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Un deuxième journaliste américain décapité par l'Etat islamique

Washington (AFP) Mardi 02 Septembre 2014

Capture d'écran provenant d'une vidéo publiée par l'Etat Islamique et identifiée par le centre américain de surveillance des sites islamistes SITE le 2 septembre 2014, montrant un homme présenté comme étant le journaliste américain Steven Sotloff (SITE Intelligence Group/AFP-)

Les jihadistes de l'Etat islamique ont revendiqué mardi l'exécution par décapitation d'un second journaliste américain, Steven Sotloff, dans une vidéo qui a provoqué "l'écoeurement" des Occidentaux.

Dans cette nouvelle vidéo --dont la mise en scène est en tout point conforme à celle diffusée le 19 août où un insurgé à l'accent britannique décapitait le journaliste américain James Foley--, un homme masqué et vêtu de noir présente Steven Sotloff, 31 ans, comme victime des frappes aériennes américaines contre l'Etat islamique (EI).

Il présente ensuite un autre otage, un Britannique, et menace de l'exécuter. Le premier ministre britannique David Cameron a qualifié d'"absolument écoeurante et ignoble".

La Maison Blanche a précisé qu'elle devait encore confirmer l'authenticité de cette vidéo, repérée par le centre américain de surveillance des sites islamistes SITE.

"Si (elle est) avérée, nous sommes consternés par le meurtre brutal d'un journaliste américain innocent et nous présentons à sa famille et à ses amis nos plus sincères condoléances", a indiqué Bernadette Meehan, la porte-parole du Conseil de sécurité nationale de la Maison Blanche.

Si la "vidéo (de ce meurtre) est authentique, nous en serions écœurés", a ajouté son homologue du département d'Etat, Jennifer Psaki, lors de son point de presse quotidien, deux semaines après le meurtre par l'EI du reporter américain James Foley qui a fait l'effet d'un électrochoc aux Etats-Unis.

Sur le terrain, les forces irakiennes ont remporté mardi une nouvelle victoire face à l'EI en s'emparant de portions d'une autoroute stratégique.

Mais, à Bagdad, des proches de soldats disparus ont exprimé leur colère en envahissant le Parlement.

Après avoir déjà reconquis mi-août le barrage de Mossoul (nord), l'armée, les combattants kurdes et les miliciens chiites ont remporté ces derniers jours de nouveaux succès, d'ampleur cependant limitée, face aux extrémistes sunnites de l'EI.

Ils ont brisé dimanche le siège imposé par les jihadistes à la ville turcomane chiite d'Amerli, puis repris lundi la petite cité de Souleimane Bek, à 175 km au nord de Bagdad, et le village proche de Yankaja.

Les forces irakiennes combattant les extrémistes sunnites de l'EI arrivent pour prodiguer assistance aux habitants d'Amerli, ville turcomane chiite, à 160 km au nord de Bagdad, le 2 septembre 2014 (AFP-Ali Al-Saadi)

Mardi, ils ont poursuivi leur contre-offensive, reprenant le contrôle de certains secteurs d'une autoroute stratégique qui relie le nord du pays à Bagdad et qui était fermée depuis trois mois, selon le général Abdelamir al-Zaidi.

A Amerli, où les habitants ont résisté dans le sang pendant onze semaines au siège de l'EI, souffrant de la faim et de la soif, l'aide a commencé à arriver, acheminée à la fois par des combattants et par l'ONU.

Les Nations unies ont indiqué avoir déjà livré "45 tonnes de produits de première nécessité".

- 'Tueries de masse' -

Le début de l'offensive des jihadistes, le 9 juin, avait été marqué par la déroute des forces de sécurité.

Quelque 1.700 soldats s'étaient alors rendus aux insurgés, qui s'étaient emparés en quelques jours de vastes pans de territoires dans le nord du pays.

L'EI avait par la suite publié des photos semblant montrer l'exécution de dizaines d'hommes en civil dans une zone désertique, affirmant en avoir tué des centaines au total.

Exprimant leur colère, des proches de membres des forces de sécurité disparus ont pris d'assaut mardi le Parlement à Bagdad, où ils effectué un sit-in de quelques heures dans l'hémicycle, exigeant d'avoir des nouvelles de leurs proches, selon un responsable.

Le Parlement devait aborder mardi la question de ces soldats disparus, mais les manifestants ont fait irruption avant l'ouverture de la session, qui a été repoussée à mercredi.

Dans un rapport publié mardi, Amnesty International a dénoncé la "campagne systématique de nettoyage ethnique" lancée par l'EI pour "effacer toute trace des non-Arabes et des musulmans non sunnites" dans le nord de l'Irak.

Amnesty assure avoir des "preuves" que plusieurs "tueries de masse" ont eu lieu en août dans la région de Sinjar où vivaient de nombreux Yazidis, une minorité kurdophone non musulmane.

A Genève, le Conseil des droits de l'Homme de l'ONU a décidé lundi soir d'envoyer une mission pour enquêter sur ces atrocités.

- Négociateurs de l'ONU au Golan -

Cette crise a poussé les États-Unis à intervenir avec des frappes aériennes depuis le 8 août, premier engagement militaire de Washington en Irak depuis le retrait de leurs troupes fin 2011.

Des parlementaires ont réclamé mardi au président Barack Obama la mise en place urgente d'un plan pour vaincre l'EI.

Face à la menace représenté par ce groupe, le Premier ministre australien Tony Abbott a estimé mardi que l'usage de la "force extrême" était justifié.

L'EI, qui a proclamé fin juin un califat à cheval sur l'Irak et la Syrie, est également impliqué dans le très complexe conflit syrien, où il affronte à la fois les rebelles et les forces de Bachar al-Assad.

Le Front al-Nosra, branche syrienne d'al-Qaïda, a demandé à sortir de la liste noire des organisations terroristes établie par l'ONU en échange de la libération de plus de 40 Casques bleus fidjiens qu'il a enlevés jeudi sur le plateau du Golan, a révélé mardi l'armée fidjienne.

Une équipe de négociateurs de l'ONU est arrivée au Golan en provenance de New York, selon la même source.

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