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Ukraine: 80 minutes de discussions Kerry-Lavrov

Genève (AFP) Lundi 02 Mars 2015

Le secrétaire d'Etat américain John Kerry (d) et son homologue russe Sergueï Lavrov, le 2 mars 2015 à Genève (Pool/AFP-Evan Vucci)

Le secrétaire d'Etat américain John Kerry et son homologue russe Sergueï Lavrov se sont retrouvés lundi à Genève, dans un contexte très tendu, pour des discussions sur la crise ukrainienne, dont le bilan depuis avril 2014 dépasse désormais les 6.000 morts, selon l'ONU.

Au moment où une relative accalmie persiste dans l'est de l'Ukraine entre les insurgés séparatistes et les forces de Kiev, M. Kerry a eu 80 minutes d'entretien avec M. Lavrov sur lequel rien n'a immédiatement filtré.

Le chef de la diplomatie américaine avait dernièrement accusé les responsables russes de lui avoir "menti droit dans les yeux" à propos des combats, augurant d'une discussion animée avec M. Lavrov. Le propos a toutefois été nuancé par un membre de la délégation américaine de M. Kerry, parlant sous couvert de l'anonymat. Le secrétaire d'Etat américain faisait référence à "l'appareil russe de propagande", a-t-il dit.

Si les violations du cessez-le-feu instauré le 15 février sont de moins en moins fréquentes, "il est trop tôt pour savoir si nous sommes au bout de nos peines", a déclaré un responsable américain accompagnant M. Kerry à Genève.

Cette rencontre intervient alors que l'ONU a annoncé que plus de 6.000 personnes ont été tuées en Ukraine depuis le début des violences en avril 2014. Le Haut Commissaire aux Droits de l'Homme Zeid Raad Al Hussein a dénoncé des "destructions impitoyables concernant les civils et les infrastructures".

Le secrétaire d'Etat devrait aussi évoquer avec le chef de la diplomatie russe les débats en cours entre les Etats-Unis et l'Union européenne sur l'éventualité de nouvelles sanctions contre Moscou.

Avec la crainte d'une nouvelle escalade, les regards sont en particulier tournés vers Marioupol, port stratégique sur la mer d'Azov et dernière grande ville de la région sous le contrôle de Kiev. L'armée ukrainienne y dénonce depuis des jours une concentration de troupes ennemies et des survols de drones.

Un paramilitaire du bataillon d'Azov brandit un poignard où est inscrit "Gloire à l'Ukraine", lors d'un entraînement militaire près du port de Marioupol, le 27 février 2015 (AFP/Archives-Genya Savilov)

Kiev et les Occidentaux accusent Moscou d'armer la rébellion séparatiste et d'avoir déployé des troupes régulières dans l'est de l'Ukraine. La Russie dément toute implication dans le conflit.

- Député ukrainien libéré à Moscou -

Réagissant à la mort de l'opposant russe Boris Nemtsov, abattu par des inconnus vendredi soir dans le centre de Moscou, le président ukrainien Petro Porochenko a lié ce drame à la situation en Ukraine.

Selon lui, l'ancien vice-Premier ministre russe s'apprêtait à "rendre publiques les preuves de la participation des troupes russes au conflit en Ukraine".

Le député ukrainien Alexeï Gontcharenko, arrêté dimanche à Moscou en marge de la marche en hommage à l'opposant Boris Nemtsov, a été libéré, la police ne retenant aucune charge contre lui.

Alexeï Gontcharenko, député ukrainien, se rend à la manifestation en hommage à Boris Nemtsov, dont il porte le portrait sur un t-shirt, le 1er mars 2015 (AFP-Alexey Kravtsov)

M. Gontcharenko était soupçonné d'avoir pris part le 2 mai à l'incendie criminel d'un bâtiment public à Odessa, dans le sud de l'Ukraine, où ont brûlé vives plus de 40 personnes, principalement des militants prorusses, après des affrontements avec des militants pro-ukrainiens.

Arrêté "pour refus d'obtempérer" selon le Comité d'enquête russe, le député a été libéré dimanche dans la soirée, a confirmé lundi à l'AFP son avocat Mark Feïguine.

"Je peux confirmer qu'il n'y a aucune charge contre lui, il n'ira pas au tribunal et il s'envole aujourd'hui" pour l'Ukraine, a-t-il précisé.

- Réunion sur le gaz -

Sur le plan énergétique, l'Union européenne est montée au créneau pour tenter de désamorcer une nouveau conflit gazier alors que le géant russe Gazprom a commencé la semaine dernière à approvisionner directement en gaz les zones sous contrôle des rebelles au motif que Kiev avait cessé de le faire.

Le vice-président de la Commission européenne, Maros Sefcovic, a affiché sa volonté d'arracher un accord lundi à Kiev et Moscou pour garantir l’approvisionnement de l'UE, lors d'une réunion dans l'après-midi à Bruxelles avec les ministres russe et ukrainien de l’Énergie.

"J'espère une issue positive" à cette réunion trilatérale avec le Russe Alexandre Novak et l'Ukrainien Volodymyr Demtchichine, qui doit débuter à 14H00 GMT à Bruxelles, a souligné le commissaire dans un tweet.

Cette médiation doit être précédée de pourparlers "dans différentes configurations", a précisé une source proche du dossier.

Près de 15% des importations totales de gaz de l'UE transitent par l'Ukraine.

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