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Hollande pour une expérimentation de l'écotaxe en Alsace-Lorraine

Metz (AFP) Lundi 24 Novembre 2014

Le président français François Hollande accueilli par le député de Moselle Michel Liebgot, le 24 novembre 2014 à Uckange (Pool/AFP-Philippe Wojazer)

François Hollande a profité d'un déplacement en Lorraine lundi pour proposer une "expérimentation" de l'écotaxe en Alsace-Lorraine, deux régions favorables au dispositif abandonné au niveau national, et donner des garanties sociales aux salariés d'Ecomouv'.

"Je sais ce que supportent ces deux régions (l'Alsace et la Lorraine, NDLR) avec le trafic poids lourds en provenance de l'étranger. Il y aura donc discussion (...). Une expérimentation peut être envisagée si les élus en décident et si elle est compatible avec nos engagements européens", a déclaré le président dans un entretien au Républicain lorrain et à l'Est républicain paru lundi.

En octobre, le gouvernement avait reporté sine die la mise en place de l'écotaxe, l'une des mesures phares du Grenelle de l'Environnement, en raison notamment d'une forte opposition des transporteurs routiers.

L'Etat a ensuite résilié son contrat avec la société privée Ecomouv', qui devait se charger de mettre en oeuvre et de collecter cette taxe sur les poids lourds.

L'Alsace notamment avait plaidé, dès 2005, pour expérimenter une taxe poids lourds sur son territoire, pour éviter un surplus de trafic de transit sur son axe nord-sud après la mise en place d'une taxe similaire par l'Allemagne voisine.

L'idée d'une telle contribution avait été finalement reprise pour l'ensemble du territoire français lors du Grenelle de l'Environnement en 2007.

"On peut réfléchir" à une expérimentation régionale "parce qu'on a toujours ce différentiel de trafic avec l'Allemagne", a déclaré lundi à l'AFP Philippe Richert, le président UMP de la région Alsace.

Cependant, "l'introduire maintenant alors que l'ensemble du pays est en crise, que nos transporteurs sont dans une situation délicate, ça me paraît un peu compliqué", a-t-il estimé.

Le président français François Hollande, le 24 novembre 2014 à Uckange (Pool/AFP-Philippe Wojazer)

Il faudrait également repenser les modalités de cette taxe et clarifier le futur territoire où elle s'appliquerait, alors que l'Alsace doit fusionner avec la Lorraine et la Champagne-Ardenne. Cela impliquerait aussi de transférer aux régions la compétence des routes nationales et "regarder comment l'Etat accompagne ce transfert en termes de moyens", selon M. Richert.

"On est prêt à se mettre autour d'une table pour regarder les conditions de faisabilité de cette suggestion du président de la République. Ne perdons pas de temps, mettons-nous au travail", a réagi son homologue lorrain, Jean-Pierre Masseret (PS), indiquant avoir brièvement évoqué le sujet avec le chef de l'Etat lundi.

"Il faut regarder dès maintenant le cadre juridique à partir duquel il serait possible d'agir, mais cela suppose une évolution législative, des vérifications à faire avec le cadre européen", dans laquelle une telle expérimentation pourrait s'inscrire, a-t-il précisé.

- Lueur d'espoir pour les salariés d'Ecomouv' -

M. Masseret a aussi jugé "vraisemblable" qu'une réutilisation régionale du dispositif de l'écotaxe pourrait contribuer à reclasser des salariés d'Ecomouv'.

François Hollande a rencontré lundi à Metz une délégation de représentants du personnel d'Ecomouv', a-t-on appris auprès de son entourage.

Le président français François Hollande, le 24 novembre 2014 à Florange (AFP-Patrick Kovarik)

Le président a réitéré sa promesse d'assurer aux quelque 200 salariés de la société, dont 157 sont basés à Metz, "une transition d'un an avec garantie de salaire", en attendant que des solutions de reclassement leur soient proposées.

"Des discussions sont en cours avec l'actionnaire pour trouver les moyens de les maintenir dans l'emploi, de leur garantir leurs salaires à court terme et de les orienter professionnellement à plus long terme", a-t-il poursuivi en substance, toujours selon son entourage, rappelant que "des bilans individuels de compétences vont être effectués pour chacun d'entre eux".

"C'est plutôt positif", s'est félicité Olivier Kamiri, représentant CGT des salariés d'Ecomouv', interrogé par l'AFP à l'issue de cet entretien à la préfecture de la région Lorraine qui a duré "une quarantaine de minutes", selon lui.

Une expérimentation régionale de l'écotaxe est une piste de reclassement sur laquelle "l'Etat va travailler", tout comme la proposition de la CGT Cheminots de réaffecter les salariés d'Ecomouv' à la SNCF Lorraine, selon M. Kamiri.

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