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Délinquance des jeunes: l'ex-boxeur Jean-Marc Mormeck cogne désormais avec les mots

La Plagne (France) (AFP) Samedi 20 Décembre 2014

Le boxeur français Jean-Marc Mormeck, sextuple champion du monde, le 5 décembre 2014 à Issy-les-Moulineaux, près de Paris (AFP/Archives-Bertrand Guay)

Tout jeune retraité, Jean-Marc Mormeck a des projets plein la tête. Mais plus que tout, le désormais ancien boxeur veut mettre son expérience et sa rage de vaincre au service de jeunes tombés dans la délinquance, dans les banlieues ou en prison.

"J'aimerais m'impliquer dans l'associatif par rapport à la jeunesse. Je suis un jeune qui vient des quartiers difficiles. Je me dis que c'est le moment de donner un coup de main", explique le champion dans un entretien à l'AFP à l'occasion des Etoiles du sport à La Plagne.

Mormeck, sextuple champion du monde, a été l'un des plus grands boxeurs français et vient de mettre fin à sa carrière après une ultime défaite, à 42 ans. Il envisage maintenant d'être le promoteur d'autres boxeurs, après avoir été celui de ses propres combats.

Beau parcours pour le Guadeloupéen, qui a grandi dans une cité de banlieue, l'Abreuvoir à Bobigny (Seine-Saint-Denis), et pour qui, dit-il, la boxe a été un salut.

"Un jeune de banlieue aujourd'hui voit beaucoup de choses dramatiques. Quand il y a un accident grave et que les gens sont traumatisés, on met en place des cellules psychologiques. Un môme de banlieue qui voit la toxicomanie, des gens qui meurent, il doit le gérer seul", assure-t-il.

"Il n'y a pas de psy. Il y a un traumatisme enfoui et ces jeunes tombent dans la délinquance. Ca n'excuse pas tout mais quand même, il y a de ça", développe Mormeck.

- 'Merci à la vie' -

Le champion plaide pour une solution d'abord par l'école et pour un discours de vérité face à ces jeunes: "Il faut leur expliquer que l'avenir ce n'est pas de rester enfermé, cloîtré dans leur cité. Et que c'est à eux de demander de l'aide car ce sont eux qui sont dans le besoin".

Mormeck ne se contente pas d'aller réveiller les consciences dans les cités de banlieue. Il se rend également dans les prisons, comme celle de Val-de-Reuil dernièrement: "Je parle à ces jeunes qui sont en prison. Et je ne comprends pas".

Le boxeur français Jean-Marc Mormeck, désormais retraité, le 5 décembre 2014 à Issy-les-Moulineaux, près de Paris (AFP/Archives-Bertrand Guay)

Le champion se sait écouté car, assure-t-il, il est un modèle pour ces jeunes: "Quand le môme me dit qu'il est en prison parce qu'il a suriné quelqu'un, je ne comprends pas. Et je lui dis que de là où je viens, on ne reconnaît pas ça. Suriner quelqu'un, c'est passer par derrière et c'est l'acte d'un lâche".

"Je lui dis qu'il faut qu'il travaille. Il me parle de la justice et là je lui dis: non. +Ne me dis pas qu'ils sont racistes+. Si t'as fait une connerie, tu dois l'assumer", assène-t-il.

"Je leur dis que je suis en désaccord avec ce qu'ils font. La vie ce n'est pas ça. Ce n'est pas d'être enfermé une partie de sa vie comme un animal en cage. C'est d'être libre et de pouvoir s'éclater avec ses potes, voir et faire les choses", martèle Mormeck avant de conclure: "Moi je dis merci à la vie".

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