Vous êtes ici : Accueil / Info en Continu / Monde / Moscou fait entrer en Ukraine son convoi humanitaire

Diminuer le texte Taille par défaut Augmenter le texte
Imprimer Ajouter aux favoris Parler de cet article à un ami
Partager sur Facebook

Moscou fait entrer en Ukraine son convoi humanitaire

Izvaryne (Ukraine) (AFP) Vendredi 22 Août 2014

Un camion du convoi humanitaire russe passe la frontière ukrainienne à la douane d'Izvarino le 22 aout 2014 (AFP-Sergey Venyavsky)

Moscou a fait entrer en Ukraine son convoi humanitaire bloqué du côté russe de la frontière depuis plus d'une semaine, mettant Kiev en garde contre toute "provocation" alors que l'armée poursuit son offensive dans la région.

Peu avant que les premiers camions ne s'ébranlent et ne franchissent la frontière, le ministère russe des Affaires étrangères a estimé que "tous les prétextes" avancés par Kiev pour "retarder la livraison" de son aide humanitaire aux populations de l'est de l'Ukraine avaient été épuisés.

Près de 100 camions avaient franchi vers 09H30 GMT la frontière, selon un observateur de l'OSCE sur place, Paul Picard. Sur ce nombre, 34 avaient été inspectés jeudi et pendant la nuit de jeudi à vendredi, les autres passant sans aucun contrôle de leur cargaison, selon la même source.

Les autorités ukrainiennes avaient auparavant prévenu qu'elles ne laisseraient pas le convoi entrer sur leur territoire sans "garanties" pour sa sécurité. Elles craignent qu'il ne fasse l'objet d'une "provocation" de la part des insurgés et ne serve de prétexte à une intervention russe.

L'inspection des camions russes chargés selon Moscou de 1.800 tonnes d'aide humanitaire avait pourtant commencé jeudi par les gardes-frontières et les douaniers ukrainiens, une procédure indispensable pour que le Comité international de la Croix Rouge (CICR) puisse ensuite distribuer l'aide.

Le CICR a indiqué qu'il n'escortait pas le convoi parti en territoire ukrainien, faute de garantie de sécurité suffisante.

Moscou a pourtant estimé que "toutes les garanties indispensables ont été données" et que "l'itinéraire" prévu pour le convoi avait été "vérifié" par le CICR. "La responsabilité de possibles conséquences de provocations dirigées contre le convoi" revient "totalement" à Kiev, a ajouté la diplomatie russe.

Le convoi se dirige selon Moscou vers Lougansk, l'un des bastions des insurgés prorusses encerclé et assiégé par l'armée ukrainienne. Les autorités locales de la ville ont à plusieurs reprises dénoncé une situation humanitaire "critique" alors que les habitants vivent sans eau courante, sans électricité et sans réseau téléphonique depuis bientôt trois semaines.

- Intenses bombardements à Donetsk -

Pour parcourir les 63 kilomètres qui séparent la frontière de Lougansk, où une "grande bataille" est en cours selon Kiev entre insurgés prorusses et forces régulières -- et où une petite équipe du CIRCR a également rapporté d'intenses bombardements dans la nuit --, le convoi russe doit passer par des zones contrôlées par les rebelles où les affrontements sont nombreux.

Sur le terrain, l'offensive des forces ukrainiennes se poursuivait vendredi dans plusieurs localités autour des fiefs insurgés de Donetsk et Lougansk. L'état-major de l'opération militaire menée par Kiev dans l'Est a affirmé avoir causé des "pertes considérables" aux rebelles dans la nuit, détruisant également plusieurs chars et blindés.

A Donetsk même, d'intenses bombardements ont de nouveau touché les faubourgs de la ville dans la nuit, endommageant plusieurs maisons et le réseau électrique, selon la mairie.

L'eau courante, dont l'approvisionnement a été compromis par de précédents pilonnages, a été rétablie dans de larges secteurs de la ville et un camion de la municipalité a même été vu arrosant les espaces verts du centre-ville, ont constaté des journalistes de l'AFP.

Dans le quartier d'Abakoumova, dans le sud-ouest de Donetsk, un barrage des rebelles a été bombardé au petit matin par l'armée ukrainienne, positionnée à quelques centaines de mètres de là.

"Nous nous sommes cachés dans la cave, c'était vraiment effrayant. Ceux qui font ça seront jugés par Dieu", raconte Valentina en montrant les traces de shrapnel et les vitres brisées de sa petite maison.

"Où puis-je aller ? Si seulement je savais où mettre mes enfants et mes petits-enfants à l'abri...", regrette-t-elle.

A proximité, sa voisine ramasse les bris de verre dans un seau, dans les ruines encore fumantes de son garage entièrement détruit. Non loin, des habitants de ce quartier excentré font la queue devant un point de distribution d'eau, des bidons vides à la main.

- 'Parler de paix' -

Sur le front diplomatique, le président ukrainien Petro Porochenko a promis jeudi de "parler de paix" avec son homologue russe Vladimir Poutine lors d'un sommet régional mardi à Minsk au Bélarus en présence des dirigeants de l'Union européenne.

M. Porochenko veut notamment convaincre M. Poutine de "retirer les combattants" rebelles de l'est du pays, alors que les forces ukrainiennes ne parviennent pas à sceller hermétiquement la frontière russe, par où transite, selon Kiev et certains pays occidentaux, armes et mercenaires qui viennent renforcer les rangs des insurgés.

"Tout le monde est fatigué de la guerre", a indiqué le président ukrainien dans son communiqué.

Tous droits de reproduction et de représentation réservés. © 2014 AFP Agence France-Presse.
Toutes les informations reproduites dans cette rubrique sont protégées par des droits de propriété intellectuelle détenus par l'AFP. Par conséquent, aucune de ces informations ne peut être reproduite, modifiée, rediffusée, traduite, exploitée commercialement ou réutilisée de quelque manière que ce soit sans l'accord préalable écrit de l'AFP. L'AFP ne pourra être tenue pour responsable des délais, erreurs, omissions qui ne peuvent être exclus, ni des conséquences des actions ou transactions effectuées sur la base de ces informations.