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Nucléaire iranien: cacophonie à Lausanne

Lausanne (AFP) Mercredi 01 Avril 2015

Le secrétaire d'Etat américain John Kerry (g) et le ministre iranien des Affaires étrangères, Mohammad Javad Zarif (d)le 28 mars 2015, à Lausanne (POOL/AFP-Brendan Smialowski)

Après une semaine de discussions marathon à Lausanne, les grandes puissances et l'Iran n'avaient toujours pas réglé mercredi les points clés permettant de parvenir à un premier accord sur le nucléaire, et les messages contradictoires des protagonistes ont accentué une impression de cacophonie.

Cette incertitude sur l'issue des pourparlers a poussé le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, virulent opposant à tout compromis avec l'Iran, à donner de la voix pour la 4e journée de suite.

"C'est maintenant que la communauté internationale doit insister pour obtenir un meilleur accord", a déclaré M. Netanyahu à Jérusalem, en avertissant que "les concessions" faites à Lausanne risquaient de déboucher sur "un mauvais accord qui mettrait en danger Israël, le Moyen-Orient et la paix dans le monde".

En Suisse, les représentants du P5+1 (Etats-Unis, Grande-Bretagne, France, Russie, Chine et Allemagne) et de l'Iran ont repris leurs discussions mercredi matin, après une nuit chaotique au cours de laquelle les négociateurs ont échoué à parvenir à un compromis avant la date butoir qui avait été fixée au 31 mars.

La chef de la diplomatie européenne Federica Mogherini discute avec son homologue allemand Frank-Walter Steinmeier pendant une pause des pourparlers sur le nucléaire iranien le 1er avril 2015 dans un balcon de l'Hôtel Beau Rivage de Lausanne, Suisse (AFP-FABRICE COFFRINI)

Le secrétaire d'Etat américain John Kerry a entamé peu avant 13H00 (11H00 GMT) une rencontre avec son homologue iranien Mohammad Javad Zarif. Les deux hommes, qui négocient avec acharnement depuis un an et demi, sont les deux poids lourds du dossier.

Les chefs de la diplomatie chinoise, française et russe ont eux quitté Lausanne les uns après les autres entre mardi soir et mercredi matin, laissant leurs négociateurs sur place.

- Toujours les mêmes problèmes -

Des "problèmes" persistent dans la négociation, a déclaré en fin de matinée le chef des négociateurs iraniens Abbas Araghchi, citant les points d'achoppement qui grippent la machine depuis des semaines: les sanctions et la recherche et le développement, permettant à l'Iran de développer des centrifugeuses plus performantes.

Les centrifugeuses permettent d'enrichir l'uranium et cette question est au coeur du problème. Enrichi à 90%, l'uranium est destiné à la fabrication d'une bombe atomique, et la communauté internationale soupçonne Téhéran de vouloir acquérir cette arme, ce que l'Iran a toujours démenti.

Les grandes puissances veulent donc brider le programme nucléaire iranien et le contrôler étroitement pour s'assurer que Téhéran ne se dotera jamais de la bombe, en échange d'une levée des sanctions internationales qui étranglent son économie.

Ce dernier point pose aussi problème, les Iraniens réclamant en cas d'accord la levée immédiate des sanctions économiques et diplomatiques imposées par l'ONU, jugées humiliantes. Or les grandes puissances veulent une levée graduelle de ces mesures liées à la prolifération nucléaire, prises depuis 2006 par le Conseil de sécurité.

Il était difficile de comprendre mercredi matin quel était l'état exact de la négociation, après de premières déclarations optimistes dans la nuit du Russe Sergueï Lavrov, faisant état d'un "accord de principe sur les principaux points clés".

A Paris, le ministre des Affaires étrangères Laurent Fabius a affirmé mercredi midi que les discussions avaient "avancé, mais pas encore suffisamment" pour conclure un accord.

Plus tôt, son homologue britannique Philip Hammond avait affirmé que le "cadre général" d'un compromis dans les négociations nucléaires iraniennes existait, mais qu'il restait "beaucoup de travail" et que "cela avançait encore lentement".

Confirmant en creux les divergences persistantes, la Chine a appelé les grandes puissances et l'Iran à "rapprocher leurs positions pour parvenir à un accord" et à "donner une plus forte impulsion politique" aux négociations.

Pour leur part, les Américains, principaux négociateurs du dossier, sont restés très discrets depuis mardi soir.

Les négociateurs s'étaient fixé la date du 31 mars pour parvenir à un compromis historique sur ce dossier du nucléaire iranien qui plombe les relations internationales depuis 12 ans.

Ce premier compromis constituerait une étape fondamentale sur la route d'un accord final, avec tous les détails et annexes techniques, dont l'échéance a été fixée au 30 juin.

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