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Depuis les Pays-Bas, Valls calme le jeu et clame son soutien à Hollande pour 2017

Paris (AFP) Vendredi 31 Octobre 2014

Le président de la République française François Hollande et le Premier ministre Manuel Valls dans les couloirs du palais de l'Elysée, à Paris, le 27 août 2014 (AFP/Archives-Fred Dufour)

Manuel Valls a tenu à calmer le jeu vendredi, alors que la presse s'est fait l'écho ces derniers jours de dissensions au sein du couple exécutif, en soulignant que François Hollande avait "une vocation naturelle à être candidat" à la présidentielle de 2017.

Par une voie inhabituelle: Alors que la presse française bruissait, depuis quelques jours, de rumeurs de tensions entre le président et son Premier ministre, ce dernier a choisi de lui déclamer son soutien dans un journal... hollandais.

François Hollande, si impopulaire à mi-mandat, doit-il écouter Michel Rocard qui lui a récemment déconseillé de se représenter en 2017, et dont M. Valls fut le collaborateur à Matignon ? "Michel Rocard donne souvent de bons conseils mais là, ce n'est pas le cas. François Hollande a une vocation naturelle à être à nouveau candidat", a répondu le chef du gouvernement dans un entretien au quotidien néerlandais NRB Handelsblad.

"C'est ma tâche de l'aider à réussir afin que la France en 2017 soit dans un meilleur état qu'en 2012", a-t-il insisté selon la traduction de ses propos distribués à la presse par ses services à Delft où M. Valls a entamé vendredi matin une visite d'une journée aux Pays-Bas.

Si l'entretien a été réalisé à Matignon, la clarification a dû sembler suffisamment urgente aux yeux du couple exécutif pour être mise en musique depuis l'étranger, en règle générale épargné des considérations politiques franco-françaises lors des déplacements officiels.

Mais les dissensions, réelles ou supposées, entre MM. Hollande et Valls remplissaient de larges colonnes de la presse française, particulièrement depuis le 22 octobre et la remise par le président des insignes de grand Croix de l'Ordre du mérite à son Premier ministre, une tradition après six mois à Matignon.

Lors de cette cérémonie ouverte à la presse, en présence de l'épouse et de la mère de M. Valls, M. Hollande avait multiplié messages politiques et pointes d'ironie, évoquant notamment Georges Clemenceau, le modèle politique de son Premier ministre, qui échoua aux portes de l'Elysée en 1920.

- 'Assumer l'impopularité' -

Clemenceau, "c'est un personnage controversé, y compris au sein de la gauche française. C'est sans doute pour cela que vous l'utilisez". "Je connais bien son parcours, parcours très long, ce qui vous laisse grand espoir". Le Tigre "n'est pas devenu président de la République, mais on peut aussi réussir son existence sans être président de la République", avait lancé M. Hollande, déclenchant quelques rires dans l'assistance et le sourire silencieux de M. Valls.

Une partie de l'entourage du Premier ministre s'était offusquée de cette sortie du chef de l'Etat, tandis qu'à l'inverse, une source au sommet du PS balayait toute dissension entre M. Hollande et Valls, assurant qu'ils agissaient de concert.

Dans son interview, le chef du gouvernement s'est également félicité de l'agrément donné par Bruxelles au budget 2015 après plusieurs échanges épistolaires. Comme son prédécesseur Jean-Marc Ayrault, il a dit regretter que l'exécutif n'ait "pas dit immédiatement que l'état de la France (en 2012) était bien pire que celui que nous avions imaginé". "Cette explication honnête a fait défaut au début" mais "nous devons assumer cette impopularité et ce scepticisme", a-t-il dit.

Surtout, il a de nouveau défendu la ligne économique de son gouvernement, très contestée à gauche et jusque dans les rangs du PS, avec 39 abstentionnistes sur la partie recettes du budget dont les anciens ministres Benoît Hamon, Aurélie Filippetti et Delphine Batho. Mais les termes sont moins clivants que lors de l'entretien accordé à l'Obs où il dénonçait une "gauche passéiste" et "hantée par le surmoi marxiste".

"Je veux moderniser le Parti Socialiste, le rendre plus réaliste et plus pragmatique", a-t-il dit alors qu'une partie du PS voit dans ses "provocations" répétées une stratégie pour préparer sa sortie de Matignon, à l'image du député UMP Bruno Le Maire qui l'a récemment accusé de "jouer la crise de régime".

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