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Syrie: les combattants kurdes irakiens, en route pour Kobané, arrivés à la frontière

Suruc (Turquie) (AFP) Jeudi 30 Octobre 2014

Des combattants kurdes irakiens agitent le drapeau du Kurdistan à Viransehir, dans la province de Sanliurfa, en route pour défendre la ville syrienne de Kobané, le 29 octobre 2014 (AFP-Ilyas Akengin)

Les combattants kurdes irakiens arrivés en Turquie ont atteint jeudi la frontière syrienne, en attendant de pouvoir se rendre à Kobané prêter main forte à leurs compagnons d'armes pour chasser les jihadistes de cette ville de Syrie meurtrie par six semaines de combats.

Une quarantaine de véhicules transportant ces combattants "peshmergas" lourdement armés sont arrivés avant l'aube dans la ville turque de Suruç, à une dizaine de km de la frontière, où ils ont rejoint un autre contingent arrivé plus tôt par avion du Kurdistan irakien.

Les peshmergas, quelque 150 au total selon les médias turcs, se trouvaient en fin de matinée dans un dépôt à la lisière de Suruç étroitement gardé par les forces de sécurité turques, a constaté un photographe de l'AFP.

Aucune information n'a été communiquée sur le moment où ils franchiraient la frontière pour rejoindre Kobané, devenue le symbole de la résistance face aux jihadistes du groupe extrémiste sunnite Etat islamique (EI) qui cherchent à élargir leur emprise territoriale en Syrie et en Irak.

Des combattants kurdes irakiens accueillis par les Kurdes de Turquie à Viransehir, dans la province de Sanliurfa, en route pour aller défendre Kobané assiégée par jihadistes de l'EI, le 29 octobre 2014 (AFP-Bulent Kilic)

Chargé d'armes lourdes, le convoi terrestre des peshmergas, qui avait franchi mercredi la frontière turco-irakienne, a rallié Suruç, à 400 km plus loin, après un lent périple au cours duquel il a été acclamé par des milliers de Kurdes de Turquie.

A Suruç, environ 2.000 Kurdes, de Turquie ou des réfugiés de Kobané, attendant les peshmergas, ont crié "Kobané sera un cimetière pour l'EI".

- Pilonnage intensif du front nord -

Selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH), l'arrivée des peshmergas à Kobané a été retardée par le pilonnage intensif par l'EI du front nord de Kobané, défendue depuis le 16 septembre par la principale milice kurde des Unités de protection du peuple kurde (YPG), avec le soutien crucial aérien de la coalition internationale.

"L'EI a violemment bombardé dans la nuit le secteur frontalier aux obus de mortier et à l’artillerie lourde, et lancé une nouvelle attaque contre un quartier du nord, proche du poste-frontière avec la Turquie", qui a été mise en échec par les YPG, a déclaré le directeur de l'OSDH, Rami Abdel Rahmane.

Le bombardement du front nord de la ville située à environ un km de la frontière turque, a repris le matin avec la même intensité, a-t-il ajouté, en faisant état d'un nombre indéterminé de morts dans les rangs de l'EI, "leurs cadavres gisant pendant de longues heures dans les rues avant d'être retirés".

Le général américain à la retraite John Allen, qui coordonne la coalition internationale antijihadiste, a assuré mercredi que les renforts "empêcheraient" la chute de Kobané.

Sous pression américaine, le gouvernement turc a autorisé la semaine dernière le passage par son territoire des renforts peshmergas.

Ces derniers ont été précédés de 50 à 150 hommes, selon les sources, de l'Armée syrienne libre (ASL), émanation de l'opposition modérée au régime du président syrien Bachar al-Assad, qui ont rejoint Kobané mercredi via la frontière turque.

- Préparatifs pour un assaut en Irak -

Localisation de Kobané en Syrie et de la frontière avec la Turquie (AFP-P. Deré/J. Storey)

L'un des objectifs des jihadistes est de s'emparer des quartiers nord afin de bloquer la voie vers la Turquie et d'isoler Kobané. Une prise totale de la ville leur permettrait de contrôler une longue bande de territoire à la frontière syro-turque.

Le groupe jihadiste combat sur plusieurs fronts en Syrie, ravagée par la guerre civile depuis plus de trois ans. La veille, Washington s'est dit "horrifié" par les informations selon lesquelles "le régime Assad a lancé des barils d'explosifs sur un camp de déplacés à Idleb (nord-ouest) et par les images montrant un carnage de civils innocents". Au moins dix déplacés syriens ont péri dans ces raids selon l'OSDH.

En Irak voisin, des centaines de soldats irakiens et de combattants pro-gouvernementaux se préparaient pour lancer un assaut contre la ville stratégique de Baïji, contrôlée par l'EI, selon des officiers.

La prise de Baïji, au nord de Bagdad, pourrait permettre de sécuriser la principale raffinerie du pays, mais cette offensive s'annonce difficile pour les forces irakiennes, qui ont déjà subi plusieurs revers dans leurs tentatives de regagner du terrain face aux jihadistes.

Accusé de nettoyage ethnique et de crimes contre l'Humanité par l'ONU, l'EI a mis à profit la guerre civile en Syrie et l'instabilité politique et sécuritaire en Irak pour s'emparer de larges territoires, où il fait régner la terreur, y commettant viols, rapts, exécutions et crucifixions.

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