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Hollande pour la première fois à Auschwitz après un hommage aux victimes de la Shoah

Oswiecim (Pologne) (AFP) Mardi 27 Janvier 2015

Le président François Hollande (C) avec d'autres personnalités européennes, le 27 janvier 2015 lors de la cérémonie des 70 ans de la libération d'Auschwitz en Pologne (AFP-Odd Andersen)

François Hollande s'est rendu mardi pour la première fois à Auschwitz-Birkenau, pour le 70e anniversaire de la libération du plus grand camp d'extermination nazi, après avoir annoncé à Paris un plan contre "le fléau" du racisme et l'antisémitisme, en forte recrudescence en France.

Devant "le portail de la mort" d'Auschwitz II - Birkenau le chef de l'Etat a été accueilli par le président polonais Bronislaw Komorowski ainsi les représentants et dirigeants de 49 pays.

En l'absence notable du président russe Vladimir Poutine, M. Komorowski a exprimé "respect" et "reconnaissance, aux soldats soviétiques, libérateurs du camp tout en condamnant "les deux totalitarismes" nazi et soviétique.

Trois survivants, parmi les 300 présents, ont ensuite pris la parole et avant que ne retentissent les prières juives pour les défunts.

M. Hollande devait ensuite traverser en cortège le camp, recouvert de neige, jusqu'au monument aux victimes de Birkenau, pour y observer une minute de silence et d'allumer des cierges, à la nuit tombée.

Trois semaines après les attentats jihadistes dans lesquels quatre juifs ont été tués, le président de la République s'était auparavant rendu à Paris au mémorial de la Shoah.

François Hollande, le 27 janvier 2015 au Mémorial de la Shoah à Paris (AFP-Martin Bureau)

A quelques mètres à peine du Mur des noms portant ceux des 76.000 hommes, femmes et enfants juifs déportés de France entre 1942 et 1944, il a fait devant des rescapés "la promesse" que "la République française n'oubliera jamais" les victimes de la Shoah.

"Vous, Français de confession juive, votre place est ici chez-vous. La France est votre patrie", a-t-il ajouté, en présence notamment du grand rabbin de France Haïm Korsia, de représentants du Conseil représentatif des institutions juives de France (Crif) et de son Premier ministre Manuel Valls.

La France compte entre 500.000 et 600.000 juifs, soit la première communauté juive d'Europe et la troisième dans le monde après Israël et les Etats-Unis.

- 'Une réalité insupportable' -

"La hausse des actes antisémites est depuis plusieurs années une réalité insupportable", ajoute le président, alors que le Crif a publié mardi des chiffres montrant que leur nombre a doublé (+101%) en 2014 par rapport à 2013 en France, avec même une augmentation de 130% des actes avec violences physiques.

Face à cela, François Hollande a annoncé que le gouvernement présenterait "d’ici la fin du mois de février un plan global de lutte contre le racisme et l’antisémitisme" avec comme principes directeurs : "Sécurité", "transmission" vers les jeunes générations à travers notamment un enseignement "sans aucune restriction" de l'histoire de la Shoah et "régulation du numérique".

Côté sanctions, il a souhaité la généralisation de la caractérisation raciste et antisémite comme circonstance aggravante d’un délit, et la volonté de sortir la répression de la parole raciste et antisémite du droit de la presse pour l'intégrer au droit pénal général". Des peines alternatives à valeur pédagogique exemplaire seront prononcées.

M. Hollande a plaidé pour une action "au niveau européen et même international pour qu'un cadre juridique puisse être défini et que les plateformes internet qui gèrent les réseaux sociaux soient mises devant leurs responsabilités, et que des sanctions soient prononcées en cas de manquements".

Le chef de l'Etat s'était auparavant entretenu avec cinq anciens déportés et cinq lycéens qui travaillent sur les lieux de mémoire, dans la "salle du Mémorial des enfants", où sont affichés près de 3.000 portraits d'enfants et adolescents juifs déportés depuis la France. L'un des rescapés, Raphaël Esrail, né en 1925, président de l'Union des déportés d'Auschwitz, raconte sa déportation, le typhus, la Libération, réprimant des sanglots. Les adolescents raconteront ensuite que leurs yeux piquaient.

"On est la dernière génération qui avons la chance d'avoir un témoignage de personnes qui ont vécu" la Shoah, a dit à l'AFP l'un des lycéens, Charles Combes, qui se voit comme un "passeur de l'histoire". "Continuez !" leur a lancé François Hollande.

"C'était le discours qu'on attendait, on tient effectivement à ce que les autorités françaises prennent toutes les mesures pour faire en sorte que les Juifs se sentent pouvoir vivre confortablement dans ce pays sans être menacés", a réagi Roger Cukierman, le président du Crif.

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