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Nucléaire iranien: les discussions continuent, l'impatience grandit

Lausanne (AFP) Mercredi 01 Avril 2015

Le secrétaire d'Etat américain John Kerry à Lausanne, le 1er avril 2015 (AFP-Fabrice Coffrini)

Des avancées, pas de percée, encore du travail à faire: les tractations sur le nucléaire iranien vont bientôt entrer dans leur huitième jour à Lausanne, sans nouvelle date butoir fixée pour parvenir à un compromis, mais les négociateurs commencent à donner des signes d'impatience.

Car après une semaine de discussions "très difficiles, très compliquées", maintenues sous pression par une date butoir (le 31 mars) désormais expirée, un sentiment de lassitude était perceptible chez certains négociateurs.

"Il est temps pour nos partenaires dans la négociation de saisir le moment et l'opportunité (d'un accord) qui ne se répètera peut-être pas", a déclaré mercredi soir le chef de la diplomatie iranienne Mohammad Javad Zarif.

De leur côté, plusieurs diplomates occidentaux ont au cours des dernières heures exhorté Téhéran à "prendre les décisions", certains jugeant qu'il était temps "de dire oui ou de dire non".

Cela n'a pas empêché le secrétaire d'Etat américain John Kerry de faire annoncer qu'il resterait à Lausanne "au moins jusqu'à jeudi matin".

"Nous continuons à faire des progrès mais nous n'avons pas encore atteint un compromis politique. M. Kerry va donc rester à Lausanne au moins jusqu'à jeudi matin pour continuer les négociations", a indiqué sa porte-parole.

- Toujours les mêmes points d'achoppement -

Les discussions achoppent toujours sur les mêmes points, même si des avancées existent, selon des diplomates occidentaux et iraniens.

La chef de la diplomatie européenne Federica Mogherini et le ministre des Affaires étrangères iranien Mohammad Javad Zarif à Lausanne, le 31 mars 2015 (AFP-FABRICE COFFRINI)

Ces deux points sont: les sanctions et la recherche et le développement permettant à l'Iran de développer des centrifugeuses plus performantes.

Les centrifugeuses permettent d'enrichir l'uranium et cette question est au coeur du problème. Enrichi à 90%, l'uranium est destiné à la fabrication d'une bombe atomique, et la communauté internationale soupçonne Téhéran de vouloir acquérir cette arme, ce que l'Iran a toujours démenti.

Les grandes puissances (Etats-Unis, Grande-Bretagne, France, Russie, Chine et Allemagne) veulent donc brider le programme nucléaire iranien et le contrôler étroitement pour s'assurer que Téhéran ne se dotera jamais de la bombe, en échange d'une levée des sanctions internationales qui étranglent son économie.

Ce dernier point pose aussi problème. L'Iran est soumis à un régime strict de sanctions américaines, européennes, et surtout onusiennes.

"Ils veulent savoir précisément comment elles seront suspendues, abrogées, dans quel ordre, lesquelles...", a expliqué un diplomate du P5 +1, le groupe des grandes puissances.

La levée -progressive ou immédiate- des sanctions, la façon de les réimposer en cas de violations de ses engagements par l'Iran sont également discutées au sein du P5 +1, où Russes et Chinois, traditionnellement hostiles aux sanctions, sont plus disposés à les alléger rapidement que d'autres (Etats-Unis, France). "Mais ça ne remet pas en cause la dynamique de la négociation et la solidarité du groupe des grandes puissances, a assuré cette source.

- Cacophonie -

Pourtant, une certaine cacophonie entre membres du P5+1 a éclaté dans la nuit de mardi à mercredi, après la suspension d'une énième plénière entre grandes puissances et Iran. Chaque délégation y est allée de son commentaire, les uns très optimistes évoquant un accord en vue, d'autres démentant et faisant état de blocages persistants.

Une réunion des grandes puissances et de l'Iran à Lausanne le 31 mars 2015 (Pool/AFP-BRENDAN SMIALOWSKI)

M. Zarif ne s'est d'ailleurs pas privé de relever mercredi que l'Iran discutait "en même temps avec six pays qui ont des intérêts différents, des positions différentes, des relations différentes avec la République islamique, et parfois des différences de vue" entre eux.

Mercredi, seuls les chefs de la diplomatie américaine John Kerry, britannique Philip Hammond, et allemand Frank-Walter Steinmeier et leur homologue iranien Mohammad Javad Zarif étaient toujours à Lausanne.

Ils devaient être rejoints en soirée par le Français Laurent Fabius, parti au petit matin pour participer au Conseil des ministres à Paris et qui avait prévenu qu'il reviendrait dès que ce serait "utile".

A Berlin, la chancelière allemande Angela Merkel s'est voulue optimiste. "Je crois qu’une grande partie du chemin a été faite", a-t-elle dit.

Même tonalité à la Maison Blanche : "Nous avons le sentiment que les discussions continuent à être productives" a déclaré Josh Earnest, porte-parole de l'exécutif américain, précisant que le président Barack Obama avait été informé de l'avancée des négociations mercredi matin.

Mais l'incertitude sur l'issue des pourparlers a poussé le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, virulent opposant à tout compromis avec l'Iran, à dénoncer la possibilité d'"un mauvais accord qui mettrait en danger Israël, le Moyen-Orient et la paix dans le monde".

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