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Syrie: violents combats à Alep, l'opposition veut négocier

Beyrouth (AFP) Jeudi 05 Mars 2015

Des pompiers s'efforcent d'éteindre l'incendie provoqué par un baril d'explosifs largué selon une ONG par un hélicoptère du régime syrien contre un quartier rebelle de la ville d'Alep, tuant au moins 18 civils (AMC/AFP-Zein Al-Rifai)

De violents combats ont eu lieu jeudi à Alep tandis que le chef de l'opposition syrienne en exil a annoncé pour la première fois qu'il ne mettait plus le départ du président Bachar al-Assad comme condition préalable pour des négociations de paix.

Si le secrétaire d’État américain John Kerry a confié qu'une "pression militaire" serait peut-être nécessaire pour faire partir le président Assad, Moscou a en revanche annoncé une nouvelle réunion entre l'opposition et le régime en avril à Moscou.

Dans la deuxième ville syrienne, "de violents combats et des bombardements ont opposé jeudi matin le régime et les rebelles dans l'ouest où a eu lieu l'attaque la veille, a affirmé à l'AFP le directeur de l'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH), Rami Abdel Rahmane.

L'explosion mercredi d'une puissante charge souterraine contre le siège des redoutables services de renseignement de l'armée de l'air et les combats qui ont suivi ont fait au total 34 morts dans les deux camps, selon l'OSDH.

Les civils paient aussi un lourd tribu. Au moins 22 d'entre eux ont péri, dont huit totalement brûlés, lorsqu'un hélicoptère a largué un baril explosif sur des personnes rassemblées pour acheter du fioul dans le quartier rebelle de Qadi Askar, dans l'est d'Alep, selon l'ONG.

Des membres de la Défense civile évacuent le 5 mars 2015 un corps de la zone de la ville d'Alep où serait tombé un baril d'explosif lancé selon une ONG par un hélicoptère du régime syrien (AMC/AFP-Zein Al-Rifai)

Des bombardements rebelles contre le secteur gouvernemental avaient coûté la veille la vie à neuf civils, dont deux femmes et trois enfants, notamment dans le quartier de Salaheddine, à l'ouest. C'est dans ce quartier, que l'émissaire de l'ONU Staffan de Mistura entend proposer une trêve.

Par ailleurs, au moins six étudiants et un enseignant ont été tués et 12 personnes blessées, dont neuf enfants, dans un raid de l'aviation du régime près d'une école dans un village au nord d'Idleb, (nord-ouest), selon la même source.

Le régime largue régulièrement des barils d’explosifs sur les régions rebelles faisant des milliers de victimes civils? notamment dans la région d'Alep.

Ancien poumon économique de la Syrie, la ville est entrée dans le conflit à l'été 2012 et depuis elle est divisée entre zones contrôlées par les rebelles à l'est et celles du régime à l'ouest.

- 'Nouvelle stratégie' -

Pour le régime comme pour l'opposition, ce regain de violence coïncide avec la visite depuis mardi d'une délégation de l'ONU dirigée par Khawla Matar, chef du bureau du médiateur, chargée de préparer la trêve partielle proposée par M. de Mistura.

François Hollande (d) face au chef de la coalition nationale syrienne Khaled Khoja, le 5 mars 2015 au Palais de l'Elysée (POOL/AFP-Guillaume Horcajuelo)

"La planification de l'attaque a pris beaucoup de temps mais sa réalisation mercredi est un message clair au régime et à de Mistura", a affirmé à l'AFP Samir Nashar, membre de la Coalition de l'opposition.

M. de Mistura propose un gel des combats à Alep permettant l'entrée d'aide humanitaire dans la ville.

Au cours d'une visite à Paris, le chef de l'opposition syrienne en exil, Khaled Khoja, a créé la surprise en énonçant "une nouvelle stratégie" de lancer "un dialogue avec tous les groupes d'opposition et les personnalités qui veulent établir une nouvelle Syrie".

"Notre but ultime est d'être débarrassés de Bachar al-Assad, mais ce n'est pas une condition préalable au début du processus (de négociations). En revanche, il est nécessaire que ce processus conduise à un nouveau régime et une nouvelle Syrie libre", a-t-il souligné.

La question préalable du départ d'Assad et la volonté de la Coalition de vouloir se présenter comme le seul représentant de l'opposition a bloqué jusqu'à présent tout rappochement entre l'opposition en exil et celle de l'intérieur.

"La déclaration de Khoja est positive", a déclaré à l'AFP à Damas Mounzer Khaddam, porte-parole du Comité de coordination nationale pour les forces du changement démocratique (CCND), principale coalition des opposants de l'intérieur.

M. Khaddam a également accueilli favorablement l'absence de conditions préalables aux négociations. "Nous avions tenté à Paris de les convaincre que toute condition préalable n'aide en rien une solution politique en Syrie", a-t-il ajouté faisant allusion à la réunion il y a deux semaines entre des opposants en exil et de l'intérieur qui avait abouti un ébauche de feuille de route.

A Ryad, le secrétaire d’État américain John Kerry a affirmé que le président syrien "avait perdu tout semblant de légitimité (...) et au bout du compte, une combinaison de diplomatie et de pression sera nécessaire pour susciter une transition politique". Selon lui, "une pression militaire sera peut-être nécessaire".

A Moscou, le porte-parole du ministère russe des Affaires étrangères a annoncé que "des représentants d'une partie plus large de l'opposition syrienne" devraient participer à une nouvelle rencontre avec des émissaires du régime, prévue "en avril".

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