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Ukraine: Iatseniouk, reconduit Premier ministre d'un pays "en guerre"

Kiev (AFP) Jeudi 27 Novembre 2014

Le Premier ministre ukrainien Arseni Iatseniouk (g) et le président Petro Poroshenko (d), le 27 novembre 2014 à Kiev (AFP-Serguei Supinsky)

Le Premier ministre ukrainien Arseni Iatseniouk, atlantiste apprécié des milieux financiers internationaux, a été reconduit jeudi par le nouveau Parlement pro-occidental et s'est engagé à défendre l'indépendance du pays face à l"invasion militaire russe".

"Nous avons sur les épaules une mission historique, celle de préserver notre État et défendre notre indépendance", a lancé M. Iatseniouk avant sa reconduction approuvée par une très large majorité (341 députés).

M. Iatseniouk avait été nommé Premier ministre en février sur le Maïdan, haut lieu de la contestation pro-européenne dans le centre de Kiev réprimée dans le sang, qui a fait chuter le régime prorusse de Viktor Ianoukovitch.

Depuis, l'Ukraine a perdu en mars la Crimée, annexée par la Russie, et combat depuis avril une rébellion prorusse dans l'Est dans un conflit qui a fait plus de 4.300 morts.

"Le pays est en guerre (...) L'invasion militaire russe n'est rien d'autre qu'une atteinte à notre intégrité territoriale et notre indépendance, une tentative de détruire l'Ukraine", a lancé M. Iatseniouk connu pour ses fortes déclarations antirusses et favorables à l'Otan.

Il a toutefois eu dans la soirée un entretien téléphonique avec son homologue russe Dmitri Medvedev pour discuter de la "coopération économique et financière" entre les deux pays, selon les agences russes.

Après l'ouverture de la première séance parlementaire, cinq partis pro-occidentaux avaient scellé la création d'une coalition, intitulée Ukraine européenne, censée mettre en oeuvre des réformes pour endiguer la corruption omniprésente et sortir le pays d'une profonde récession.

Fait sans précédent en Ukraine, cette alliance compte 302 députés sur un total de 450 sièges, soit une majorité capable de modifier si nécessaire la Constitution.

Elle s'est fixé comme objectif l'adhésion de l'Ukraine à l'Otan, même si, pour les experts, cette perspective est encore très incertaine.

Le président Petro Porochenko a plaidé jeudi devant les députés en faveur de l'annulation du statut de pays non-aligné qui "n'a pas permis à notre pays de garantir sa sécurité et son intégrité territoriale".

Les députés votent, le 27 novembre 2014 au Parlement ukrainien à Kiev (AFP-Sergei Supinsky)

L'abandon de ce statut est une étape nécessaire sur le chemin de l'adhésion à l'Alliance atlantique. Mais le chef de l’État ukrainien a appelé à la patience et à "ne pas spéculer sur une adhésion immédiate".

Les pulsions atlantistes de l'Ukraine, qui provoquent le courroux de Moscou, sont également accueillies froidement chez ses alliés occidentaux.

En visite à Kiev la semaine dernière, le vice-président américain Joe Biden aurait, selon un diplomate occidental, résumé ainsi la position des Alliés: "La porte de l'Otan vous est bien sûr ouverte, mais mieux vaut que vous ne la poussiez pas".

Parallèlement, le bras de fer engagé depuis des mois entre la Russie et les Occidentaux qui ont décrété une série de sanctions économiques contre Moscou, s'est poursuivi. Bruxelles a ainsi décidé d'étendre ses sanctions à 13 personnes et cinq "entités" impliquées dans les élections organisées par les rebelles prorusses dans l'Est début novembre, mais dont l'identité ne sera connue que samedi.

- Un étranger pour endiguer la corruption -

L'élection du nouveau Parlement où les prorusses sont minoritaires et les communistes, absents pour la première fois depuis la chute de l'URSS en 1991, est censée compléter la refondation du système de pouvoir ukrainien réclamée par le Maïdan.

Signe des difficultés à mettre en place les réformes nécessaires, le président Porochenko a demandé jeudi qu'un étranger soit nommé à la tête du nouveau bureau de lutte contre la corruption.

"Cette personne aura un avantage : l'absence de liens avec l'élite politique ukrainienne", a-t-il expliqué.

Au Parlement, les députés élus lors des élections législatives anticipées du 26 octobre, dont bon nombre de combattants et militants de la société civile, ont observé une minute de silence en hommage à la "centurie céleste", cette centaine de manifestants tués en février sur le Maïdan dans le centre de Kiev, ainsi qu'aux soldats et civils ukrainiens tués dans le conflit armé dans l'Est.

Sur le terrain, au moins deux civils, dont un enfant, ont péri jeudi après-midi dans des bombardements dans le fief séparatiste de Donetsk, a-t-on appris de source officielle.

Une dizaine de bâtiments ont été touchés par des tirs de roquette Grad, ont constaté des journalistes de l'AFP.

Une roquette a éventré le toit d'une clinique de cardiologie, où peu de patients étaient présents. Une autre a explosé près d'un centre de secours d'urgence, dont les vitres ont été soufflées.

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