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En pleine crise, l'Elysée licencie Benalla, toujours en garde à vue

Paris (AFP) Vendredi 20 Juillet 2018

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Capture de la vidéo filmée par un militant LFI montrant Alexandre Benalla maîtrisant violemment un manifestant le 1er-Mai à Paris (Tahar Bouhafs/AFP-Tahar Bouhafs)

Face à une crise sans précédent, l'Elysée a annoncé vendredi qu'il licenciait son collaborateur Alexandre Benalla, placé en garde à vue après une vidéo le montrant frapper un manifestant le 1er-Mai, sans parvenir à calmer l'indignation des parlementaires qui ont interrompu leurs travaux.

En fin de journée le Premier ministre Edouard Philippe a appelé à la "responsabilité" face à "l'obstruction parlementaire" et la "récupération politique", alors que les parlementaires réclament de l'entendre sur l'affaire Benalla.

M. Benalla n'est pas licencié pour les violences du 1er-Mai mais pour avoir reçu des enregistrements vidéo le concernant: il "aurait été destinataire d'un document de la préfecture de police qu'il n'était pas autorisé à détenir", explique l'Elysée.

De quel document s'agit-il ? Selon une source proche du dossier, trois policiers - un contrôleur général, un commissaire et un commandant - ont été suspendus à titre conservatoire pour avoir extrait des images de vidéo-surveillance de la Ville de Paris et les avoir transmises, mercredi, à M. Benalla.

Le ministre de l'Intérieur Gérard Collomb, qui a "condamné lourdement" ces agissements, doit être entendu au Sénat mardi à 17H45.

M. Benalla a été placé en garde à vue vendredi matin à Paris dans le cadre de l'enquête préliminaire ouverte la veille après la diffusion d'une vidéo mercredi soir par Le Monde.

Alexandre Benalla (g) au côté d'Emmanuel Macron lors d'un déplacement à Angers, le 28 février 2017 (AFP/Archives-JEAN-FRANCOIS MONIER )

Il est visé pour des faits de violences en réunion par personne chargée d'une mission de service public, d'usurpation de fonctions, de port illégal d'insignes réservés à l'autorité publique et de complicité de détournement d'images issues d'un système de vidéo-protection.

Le directeur de cabinet d'Emmanuel Macron, Patrick Strzoda, a été entendu jeudi comme témoin dans la même enquête. Il avait expliqué au Monde avoir décidé les sanctions contre M. Benalla: mise à pied deux semaines sans versement de salaire et changement d'affectation.

Vincent Crase, un gendarme réserviste et agent d'accueil pour LREM qui était avec Alexandre Benalla le 1er mai, a également été placé en garde à vue vendredi.

- Macron silencieux -

Les investigations ont été confiées à l'Inspection générale de la police nationale (IGPN) ainsi qu'à la Brigade de répression de la délinquance contre la personne (BRDP).

D'autres enquêtes seront menées au Parlement, par la commission des Lois de l'Assemblée, et par celle du Sénat, qui va demander lundi d'être dotée des mêmes prérogatives.

Les vidéos montrant M. Benalla, chargé de mission auprès du chef de cabinet de la présidence de la République et chargé de la sécurité, coiffé d'un casque à visière, en train de frapper un jeune homme et une jeune femme le 1er-Mai, ont généré un flot de critiques et de questions.

Emmanuel Macron, alors candidat, au Salon de l'Agriculture le 1er mars 2017 avec son chef de la sécurité Alexandre Benalla (AFP/Archives-Lionel BONAVENTURE)

L'indignation ne s'est jamais aussi vivement exprimée dans la classe politique depuis l'élection de mai 2017, jusqu'à paralyser les débats à l'Assemblée sur la réforme constitutionnelle.

Dans une grande tension, des députés des oppositions accusent Gérard Collomb de "mensonges", demandant que le ministre, voire le Premier ministre, vienne s'expliquer après de nouvelles informations de presse selon lesquelles M. Collomb était au courant dès le 2 mai.

Benoît Hamon (Générations) a demandé la démission de Gérard Collomb. Les députés LFI ont proposé une motion de censure du gouvernement.

Au coeur de la tourmente, Emmanuel Macron est resté silencieux, refusant de répondre aux questions des journalistes. Il travaillera ce week-end à la Lanterne près de Versailles "comme d'habitude", selon l'Elysée.

- "Le vrai scandale c'est l'Elysée" -

Les critiques sur des thèmes chers à Emmanuel Macron comme l'autorité de l'Etat et l'exemplarité n'ont pas manqué.

Le pouvoir que M. Macron "décrivait lui-même comme jupitérien semble s'affranchir des valeurs sur lesquelles repose notre République", a fustigé la présidente du RN (ex-FN) Marine Le Pen, pour qui cette affaire met "en lumière la tentation de polices parallèles".

Vu la pression politique et médiatique, le licenciement de M. Benalla "était évidemment la seule issue possible", a réagi vendredi le député LREM Matthieu Orphelin.

Alexandre Benalla (AFP-)

Au groupe LREM, "beaucoup attendaient que ce soit réglé dès hier", rapporte un "marcheur", tandis qu'à droite, le président de LR Laurent Wauquiez assure dans Le Figaro que "cette affaire marque la fin de son discours sur la République exemplaire".

"Le vrai scandale ça n'est pas Benalla, c'est l'Elysée, l'Elysée qui fait le choix de la dissimulation", a ajouté M. Wauquiez.

Luc Carvounas (PS) a estimé qu'"il y a eu un mensonge par omission" de M. Collomb car la police des polices avait déjà été saisie alors que le ministre avait laissé entendre jeudi que c'était nouveau.

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