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Depuis les Pays-Bas, Valls calme le jeu et clame son soutien à Hollande pour 2017

Paris (AFP) Vendredi 31 Octobre 2014

Le Premier ministre français Manuel valls et son homologue danois Mark Rutte, à La Haye, le 31 octobre 2014 (AFP/Archives-Bart Maat)

Manuel Valls a tenu à calmer le jeu vendredi, alors que la presse s'est fait l'écho ces derniers jours de dissensions au sein du couple exécutif, en soulignant que François Hollande avait "une vocation naturelle à être candidat" à la présidentielle de 2017.

Par une voie inhabituelle: alors que la presse française bruissait depuis quelques jours de rumeurs de tensions entre le président et son Premier ministre, ce dernier a choisi de lui déclamer son soutien dans un journal... hollandais.

François Hollande, si impopulaire à mi-mandat, doit-il écouter Michel Rocard qui lui a récemment déconseillé de se représenter en 2017, et dont M. Valls fut le collaborateur à Matignon ? "Michel Rocard donne souvent de bons conseils mais là, ce n'est pas le cas. François Hollande a une vocation naturelle à être à nouveau candidat", a répondu le chef du gouvernement dans un entretien au quotidien néerlandais NRC Handelsblad.

"C'est ma tâche de l'aider à réussir afin que la France en 2017 soit dans un meilleur état qu'en 2012", a-t-il insisté, selon la traduction de ses propos distribués à la presse par ses services à Delft, où M. Valls a entamé vendredi matin une visite d'une journée aux Pays-Bas.

Interrogé directement sur place par des journalistes, il a affirmé: "cette réponse, j'ai dû la faire 15 fois. Il n'y a pas un dirigeant socialiste ayant la tête sur les épaules qui dirait autre chose. Tout doit être fait pour qu'il puisse être en mesure de se représenter. Je me bats pour que le président sortant soit dans la meilleure position possible en 2017. Ma loyauté à son égard ne peut être mise en doute. Je ne zigzague pas".

Quant aux tensions supposées entre lui et François Hollande, il a répondu: "ce sont des analyses basées sur des rumeurs".

Si l'entretien à NRC Handelsblad a été réalisé à Matignon, la clarification a dû sembler suffisamment urgente aux yeux du couple exécutif pour être mise en musique depuis l'étranger, en règle générale épargné des considérations politiques franco-françaises lors des déplacements officiels.

Pressé de questions encore en fin de journée sur ses déclarations, Manuel Valls s'est montré quelque peu énigmatique, ayant recours à une citation de Diderot, de 1774. "Gardons-nous de juger trop vite et songeons que partout, il y a des frondeurs qui déprécient". "Moi, a-t-il ajouté, je suis loyal, moi-même et déterminé".

Les dissensions, réelles ou supposées, entre MM. Hollande et Valls remplissaient de larges colonnes de la presse française, particulièrement depuis le 22 octobre et la remise par le président des insignes de grand Croix de l'Ordre du mérite à son Premier ministre, une tradition après six mois à Matignon.

Lors de cette cérémonie ouverte à la presse, en présence de l'épouse et de la mère de M. Valls, M. Hollande avait multiplié messages politiques et pointes d'ironie, évoquant notamment Georges Clemenceau, le modèle politique de son Premier ministre, qui échoua aux portes de l'Elysée en 1920.

- 'Assumer l'impopularité' -

Clemenceau, "c'est un personnage controversé, y compris au sein de la gauche française. C'est sans doute pour cela que vous l'utilisez". "Je connais bien son parcours, parcours très long, ce qui vous laisse grand espoir". Le Tigre "n'est pas devenu président de la République, mais on peut aussi réussir son existence sans être président de la République", avait lancé M. Hollande, déclenchant quelques rires dans l'assistance et le sourire silencieux de M. Valls.

Une partie de l'entourage du Premier ministre s'était offusquée de cette sortie du chef de l'Etat, tandis qu'à l'inverse, une source au sommet du PS balayait toute dissension entre M. Hollande et Valls, assurant qu'ils agissaient de concert.

Dans son interview, le chef du gouvernement s'est également félicité de l'agrément donné par Bruxelles au budget 2015 après plusieurs échanges épistolaires. Comme son prédécesseur Jean-Marc Ayrault, il a dit regretter que l'exécutif n'ait "pas dit immédiatement que l'état de la France (en 2012) était bien pire que celui que nous avions imaginé". "Cette explication honnête a fait défaut au début" mais "nous devons assumer cette impopularité et ce scepticisme", a-t-il dit.

Surtout, il a de nouveau défendu la ligne économique de son gouvernement, très contestée à gauche et jusque dans les rangs du PS.

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