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Ukraine: les accusations d'"ingérence directe" pleuvent contre Moscou

Donetsk (Ukraine) (AFP) Jeudi 28 Août 2014

Une école bombardée, en feu, le 27 aout 2014, à Donetsk, bastion de l'insurrection prorusse, où 11 civils ont été tués au cours des dernieres 24 heures malgré le desserrement significatif de l'étau de l'armée ukrainienne (AFP-Francisco Leong)

Les accusations d'ingérence directe dans le conflit dans l'est de l'Ukraine se multipliaient jeudi à l'encontre de la Russie, soupçonnée d'être à l'origine des succès de la contre-offensive des rebelles prorusses.

L'ambassadeur américain en Ukraine Geoffrey Pyatt a accusé jeudi la Russie d'être "directement impliquée" dans les affrontements entre rebelles prorusses et forces gouvernementales dans l'Est du pays, où interviennent selon lui "un nombre croissant de troupes russes".

Il a également affirmé que Moscou avait envoyé son "système de défense anti-aérien le plus récent, qui comprend le Pantsir-S1", dans l'Est. L'Otan et la Pologne ont précédemment affirmé avoir des preuves que des troupes régulières de l'armée russe opéraient en Ukraine.

Le président français François Hollande a souligné jeudi qu'une éventuelle présence de soldats russes dans l'est de l'Ukraine serait "intolérable et inacceptable" et a demandé à Moscou de "respecter la souveraineté de l’Ukraine" et de "cesser son soutien aux séparatistes", lors d'un discours devant les ambassadeurs français réunis à Paris.

La veille, la chancelière allemande Angela Merkel avait déjà estimé qu'il fallait "faire la lumière" sur les apparentes incursions d'unités militaires russes sur le territoire ukrainien.

Des manifestants devant le bureau du président ukrainien Petro Porochenko à Kiev, le 27 août 2014, réclament des volontaires afin de combattre les rebelles prorusses (AFP-Sergei Supinsky)

Dans la foulée de ces accusations, l'OSCE (Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe) devait tenir jeudi à Vienne une réunion spéciale consacrée aux "violations russes en Ukraine", a annoncé la mission américaine auprès de l'organisation.

Signe de l'escalade de la situation, Kiev a demandé mercredi une "aide pratique" et des "décisions cruciales" de l'Otan lors du sommet qui doit se tenir le 4 septembre au Royaume-Uni. "Nous avons besoin d'aide", a résumé le Premier ministre ukrainien Arseni Iatseniouk.

- Soldats russes "en vacances" -

Kiev a annoncé en début de semaine avoir capturé dix parachutistes russes qui se trouvaient sur son territoire, à une vingtaine de kilomètres de la frontière. "Un accident" selon Moscou, qui s'est contenté de minimiser la situation.

"D’après ce que j'ai entendu, ils patrouillaient à la frontière et ont pu se retrouver sur le territoire ukrainien", a déclaré le président russe, Vladimir Poutine, mardi à Minsk.

Les inquiétudes se multiplient pourtant en Russie même, où plusieurs journaux indépendants ont exigé la vérité sur une participation militaire russe au conflit. Des médias d'opposition ont également publié des reportages sur l'enterrement lundi près de Pskov (ouest) de deux parachutistes russes ayant, selon leurs proches, péri en Ukraine.

Un corps est retiré d'une voiture après son explosion à Donetsk le 27 août 2014 (AFP-Fransisco Leong)

Les autorités russes ont pour leur part déclaré "vérifier" les informations concernant ces funérailles. Selon une association de mères de soldats, 400 soldats ont été tués ou blessés en Ukraine, où officiellement la Russie n'a pas déployé de troupes.

Washington s'est inquiété mercredi que la présence de troupes régulières russes dans l'est de l'Ukraine n'explique les récents succès de la contre-offensive menée par les rebelles prorusses au sud de leur bastion de Donetsk.

Des journalistes de l'AFP ont constaté mercredi que les insurgés avaient pris position sur la route entre Donetsk et Novoazovsk, ville côtière à 100 km au sud où tous les points de contrôle sont désormais tenus par les rebelles.

Dans le village de Starobecheve, à 30 km au sud-est de Donetsk, l'armée ukrainienne a abandonné derrière elle armes et munitions en quantité, ce qui témoigne d'une retraite précipitée.

Semen Sementchenko, le commandant du bataillon de volontaires "Donbass", qui combat au côté de l'armée ukrainienne, a pour sa part diffusé sur sa page Facebook des messages demandant de l'aide alors que ses troupes sont encerclées par les rebelles à Ilovaïsk, assiégée depuis huit jours.

Le "Premier ministre" séparatiste, Alexandre Zakhartchenko, a reconnu mercredi que des troupes russes combattaient aux côtés des rebelles, mais a affirmé qu'il s'agissait de volontaires en "vacances".

"Beaucoup de soldats russes nous on rejoint, préférant passer leurs vacances non à la plage mais aux côtés de leurs frères luttant pour la liberté du Donbass", a-t-il lancé.

- Onze civils tués à Donetsk -

A Donetsk, bastion de l’insurrection prorusse, 11 civils ont été tués dans les bombardements dans les dernières 24 heures selon les autorités locales, malgré le desserrement significatif de l'étau de l'armée ukrainienne autour de la ville.

Des journalistes de l'AFP ont entendu de violents bombardements dès le petit matin dans les quartiers nord de Donetsk. Des restes humains étaient visibles au bas d'un immeuble de deux étages.

Un homme, Sergueï, montre son appartement criblé d'éclats d'obus. "C'est là que dormait ma fille", éclate-t-il en sanglots en montrant un petit lit. Sur la table, un ruban orange et noir de Saint-Georges, signe de ralliement des séparatistes prorusses.

"Ce n'est pas en bombardant comme ça des zones d'habitation qu'ils vont gagner la confiance du Donbass!", lance Mikhaïl, un mineur d'une quarantaine d'années, en référence à l'armée ukrainienne.

Les combats entre l'armée ukrainienne et rebelles pro-russes dans l'est de l'Ukraine ont fait plus de 2.200 morts depuis la mi-avril, dont la moitié au cours du seul mois écoulé, selon le dernier rapport de l'ONU

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