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Gouvernement et ex-ministres s'écharpent, Valls veut "en finir avec la gauche passéiste"

Paris (AFP) Mercredi 22 Octobre 2014

Le Premier ministe Manuel Valls à la FIAC le 22 octobre 2014 à Paris (AFP-Kenzo Tribouillard)

Le débat sur la ligne politique suivie par l'exécutif a viré à la foire d'empoigne, mercredi, entre le gouvernement et les anciens ministres socialistes Benoît Hamon et Aurélie Filippetti, Manuel Valls en appelant à "en finir avec la gauche passéiste".

Au lendemain des 39 abstentions sur les recettes du budget 2015, le ton est nettement monté, puis est redescendu d'un cran.

Premier acte, l'ex-ministre de l'Education Benoît Hamon, qui fait partie des 39 abstentionnistes, assène d'abord que la politique de l'exécutif "menace la République" et mène vers un "immense désastre démocratique" en 2017. Réplique immédiate du porte-parole du gouvernement Stéphane Le Foll: "Si c'est ça, qu'il quitte le Parti socialiste alors!"

"Je vous rassure, (...) je ne vais pas quitter le Parti socialiste", répond l'intéressé, qui "déplore" l'ampleur de la "polémique" suscitée. "Je n'ai pas l'intention de demander à quiconque ni de démissionner, ni de rentrer", minimise aussi de son côté M. le Foll.

Au même moment, Jean-Christophe Cambadélis, premier secrétaire du PS, assure devant la presse, toujours à propos de M. Hamon: "Non, je ne l'incite pas à quitter le PS." Mais lui rétorque: "Le danger pour la République, ce n'est pas le PS, c'est le FN."

Aurélie Filippetti et Benoît Hamon le 21 octobre 2014 à l'Assemblée nationale à Paris (AFP-Eric Feferberg)

"Je veux bien entendu qu'ils restent" au groupe de députés socialistes, a pour sa part estimé Bruno Le Roux, le chef de file, "mais c'est à eux de déterminer, quand il y a des propos d'une telle gravité, s'ils se sentent encore bien parmi nous".

L'ancien ministre de l'Education redevenu député, à qui l'on prête l'ambition de prendre la tête du PS, et sa collègue à la Culture Aurélie Filippetti, tous deux démissionnaires du gouvernement Valls en août et qui se sont abstenus mardi aux côtés des "frondeurs", illustrent la tension entre l'exécutif et les rétifs du PS. Parmi ces derniers figurent aussi deux autres ex-ministres Delphine Batho (Ecologie) et Cécile Duflot (Logement).

"Problème éthique", "déloyauté", a accusé le numéro un du PS Jean-Christophe Cambadélis au sujet des abstentionnistes, en particulier les ministres Hamon et Filipetti encore présents au gouvernement au moment des arbitrages. "Manquement de devoir", a tonné M. Le Foll. "Prophètes de malheur", a lancé le secrétaire d’État Thierry Mandon.

- "Socialiste", un "beau nom" -

De leur côté, les réfractaires jugent contreproductive une politique qui "privilégie la réduction de la dépense publique" et ont donc choisi de croiser le fer sur l'un des plus importants textes parlementaires, la loi de finances.

François Hollande, en remettant mercredi à son Premier ministre Manuel Valls les insignes de Grand Croix de l'ordre national du Mérite, a demandé de "ne pas se laisser entraîner par je ne sais quelle politique de l'instant", dans un éloge de "la résolution" et du "sang-froid".

Le ministre de l'Agriculture Stéphane Le Foll le 8 octobre 2014 à l'Assemblée nationale à Paris (AFP/Archives-Stéphane de Sakutin)

Et pour ajouter au débat, le Premier ministre, dans une interview au Nouvel Obs publiée mercredi, appelle à "en finir avec la gauche passéiste", jugeant que ceux qui l'accusent de trahir la gauche sont "dépassés".

Défendant une gauche "pragmatique, réformiste et républicaine", mais sans utiliser le qualificatif "socialiste", il propose de "bâtir une maison commune" de "toutes les forces progressistes" et se dit également -"pourquoi pas"- ouvert à un changement de nom du Parti socialiste, une idée déjà portée en 2007 et 2011 et qui avait suscité d'importants remous dans le parti.

Une proposition qui n'a pas fait l'unanimité puisque M. Cambadélis a répondu que "socialiste est un beau nom qui a fait ses preuves, autant le garder". "Si je suis favorable à changer la carte d'identité du Parti socialiste, je ne suis pas favorable au changement de nationalité".

"Il n'a pas interdit à François Hollande de gagner et à Manuel Valls de devenir Premier ministre", a-t-il ironisé.v

Ces polémiques interviennent trois jours après l'offensive médiatique de Martine Aubry, qui a appelé à une réorientation de la politique économique davantage en faveur de la demande et de la croissance, pour "réussir la fin du quinquennat". Une proposition "consistant à revenir en arrière et donc à perdre tous les fruits de nos efforts", a tranché M. Valls.

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