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Syrie: bataille pour la ville clé de Kobané, 41 enfants tués à Homs

Mursitpinar (Turquie) (AFP) Mercredi 01 Octobre 2014

Des Kurdes syriens attendent de pouvoir franchir la frontière avec la Turquie à Sanliurfa, le 30 septembre 2014 (AFP-)

Les combattants kurdes, appuyés par les raids de la coalition internationale, défendaient mercredi avec acharnement leur ville, Kobané, assiégée par les jihadistes de l'Etat islamique (EI) dans le nord de la Syrie, à la frontière turque.

Dans le même temps, 41 enfants ont péri dans un double attentat contre leur école à Homs (centre), l'un des bilans les plus élevés en terme de mort d'enfants depuis le début de la guerre en Syrie il y a plus de trois ans, selon une ONG syrienne.

Les Etats-Unis, qui poursuivent aussi leurs frappes en Irak voisin pour aider les autorités à repousser l'EI, ont prévenu qu'il ne serait "ni facile, ni rapide" de venir à bout de ce groupe extrémiste sunnite responsables d'atrocités dans les vastes régions qu'il contrôle dans les deux pays.

Une photo issue d'une vidéo du groupe EI en Syrie, le 23 septembre 2014 (Aamaq news/AFP/Archives--)

A Kobané (nom kurde de la ville d'Aïn al-Arab), des combats acharnés opposaient l'EI aux membres des Unités de protection du peuple (YPG, principale milice kurde syrienne) qui la défendent "farouchement", selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH).

Les jihadistes sont à quelque 3 km de cette troisième ville kurde de Syrie, dont la prise leur permettrait de contrôler sans discontinuité une longue bande de territoire le long de la frontière turque.

"Bien qu'inférieurs en nombre et en armement, les combattants kurdes refusent de se retirer", a ajouté l'OSDH. "C'est pour eux une question de vie ou de mort".

Des Kurdes vivant au Liban montrent leur soutien aux habitants de Kobané en Syrie, le 24 septembre 2014 à Beyrouth (AFP/Archives-)

Les YPG ont reçu le soutien d'avions de la coalition conduite par les Etats-Unis. Des avions de chasse et des drones américains ont mené trois frappes contre des positions jihadistes près de Kobané.

Au moins neuf jihadistes et neuf combattants kurdes ont été tués dans les frappes et combats, a précisé l'OSDH, faisant par ailleurs état de l'exécution par l'EI de 10 personnes aux environs de la ville.

Malgré ces raids, les jihadistes ont continué à tirer sur Kobané où se trouvent encore des milliers de civils, selon l'OSDH, après la fuite en Turquie de plus de 160.000 habitants de la région.

- Les raids ne suffisent pas -

"L'EI a bombardé intensément Kobané au mortier aujourd'hui (mercredi). J'ai jamais rien vu de tel", affirme Aliye Kahraman, une habitante de 70 ans ayant fui sa ville, au poste-frontière turc de Mursitpinar.

Image de l'agence SANA après l'explosion d'une bombe près d'une école à Homs, le 1er octobre 2014 (Sana/AFP-)

"La situation empire. Nous emmenons les femmes en Turquie et nous retournons combattre", témoigne un autre habitant, Husni Akca. "J'ai cinq garçons qui participent à la guerre à Kobané".

Après avoir renforcé son dispositif à la frontière, le gouvernement turc a déposé au Parlement, qui doit en débattre jeudi, une motion autorisant l'intervention de son armée en Irak et en Syrie aux côtés de la coalition, à laquelle participent à différents degrés une cinquantaine de pays.

"Les tonnes de bombes qui seront larguées par les airs ne constituent qu'une solution temporaire", a néanmoins prévenu le président turc Recep Tayyip Erdogan.

Ailleurs en Syrie, 41 enfants et sept autres personnes ont péri dans un double attentat à la bombe contre leur école dans le quartier loyaliste d'Akrama à Homs, selon l'OSDH.

L'attentat n'a pas été revendiqué mais son modus operandi rappelle ceux de l'EI ou du Front al-Nosra, la branche syrienne d'Al-Qaïda.

- Frappes en Irak -

Après le début le 23 septembre des raids en Syrie, menés en collaboration avec cinq pays arabes, les Etats-Unis ont appelé à la "patience".

Infographie montrant une carte de la Syrie et de l'Irak, localisant les frappes de la coalition et les combats entre Kurdes et groupe EI (AFP-S. Ramis/P. Pizarro/G. Handyside)

Les jihadistes ne se déplacent désormais plus en larges groupes à ciel ouvert, mais se "dispersent" pour éviter les frappes selon le Pentagone, qui a reconnu que l'EI avait réussi à prendre de nouveaux territoires.

En Irak, les forces kurdes, appuyées par les raids américains, ont repris à l'EI la localité de Rabia à la frontière syrienne et y assiégeaient mercredi une clinique où des jihadistes étaient retranchés.

Des frappes américaines ont en outre visé un camp de l'EI au nord de Bagdad et des positions près du barrage de Haditha (ouest). Des Tornado britanniques ont mené de nouveaux raids à l'ouest de Bagdad.

Dans le cadre du renforcement de son dispositif militaire pour l'Irak, la France a décidé d'envoyer trois avions de chasse Rafale supplémentaires sur sa base aux Emirats arabes unis et de déployer une frégate anti-aérienne dans le Golfe.

Selon des responsables kurdes, des militaires iraniens ont pris part aussi au combat contre l'EI en Irak.

Un Tornado GR4 de la Royal Air Force s'apprête à attérir à la base britannique de Limassol à Chypre, le 27 septembre 2014 (AFP/Archives--)

Accusé de crimes contre l'Humanité, l'EI qui compte des dizaines de milliers de combattants dont de nombreux étrangers y compris occidentaux, est responsable de multiples exactions -viols, rapts, exécutions, crucifixions- dans le "califat" proclamé sur les régions sous son contrôle.

Les pays occidentaux craignent de voir ces jihadistes, une fois aguerris, revenir sur leur territoire organiser des attentats, alors que l'EI et Al-Qaïda ont menacé les pays de la coalition de représailles.

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