministre russe a dénoncé pour sa part ceux qui veulent selon lui saboter un règlement pacifique en Ukraine.

A Moscou, le Kremlin a aussi répété que le président Vladimir Poutine ne modifierait pas sa position sous la pression des sanctions occidentales.

"Les tentatives de faire pression sur Poutine ou de le faire changer d'avis sous pression sont tout à fait vaines", a déclaré son porte-parole Dmitri Peskov.

- 'Des progrès' sur le terrain -

Le secrétaire d'Etat américain John Kerry (d) et son homologue russe Sergueï Lavrov, le 2 mars 2015 à Genève (Pool/AFP-Evan Vucci)

La situation en Ukraine connaît "des progrès", mais doit être encore "améliorée", ont quant à eux constaté lundi soir dans un entretien téléphonique le président français François Hollande, la chancelière allemande Angela Merkel, Vladimir Poutine et le chef de l'Etat ukrainien Petro Porochenko, a annoncé l'Elysée.

"L’état de la mise en œuvre du paquet de mesures adopté à Minsk (avec la participation de ces quatre dirigeants aux négociations) le 12 février a été examiné. Des progrès sont constatés, mais la situation doit être améliorée", selon la présidence française.

"Les quatre dirigeants sont convenus de demander à l’OSCE (Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe) de jouer un rôle plus direct afin d’améliorer l’application du cessez-le-feu et du retrait des armes lourdes et de faire un rapport quotidien sur leur mise en œuvre", a-t-elle précisé.

De fait, une relative accalmie est observée ces derniers jours en Ukraine, où le cessez-le-feu décidé le 12 février à Minsk est officiellement entré en vigueur dans l'est le 15 février, même si les parties du conflit se sont accusées de l'avoir violé à plusieurs reprises.

Intervenant devant le Conseil des droits de l'homme, le Haut-commissaire pour les droits de l'homme, M. Zeid Raad al Hussein, a dénoncé pour sa part les "destructions impitoyables concernant les civils et les infrastructures" dans ce pays.

Kiev et les Occidentaux affirment que Moscou arme la rébellion séparatiste et a déployé des troupes régulières dans l'est de l'Ukraine, tandis que la Russie dément toute implication dans ce conflit.

- Accord sur le gaz -

Sur le plan énergétique, l'Union européenne a arraché lundi un accord entre Kiev et Moscou pour assurer la poursuite des livraisons de gaz à l'Ukraine jusqu'à la fin du mois de mars et sécuriser ainsi le transit par ce pays du gaz qu'achètent les Européens, a annoncé la Commission européenne.

Le ministre ukrainien des Affaires étrangères Sergiy Kyslytsya le 2 mars 2015 à Genève (AFP-Fabrice Coffrini)

La compagnie ukrainienne Naftogaz s'engage à prépayer au groupe russe Gazprom en mars des achats assurant la couverture de la consommation de l'Ukraine.

Gazprom garantit le transit des achats de gaz de l'UE et livrera à des points agréés par les deux parties jusqu'à 114 millions de m3 de gaz par jour à l'Ukraine sur la base des prépaiements reçus", précise l'accord publié au terme de plusieurs heures de négociations à Bruxelles sous l'égide du vice-président de la Commission européenne chargé de l'Energie, Maros Sefcovic.

L'UE achète chaque année près de 130 milliards de m3 de gaz à la Russie et la moitié, soit 15% de sa consommation, transite par l'Ukraine à destination de la Pologne, de la Slovaquie, de la Hongrie, de la Roumanie, les quatre pays d'arrivée des gazoducs ukrainiens dans l'Union européenne.

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