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Tueries sur un marché et une école à Gaza, l'ONU demande des comptes

Gaza (Territoires palestiniens) (AFP) Mercredi 30 Juillet 2014

Des Palestiniens portent secours à une victime d'une frappe israélienne sur un marché dans le quartier de Chajaya près de la ville de Gaza le 30 juillet 2014 (AFP-Marco Longari)

Plus d'une centaine de Palestiniens ont été tués mercredi dans la bande de Gaza ravagée par les frappes israéliennes, dans une journée de cauchemar marquée par des tueries sur un marché et un centre de réfugiés de l'ONU.

Les Etats-Unis et l'ONU ont condamné le pilonnage avant l'aube de l'école de l'Agence de l'ONU pour l'aide aux réfugiés palestiniens (UNRWA) à Jabaliya, où 3.000 Gazaouis chassés par les combats espéraient être à l'abri des bombes. Au moins 16 Palestiniens y ont péri.

Rien ne semble pouvoir arrêter ce conflit entre Israël et le Hamas au pouvoir à Gaza, qui a fait au total 1.359 morts palestiniens selon les secours locaux depuis le début le 18 juillet de l'offensive israélienne destinée à mettre fin aux tirs de roquettes et à détruire les tunnels utilisés par le groupe palestinien.

Malgré la dévastation et le lourd bilan humain, les tirs de roquettes à partir de Gaza n'ont pas cessé et 120 tirs ont été recensés par l'armée. En outre, trois soldats israéliens ont péri à Gaza dans un tunnel piégé, portant à 56 le nombre de militaires tués, le bilan le plus lourd pour l'armée depuis la guerre du Liban en 2006.

"C'est injustifiable, les responsabilités doivent être déterminées et justice doit être rendue", s'est indigné le secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-Moon, en parlant du bombardement de l'école, alors que l'UNRWA a ouvertement accusé Israël.

"Il n'y avait que des enfants, que des jeunes ici. Pourquoi font-ils ça? Où peut aller la population?" s'est insurgé Hicham al-Masri, l'un des réfugiés.

- Scènes insoutenables -

Des membres des services de secours palestiniens et une victime d'une frappe israélienne sur un marché dans le quartier de Chajaya près de la ville de Gaza le 30 juillet 2014 (AFP-Marco Longari)

"Des enfants ont été tués alors qu'ils dormaient à côté de leurs parents sur le sol d'une salle de classe", a protesté le patron de l’UNRWA, Pierre Krähenbühl, en relevant que l'armée avait reçu toutes les informations sur l'école.

En revanche, les Etats-Unis n'ont pas incriminé explicitement Israël dans ce bombardement. Mises à l'épreuve depuis des mois, les relations entre les alliés israélien et américain se sont encore tendues, la position du secrétaire d'Etat John Kerry étant jugée trop favorable au Hamas aux yeux d'Israël.

Les critiques israéliennes contre M. Kerry, dont la tournée dans la région pour arracher une trêve s'est soldée par un échec, sont "blessantes et absurdes", a déploré une de ses porte-parole.

La France a aussi condamné le bombardement de l'école et Amnesty International a évoqué un "crime de guerre potentiel" en réclamant une enquête.

Mais le drame de l'école de Jabaliya n'a pas été le seul de la journée pour les civils qui ne sont nulle part à l'abri dans un territoire minuscule, enclavé, et soumis à un double blocus israélien et égyptien.

Au soir d'une des journées les plus sanglantes du conflit, sur un marché de Chajaya, à quelques kilomètres de Jabaliya, au moins dix-sept Palestiniens ont été fauchés.

De nouvelles scènes insoutenables. Des passants évacuant en catastrophe, sur des couvertures tendues ou des brancards, des corps inanimés, vers les ambulances ou des véhicules particuliers. Des victimes ensanglantées, parfois mutilées. Des flaques de sang.

Et sept membres d'une même famille ont été tués par des tirs de tanks dans le secteur de Khan Younès (sud). Bilan de la journée, au moins 108 morts selon le porte-parole des services d'urgence palestiniens Achraf al-Qodra.

Parmi les 1.359 morts au total, les trois-quarts sont des civils, a estimé l'ONU, et plus de 245 des enfants, a précisé l'Unicef.

Israël rend le Hamas responsable de la mort des civils, l'accusant de s'en servir comme "boucliers humains".

- Délégation israélienne au Caire -

L'artillerie israélienne tire sur la bande de Gaza depuis la frontière Israël le 30 juillet 2014 (AFP-Jack Guez)

Après 23 jours d'un conflit qui ravage l'étroite enclave palestinienne, la guerre ne donne aucun signe de répit pour les habitants de Gaza, déchirés entre douleur et colère.

"Nous voulons la guerre! Nous voulons que Qassam (la branche militaire du Hamas) riposte au coeur de Tel-Aviv!" crie un homme sur le marché de Chajaya.

Si le chaos est total à Gaza, la solution diplomatique est suspendue aux desiderata des deux camps. Une délégation israélienne est arrivée mercredi au Caire, intermédiaire habituel dans les négociations entre Palestiniens et Israéliens.

L'envoi d'une délégation conjointe des principaux mouvements palestiniens, pour le moment retardé, a également été annoncé par l'Organisation de libération de la Palestine (OLP).

Mais même en cas d'un hypothétique cessez-le-feu, les divergences de fond resteraient entières.

Le Hamas exige un retrait des troupes israéliennes de Gaza dont elles s'étaient unilatéralement retirées en 2005. Il réclame également une levée du blocus israélien qui asphyxie son économie depuis 2006.

Quant à Israël, il a répété sur tous les tons que son armée ne quitterait pas l'enclave tant que la menace pour sa population posée par les roquettes et les tunnels n'aurait pas été réduite à néant.

Le gouvernement de Benjamin Netanyahu bénéficie à en croire les sondages du soutien des Israéliens, malgré le lourd bilan militaire dans l'offensive déclenchée par des raids aériens avant de s'étendre à une opération terrestre. Deux civils israéliens et un Thaïlandais ont péri dans les tirs de roquettes depuis le 8 juillet.

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