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Ukraine: l'Otan appelle la Russie à cesser ses "actions militaires illégales"

Bruxelles (AFP) Vendredi 29 Août 2014

Anders Fogh Rasmussen, secrétaire général de l'Otan, le 15 aout 2014 à Copenhague (Scanpix Denmark/AFP/Archives-Niels Ahlmann Olesen)

L'Otan a appellé en termes très fermes la Russie à cesser ses "actions militaires illégales" en Ukraine lors d'une réunion de crise vendredi tandis que Vladimir Poutine déclarait qu'il fallait "forcer" Kiev à négocier avec les séparatistes prorusses dans l'est de l'Ukraine.

"Nous condamnons dans les termes les plus forts le mépris permanent de la Russie de ses obligations internationales. Nous appelons la Russie à cesser ses actions militaires illégales, à arrêter son soutien aux séparatistes armés et à prendre les mesures immédiates et vérifiables en vue d'une désescalade de cette crise", a déclaré le secrétaire général de l'Alliance, Anders Fogh Rasmussen, à l'issue d'une réunion d'urgence des ambassadeurs.

Manifestation à Marioupol dans la région de Donetsk le 28 aout 2014 demandant une Ukraine unie et le retrait des troupes russes (AFP-Alexander Khudoteply)

L'Otan ne fermera pas la porte à l'Ukraine si ce pays souhaite rejoindre l'Alliance, a ajouté M. Rasmussen, alors que Kiev a annoncé son intention de relancer le processus d'adhésion.

"Permettez-moi de vous rappeler la décision prise en 2008 par l'Otan selon laquelle l'Ukraine devriendrait un Etat membre", a déclaré M. Rasmussen, ajoutant que chaque pays avait "le droit de décider lui-même, sans ingérence de l'extérieur".

Kiev avait renoncé à son adhésion en 2010 sous le gouvernement prorusse de l'époque. Mais vendredi, le Premier ministre Arseni Iatseniouk a annoncé que son "gouvernement soumettrait au Parlement un projet de loi visant à annuler le statut hors bloc de l'Ukraine et à revenir sur la voie de l'adhésion à l'Otan".

Au moment où l'Otan tançait la Russie, Vladimir Poutine déclarait qu'il fallait "forcer" Kiev à négocier avec les séparatistes prorusses qui affrontent les forces armées ukrainiennes dans l'est de l'Ukraine.

Le 26 aout 2014, l'hôpital de Novoazvosk endommagé par un tir, à 50 kilomètres à l'est de Marioupol (AFP-Francisco Leong)

"Il faut forcer les autorités ukrainiennes à entamer des négociations sur le fond. Pas sur des questions techniques (...) mais sur le fond (...): quels seront les droits de la population du Donbass, de Lougansk, du sud-est du pays", a-t-il lancé lors d'un sommet de la jeunesse russe.

Dans un communiqué publié dans la nuit, l'homme fort du Kremlin avait vanté les "succès considérables" de la rébellion séparatiste, au moment où Moscou était menacé de nouvelles sanctions occidentales pour son implication militaire dans le conflit.

Vladimir Poutine est allé jusqu'à demander aux rebelles d'ouvrir un "couloir humanitaire" pour les soldats ukrainiens.

"J'appelle les forces rebelles à ouvrir un couloir humanitaire pour les troupes ukrainiennes qui ont été encerclées, afin d'éviter des victimes inutiles et de leur donner l'opportunité de se retirer de la zone des opérations", a déclaré M. Poutine.

Vladimir Poutine lors d'une conférence de presse le 27 août 2014 à Minsk (AFP/Archives-Kirill Kudryavtsev )

Les insurgés se sont dits prêts à suivre les consignes du président russe.

Des combattants loyalistes ukrainiens sont encerclés et sans renforts depuis plus d'une semaine dans la ville d'Illovaïsk, à 40 km au sud-est du bastion séparatiste de Donestk.

- Défendre Marioupol -

Dénonçant une "invasion" russe, Kiev a demandé aux Occidentaux des "sanctions significatives" contre Moscou et une aide militaire -- sujets qui devaient être abordés lors de la réunion de l'Otan à Bruxelles et celle des ministres des Affaires étrangères de l'Union européenne à Milan.

"L'incursion russe qui se déroule à l'heure actuelle en Ukraine ne peut qu'engendrer" des sanctions supplémentaires à l'encontre de la Russie, avait averti jeudi le président américain Barack Obama à l'issue d'un entretien téléphonique avec la chancelière allemande Angela Merkel.

Comme souvent quand se précise une menace de sanctions, Moscou a répliqué en brandissant l'arme du gaz.

Des habitants de Marioupol organisent la défense de leur ville à l'approche des troupes pro-russes, le 29 août 2014 (AFP-Anatolii Boiko)

Le ministre russe de l'Energie a déclaré vendredi qu'il y avait "un risque que le gaz livré par (la compagnie russe) Gazprom pour l'Europe soit illégalement prélevé par l'Ukraine pour ses propres besoins".

"La situation est hautement critique à l'approche de la saison de chauffage", a lancé Alexandre Novak.

Sur le terrain, Kiev a reconnu jeudi avoir perdu le contrôle de la ville côtière de Novoazovsk située près de la frontière russe et prise, selon l'armée ukrainienne, par des "troupes russes".

Tous les regards sont désormais tournés vers Marioupol (460.000 habitants), où le gouverneur pro-Kiev de la région de Donetsk, Serguiï Tarouta, a appelé les habitants de cette ville à créer un "bataillon" pour se défendre.

Mais des habitants de Marioupol, port stratégique ukrainien sur la mer d'Azov (sud-est), fuyaient la ville vendredi face à la progression des rebelles prorusses, ont constaté des journalistes de l'AFP.

Le conflit dans l'Est de l'Ukraine a fait au moins 2.593 morts depuis la mi-avril, selon le dernier bilan publié vendredi par l'ONU.

Le rouble est tombé vendredi à un niveau jamais vu face au billet vert (37,02 roubles pour un dollar), les investisseurs s'inquiétant d'un possible renforcement des sanctions occidentales contre Moscou.

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