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Ukraine: les séparatistes menacent d'élargir l'offensive, Kerry à Kiev

Kiev (AFP) Vendredi 30 Janvier 2015

Des passants se mettent à l'abri pendant le bombardement d'un quartier de la ville de Donetsk, dans l'est séparatiste de l'Ukraine, le 30 janvier 2015 (AFP-Dominique Faget)

Les séparatistes prorusses ont menacé vendredi d'élargir leur offensive dans l'est de l'Ukraine, où les violences atteignaient des niveaux critiques avec la mort d'au moins 24 personnes, alors que les pourparlers de paix prévus à Minsk n'ont pas eu lieu.

Sur le front diplomatique, l'Ukraine va recevoir "un soutien indéfectible" des Etats-Unis dans ce conflit avec la visite à Kiev du secrétaire d'Etat américain John Kerry le 5 février. son dernier déplacement en Ukraine date du 4 mars dernier, peu après la chute du régime prorusse et avant l'annexion de la Crimée par la Russie.

La veille c'est l'Union européenne qui a accru sa pression sur la Russie pour son rôle dans la crise ukrainienne ayant décidé de de prolonger de six mois les sanctions ciblées adoptées en mars contre des personnalités séparatistes prorusses et russes ainsi que d'élargir la liste noire déjà longue de 132 personnes visées par un gel de leurs avoirs et une interdiction de voyager dans l'UE.

Alors que les combats faisaient rage sur toute la ligne du front, les séparatistes ont promis de "poursuivre l'offensive jusqu'à la libération totale des régions de Donetsk et de Lougansk" (est de l'Ukraine), dont une grande partie est toujours contrôlée par le gouvernement de Kiev en cas d'échec de négociations de paix.

L'un des responsables séparatistes prorusses de Donetsk, Denis Pouchiline, parle le 30 janvier 2015 à la presse à l'aéroport de Minsk (AFP-Maxim Malinovsky)

Les émissaires séparatistes signataires de cette déclaration ont indiqué plus tôt dans la journée que les pourparlers avec Kiev, prévus à Minsk en présence de représentants russe et de l'OSCE, avaient été "annulés", et ont menacé de quitter la capitale bélarusse.

L'ex-président ukrainien Léonid Koutchma, qui représente Kiev, a pour sa part indiqué que l'Ukraine espérait que les pourparlers auraient lieu samedi à Minsk et qu'une nouvelle trêve y serait conclue.

Le porte-parole de la diplomatie ukrainienne Evguen Perebyïnis a déclaré à l'AFP que l'Ukraine insistait sur la présence à Minsk des dirigeants des républiques séparatistes de Donetsk et de Lougansk, Alexandre Zakhartchenko et Igor Plotnitski, qui avaient signé les accords de paix en septembre, et non de leurs émissaires.

Les rebelles ont exigé de leur côté que Kiev nomme un représentant "capable de mettre en oeuvre les accords conclus", critiquant implicitement le choix de l'ex-président Koutchma.

Dans un entretien téléphonique avec la chancelière allemande Angela Merkel, le président ukrainien Petro Porochenko a quant à lui souligné la nécessité de conclure "un cessez-le-feu immédiat".

Et à Paris, la France et la Pologne ont appelé à "un cessez-le-feu immédiat", demandant à la Russie de cesser "toute forme de soutien aux séparatistes".

Une femme blessée est accompagnée le 29 janvier 2015 par un secouriste dans la ville d'Artemivsk, dans la région de Donetsk, dans l'est séparatiste de l'Ukraine (AFP-LAETITIA PERON)

- Les Ukrainiens appelés à déposer les armes -

Carte de l'Ukraine avec localisation des combats (AFP-P. Deré/J.Jacobsen)

Sur le terrain, les combats continuaient notamment autour de la ville stratégique de Debaltseve, qui relie les capitales séparatistes de Donetsk et de Lougansk.

Les combats étaient particulièrement violents près de la localité de Vougleguirsk, dont la prise par les séparatistes signifierait un encerclement quasi-total de Debaltseve.

Mais ce sont les civils qui paient le plus lourd tribut avec au moins 19 personnes tuées, au cours des dernières 24 heures, dans des bombardements à Donetsk, chef-lieu des rebelles, et dans la région. Il s'agit d'un des pires bilans journaliers depuis le début de ce conflit, qui a fait en neuf mois plus de 5.000 morts.

L'armée a pour sa part annoncé avoir perdu cinq soldats, tandis que le dirigeant de la république séparatiste de Donetsk Alexandre Zakhartchenko a appelé les militaires ukrainiens de Debaltseve à "déposer les armes". "

Vous avez une chance de sauver vos vies", a-t-il lancé sur une chaîne de télévision russe.

A Debaltseve, "ça bombarde jour et nuit", a déclaré à l'AFP Svetlana Dremliouk, conseillère municipale de la ville. "Des volontaires essayent d'évacuer la population mais les gens réfugiés dans des caves ne sont pas au courant".

Plusieurs médias ukrainiens comparent d'ores et déjà la bataille de Debaltseve à la tragédie d'Ilovaïsk, où des troupes ukrainiennes se sont fait encercler par les rebelles et où plus de cent militaires ont été tués.

Cette bataille, fin août, avait été suivie des premiers pourparlers de Minsk, lors desquels avait été conclu un cessez-le-feu très peu respecté depuis.

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