Vous êtes ici : Accueil / Info en Continu / Monde / Procès Pistorius: le champion sud-africain va être fixé sur sa peine

Diminuer le texte Taille par défaut Augmenter le texte
Imprimer Ajouter aux favoris Parler de cet article à un ami
Partager sur Facebook

Procès Pistorius: le champion sud-africain va être fixé sur sa peine

Pretoria (AFP) Mardi 21 Octobre 2014

Oscar Pistorius à sa sortie du tribunal le 17 octobre 20147 à Pretoria (AFP/Archives-Mujadid Safodien )

Oscar Pistorius, reconnu coupable par la justice de l'homicide involontaire de sa petite amie en 2013, doit être fixé mardi sur sa peine, à l'issue d'un interminable procès de près de huit mois suivi passionnément par l'Afrique du Sud et le monde.

Le procureur a requis dix ans de prison ferme contre le champion d'athlétisme de 27 ans. La défense, mettant en avant son handicap - il est amputé des deux jambes, demande une peine d'arrêts domiciliaires assortie d'un travail d'intérêt général.

Des dizaines de journalistes seront présents, et plusieurs chaînes de télévision sud-africaines retransmettront en direct, comme elles l'ont fait depuis le premier jour, ce qui pourrait être le dernier épisode de ce procès hors-norme.

Pour décider, la juge Thokozile Masipa aura étudié les arguments des deux parties, exposés durant la dernière semaine d'audience du 13 au 17 octobre.

Selon le parquet, il serait immoral que Pistorius échappe à la prison, alors qu'il a tué Reeva Steenkamp de quatre balles tirées à travers une porte de toilettes, fut-ce en la prenant pour un cambrioleur.

Pour la famille de la victime, le sportif doit aussi "payer pour ce qu'il a fait", comme l'a demandé une cousine de Reeva, à l'issue d'un émouvant témoignage à la barre.

La défense allègue que Pistorius n'a pas voulu tuer, qu'il a déjà été puni par l'épreuve morale qu'il a subie depuis le drame, par sa ruine financière et par la fin de sa carrière sportive. L'avocat Barry Roux a en outre tenté de démontrer qu'une prison sud-africaine ne serait pas un lieu adapté pour accueillir un homme amputé des deux jambes, et que son incarcération risquerait de tourner au calvaire.

Une radio privée sud-africaine croyait cependant savoir, lundi matin, qu'une cellule du quartier sécurisé de la prison de Pretoria était déjà prête à accueillir Pistorius en cas de peine de réclusion criminelle.

- "Brisé, mais bien vivant" -

Le verdict rendu par la juge Masipa avait été vivement critiqué. Beaucoup, à commencer par le procureur Gerrie Nel, n'ont pas compris qu'elle n'ait même pas retenu l'intention de tuer, alors que Pistorius a tiré à hauteur d'homme, avec des munitions de guerre, dans la porte d'un petit cabinet de toilettes.

La magistrate a finalement rendu un verdict d'homicide involontaire "par négligence", la même qualification qui s'applique à un chauffard ivre qui tue des piétons sur la route.

"L'accusé a tiré en sachant que quelqu'un se trouvait là", derrière cette porte, a martelé une dernière fois le procureur vendredi en conclusion de son réquisitoire : "Reeva a eu une mort horrible (...) La punition doit refléter le caractère sacré de la vie humaine."

Oscar Pistorius à l'audience le 17 octobre 20147 au tribunal à Pretoria (Pool/AFP/Archives-Mujahid Safodien )

Quelle que soit la sentence, le jeune champion paralympique qui courait sur des prothèses de carbone est tombé à jamais de son piédestal. Jadis idole sportive et modèle de courage pour avoir réussi, malgré son handicap, à participer aux jeux Olympiques de Londres-2012 avec les valides, il est aujourd'hui un homme brisé, a plaidé son avocat.

"Brisé, mais bien vivant", contrairement à sa victime, a rétorqué l'inflexible procureur Nel.

Les juristes sud-africains s'attendent à ce que la défense ou l'accusation fassent appel, si la sentence est jugée trop dure, ou au contraire trop laxiste. Ce qui relancerait le feuilleton Pistorius pour plusieurs mois.

Tous droits de reproduction et de représentation réservés. © 2014 AFP Agence France-Presse.
Toutes les informations reproduites dans cette rubrique sont protégées par des droits de propriété intellectuelle détenus par l'AFP. Par conséquent, aucune de ces informations ne peut être reproduite, modifiée, rediffusée, traduite, exploitée commercialement ou réutilisée de quelque manière que ce soit sans l'accord préalable écrit de l'AFP. L'AFP ne pourra être tenue pour responsable des délais, erreurs, omissions qui ne peuvent être exclus, ni des conséquences des actions ou transactions effectuées sur la base de ces informations.