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Plus de 130 corps dégagés à Gaza, Israël prolonge la trêve

Gaza (Territoires palestiniens) (AFP) Samedi 26 Juillet 2014

Des femmes palestiniennes éplorées le 26 juillet 2014 à Khan Younés, devant le corps d'un homme tué par des bombardements israéliens (AFP-Said Khatib)

Plus de 130 corps ont été retirés des décombres samedi à Gaza à la faveur d'un cessez-le-feu qui a expiré à 20H00 (17H00 GMT) mais qu'Israël a prolongé jusqu'à minuit, alors que son conflit avec le Hamas a fait plus d'un millier de morts.

L'armée et le ministre israélien en charge du Renseignement, Youval Steinitz, ont annoncé cet accord d'extension de la trêve peu avant l'expiration du délai.

Le mouvement islamiste palestinien n'avait pas réagi en début de soirée.

Et à 20H30 (17H00 GMT), cette pause semblait tenir malgré trois tirs d'obus de mortier vers Israël qui n'ont fait ni dégât, ni victime, et ne sont pas considérés par l'armée comme une violation flagrante de la pause.

Une Palestinienne au milieu des décombres 26 juillet 2014 à Gaza (AFP-Mahmud Hams)

A Paris, les chefs de diplomatie des Etats-Unis, du Qatar, de Turquie et de pays européens avaient demandé une prolongation de la trêve pour "24 heures renouvelables", une demande également formulée par le coordinateur spécial pour le Moyen-Orient à l'ONU Robert Serry afin de permettre "aux civils de récupérer et d'enterrer leurs morts".

Selon un haut responsable gouvernemental, l'extension de la trêve doit "permettre au cabinet de se réunir et de discuter de la demande de l'ONU".

Cette guerre, en plein mois de ramadan, est la plus meurtrière à Gaza depuis 2008-2009. Plus de 1.000 Palestiniens, en grande majorité des civils, ont été tués depuis le début le 8 juillet des opérations destinées anéantir les capacités militaires du Hamas, qui contrôle Gaza.

Quarante soldats israéliens sont tombés au combat, ce qui représente les pertes militaires les plus élevées depuis la guerre de l'été 2006 contre le Hezbollah libanais. Les roquettes ont aussi tué trois civils en Israël.

- Les ruines de Gaza -

Avec la fragile pause, partout dans le territoire, des habitants chassés de leur foyer par les hostilités sont retournés dans leur quartier, où ils ont découvert des scènes de désolation: maisons défoncées, éventrées, effondrées, des dépouilles noircies au milieu des ruines et des traces de sang mêlées aux empreintes des chars israéliens.

Dans la journée, les secouristes ont retrouvé 132 corps, selon un dernier bilan du porte-parole des urgences, Achraf al-Qodra.

Carte de la bande de Gaza avec le nombre de victimes âgées de moins de 18 ans depuis le 8 juillet (AFP--, K. Tian/J. Bonnard/J.Storey)

Le Hamas a déconseillé aux habitants déplacés, dont plus de 160.000 ont trouvé refuge dans des locaux de l'ONU -- d'approcher des immeubles bombardés et des zones de combats de crainte d'engins non explosés ou piégés.

"Nous avons peur d'ouvrir une porte et de tomber sur une bombe", a témoigné Khader Soukar, un rescapé de Chajaya, une banlieue particulièrement éprouvée à l'est de l'agglomération de Gaza.

Les quelque 1,8 million de Palestiniens de Gaza, entassés dans la misère sur un minuscule territoire de 362 km2 soumise à un blocus israélien depuis 2006, savent bien qu'ils n'en ont probablement pas fini avec les épreuves.

Les habitants se pressaient ainsi d'acheter vivres et carburant, au milieu du ballet ininterrompu d'ambulances, tandis que le bourdonnement des drones rappelait la menace.

de g à d: les ministres des Affaires étrangères du Qatar Khaled al-Attiyah, de la Turquie Ahmet Davutoglu, des Etats-Unis John Kerry, de la France Laurent Fabius, du Royaume-Uni Philip Hammond, d'Allemagne Frank-Walter Steinmeier et d'Italie Federica Mogherini (Pool/AFP-Charles Dharapak)

Selon un haut responsable israélien, "l'armée israélienne continuera à respecter la trêve humanitaire tout en poursuivant les opérations pour neutraliser les tunnels, creusés dans la bande de Gaza.

Pour tenter de mettre fin au bain de sang, une brève "réunion internationale" a eu lieu à Paris à l'invitation du chef de la diplomatie Laurent Fabius, et en présence de l'Américain John Kerry et de leurs homologues de Turquie et du Qatar, deux alliés de Gaza.

"Toute intervention régionale ou internationale qui stoppe l'agression (israélienne) et lève le siège de Gaza est la bienvenue", a déclaré dans la journée à l'AFP un porte-parole du Hamas, Fawzi Barhoum.

Le Hamas répète son exigence d'une levée du blocus israélien dans le cadre de tout accord depuis son rejet d'une proposition de trêve égyptienne.

Mais, outre des appels à prolonger la trêve, la rencontre de Paris n'a débouché sur aucune annonce concrète.

- "Nécessité humanitaire absolue" -

Le ministre britannique des Affaires étrangères a cependant évoqué sur la chaîne SkyNews "une nécessité humanitaire absolue" de prolonger la trêve, "pour 12 heures, ou 24 heures, ou 48 heures, et ainsi de suite".

Témoignant de la tâche ardue des médiateurs internationaux, le cabinet de sécurité israélien avait rejeté vendredi une proposition transmise par M. Kerry pour un cessez-le-feu de sept jours qui permettrait d'engager des négociations indirectes.

Selon les radios israéliennes, l'Etat hébreu a jugé les termes de l'offre trop favorables au Hamas, considéré comme une organisation "terroriste" par Israël, les Etats-Unis et l'Union européenne.

Et le ministre israélien de la Défense Moshé Yaalon a appelé ses soldats à se tenir prêts à "un élargissement significatif des opérations terrestres".

Ce conflit, le quatrième depuis le retrait unilatéral israélien de Gaza en 2005, menace de s'étendre à la Cisjordanie où les heurts entre manifestants dénonçant l'offensive à Gaza et les forces israéliennes ont coûté la vie à huit Palestiniens depuis jeudi soir.

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