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Roger Moore, icône cinématographique du gentleman anglais, est mort

LONDRES (AFP) Mardi 23 Mai 2017

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L'acteur britannique Roger Moore, le 16 août 1984 à Chantilly en région parisienne (AFP/Archives-Pierre VERDY)

Pour les étrangers, il était l'archétype du gentleman anglais : l'acteur britannique Roger Moore, immortalisé par la série télévisée "Le Saint" et par sept James Bond 007, s'est éteint mardi en Suisse à l'âge de 89 ans des suites d'un cancer.

"C'est le coeur lourd que nous devons annoncer le décès de notre père aimant, Sir Roger Moore, aujourd'hui en Suisse après un court mais courageux combat contre le cancer", ont écrit sa fille Deborah et ses fils Geoffrey et Christian dans un communiqué.

Ils ont précisé que, conformément à son souhait, "des funérailles privées" auront lieu à "Monaco".

Roger Moore a longtemps habité à Gstaad (canton de Berne), où vivent de nombreuses célébrités fortunées, avant de déménager dans le canton du Valais, à Crans Montana, une autre station de sports d'hiver fréquentée par la jet-set.

En 2003, l'acteur avait échappé de peu à la mort après s'être écroulé sur une scène new-yorkaise, victime d'un arrêt cardiaque. "Il me semble que je me suis évanoui", avait-il confié en revenant à la vie, usant d'un euphémisme typiquement anglais. L'accident lui avait valu d'être appareillé d'un stimulateur cardiaque, un gadget que n'aurait pas renié 007.

Roger Moore est l'acteur qui a le plus longtemps incarné James Bond. Il avait pourtant été jugé "trop beau" et donc rejeté pour le premier 007, "Dr No" (1962). Il lui aura fallu attendre que Sean Connery soit fatigué du rôle pour prendre le relais.

Le succès fut soudain. Moore apportait avec lui non seulement charme et élégance mais également légèreté et humour. Et ce fameux sourcil redressé qui devait devenir sa marque de fabrique.

- 007 à sept reprises -

L'acteur britannique Roger Moore, le 1er août 1972 à Londres (CENTRAL PRESS PHOTOS/AFP/Archives-Handout)

Il a incarné "Bond, James Bond" dans sept films, de "Live and Let Die" ("Vivre et laisser mourir") en 1973 jusqu'à "A view to a kill" ("Dangereusement vôtre") en 1985.

Son personnage de "Perfect Gentleman", il l'avait auparavant rodé dans la série télévisée "Le Saint" (The Saint) de 1962 à 1969. Le rôle de Simon Templar lui a offert le succès mondial, confirmé par une autre série, "Amicalement vôtre" (The Persuaders!, 1971-1972).

Lord Brett Sinclair, le gentleman playboy incarné par Roger Moore et ironiquement baptisé "Sa Majesté" par son complice irrévérencieux Tony Curtis, est ancré dans les mémoires de toute une génération.

Roger Moore, sept fois James Bond (AFP-Stephan TWAROG)

Playboy à l'écran, Roger Moore cumulait également les conquêtes dans la vie. Il s'est marié quatre fois. "Une bonne épouse est la meilleure recette pour rester en forme", avait-il expliqué en 2004. L'Italienne Luisa Mattioli, sa troisième femme, lui a laissé trois enfants.

Né le 14 octobre 1927 dans le sud de Londres d'un père policier et d'une mère au foyer, le jeune Moore est ballotté d'école en école au hasard des évacuations dues à la Deuxième Guerre mondiale. Après avoir servi en tant qu'officier, il cumule les petits boulots avant de prendre un rôle de figurant en 1944 dans "César et Cléopâtre", avec Vivien Leigh. Un des coréalisateurs le remarque et le guide vers la prestigieuse école dramatique londonienne Royal Academy of Dramatic Art (RADA).

Après-guerre, il tente en vain une carrière à Hollywood avant de retourner en Angleterre dans les années 50 où il a le rôle titre dans la série "Ivanhoé". Ce personnage allait lui ouvrir les portes du petit écran, menant à sa sélection pour "Le Saint" et la gloire internationale.

Il estimait cependant que son plus grand rôle, il l'avait joué pour le compte de l'Unicef : nommé en 1991 ambassadeur itinérant du Fonds pour l'enfance des Nations unies, il avait depuis parcouru le monde.

"Dresser le sourcil pour Bond était une chose mais sensibiliser l'opinion pour la cause des enfants est beaucoup plus important", avait-il déclaré à la BBC le 15 juin 2003. C'est d'ailleurs pour cette mission, et non pour sa carrière d'acteur, que Roger Moore avait été anobli par la reine Elizabeth II en 2003.

Les hommages ont commencé à affluer peu après l'annonce de sa mort, notamment de la part des acteurs Mia Farrow, Russell Crowe et Bryan Cranston. L'Unicef a loué son action auprès des enfants, tandis que le président français Emmanuel Macron a regretté la perte d'un "immense acteur".

A Cannes, sur les marches du palais des Festivals, l'actrice britannique Kristine Scott Thomas a déploré la mort d'un "homme formidable".

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