Vous êtes ici : Accueil / Info en Continu / Politique / Hollande annonce des frappes aériennes en Irak et défend son action

Diminuer le texte Taille par défaut Augmenter le texte
Imprimer Ajouter aux favoris Parler de cet article à un ami
Partager sur Facebook

Hollande annonce des frappes aériennes en Irak et défend son action

PARIS (AFP) Jeudi 18 Septembre 2014

Le président François Hollande le 18 septembre 2014 à Paris devant la presse (AFP-Patrick Kovarik)

Deux heures face à 300 journalistes et plusieurs messages de François Hollande: les frappes de l'aviation française contre les jihadistes de l'État islamique (EI) en Irak sont imminentes, ses choix économiques "irrévocables" et sa candidature en 2017, ouverte.

Tour à tour déterminé, grave et fataliste, le chef de l'Etat a maintenu le "cap" de sa politique économique, se refusant à imprimer un nouveau tournant comme il l'avait fait lors de sa précédente grande conférence de presse, le 14 janvier, quand il avait lancé son "pacte de responsabilité".

Face à la dégradation de la situation économique en France qui pourrait être sanctionnée vendredi par l'agence de notation Moody's, le chef de l'Etat a défendu sous les ors de la salle des fêtes de l'Elysée son choix "irrévocable" de la "compétitivité" et du soutien massif aux entreprises.

"Les résultats tardent à venir" et "ils viendront si nous nous mobilisons tous", a-t-il poursuivi, ajoutant avec un brin de fatalisme: "j'espère avant 2017".

A sa majorité, François Hollande a adressé un clair avertissement deux jours après qu'une trentaine de députés frondeurs du PS se sont abstenus de voter la confiance au gouvernement Valls II: oui au débat, mais "dans le cadre qui est fixé".

François Hollande le 18 septembre 2014 à l'Elysée à Paris, face à la presse (AFP-Patrick Kovarik)

Et si l'Assemblée n'avait pas accordé sa confiance à Manuel Valls, a ajouté François Hollande comme pour mieux fixer la nature de l'enjeu, il n'aurait eu d'autre choix que de la dissoudre.

A propos de l'Irak, devenue la priorité numéro un de la politique étrangère de la France, François Hollande a revêtu une nouvelle fois ses habits de chef de guerre pour annoncer un "appui aérien" aux forces engagées contre le groupe Etat islamique (EI).

La décision, a-t-il révélé, a été prise lors d'un conseil de défense réuni dans le plus grand secret jeudi matin à l'Elysée.

L'engagement des "premières opérations" interviendra "dans un délai court", une fois les cibles identifiées, a spécifié le président Hollande qui a fixé cependant deux lignes rouges pour l'intervention française: ni "troupes au sol" ni engagement hors des frontières de l'Irak, et notamment donc en Syrie.

- Prendre de la hauteur -

Au faîte de son impopularité (sous la barre des 15% selon plusieurs sondages), François Hollande avait ouvert sa conférence de presse par un propos liminaire de 43 minutes largement consacré à cette situation internationale, alors que les précédents étaient axés sur la politique économique.

Interrogé sur une éventuelle candidature à sa propre succession en 2017, il a temporisé -"Je suis président, pas candidat"-, enchaînant: "Je ferai ce mandat pleinement, complètement, sans me préoccuper même de ma popularité qui est dans l'état que vous connaissez, parce que ce n'est pas mon objectif".

"L'idée de ma candidature n'est pas présente" à ce stade, a-t-il insisté, estimant que le "jugement" sur son action ne devrait intervenir qu'au terme de son mandat.

La question attendue n'est venue qu'après une heure d'échanges: quid de la douloureuse séquence autour de sa vie privée et la parution du livre de Valérie Trierweiler, point noir de sa rentrée ? Réponse cinglante -"Je me suis déjà exprimé sur cette question"- et appel tout aussi sec au "respect de la fonction présidentielle".

Le Premier ministre Manuel Valls, le 16 septembre 2014, à l'Assemblée nationale à Paris, pour la présentation de son discours de politique générale (AFP/Archives-Eric Feferberg)

Une ombre a également plané sur cette conférence de rentrée : celle de Nicolas Sarkozy. L'ancien chef de l'État, qui rêve de reconquérir l'Élysée en 2017, pourrait officialiser par voie de presse sa candidature à la présidence de l'UMP dans les prochains jours, voire dans les prochaines heures.

Interrogé sur ce retour -aubaine ou handicap supplémentaire?-, François Hollande a cherché à prendre de la hauteur: "Il ne m'appartient pas en tant que président de la République de commenter une candidature à la tête d'un parti". Toutefois, a-t-il concédé, "ceux qui ont gouverné hier et avant-hier ont parfaitement le droit de prétendre le diriger demain et après-demain".

Sur les affaires européennes, le chef de l'Etat a plaidé, comme il le fait depuis deux ans, pour une "réorientation de l'Europe" afin que "le retour nécessaire aux équilibres budgétaires s'adosse à une véritable politique de croissance et d'emploi".

Et pour faire passer la pilule du report de deux ans, à 2017, de l'objectif d'un retour des déficits publics de la France à 3% du PIB, il compte, a-t-il dit, engager la "négociation", notamment avec l'Allemagne.

Tous droits de reproduction et de représentation réservés. © 2014 AFP Agence France-Presse.
Toutes les informations reproduites dans cette rubrique sont protégées par des droits de propriété intellectuelle détenus par l'AFP. Par conséquent, aucune de ces informations ne peut être reproduite, modifiée, rediffusée, traduite, exploitée commercialement ou réutilisée de quelque manière que ce soit sans l'accord préalable écrit de l'AFP. L'AFP ne pourra être tenue pour responsable des délais, erreurs, omissions qui ne peuvent être exclus, ni des conséquences des actions ou transactions effectuées sur la base de ces informations.