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La gouvernement Valls II sous le signe du social-libéralisme assumé

Paris (AFP) Mercredi 27 Août 2014

Vue générale du conseil des ministres du gouvernement Valls II, à l'Elysée le 27 août 2014 (Pool/AFP-Fred Dufour)

Le gouvernement Valls II a fait mercredi une rentrée tonitruante sous le signe d'un social-libéralisme revendiqué par un Premier ministre venu clamer devant le Medef son "amour" de l'entreprise, au moment où le nombre de chômeurs atteignait un nouveau record

Jamais sans doute discours d'un Premier ministre socialiste n'aura été aussi doux aux oreilles du patronat réuni pour sa grand-messe annuelle à Jouy-en-Josas (Yvelines). "Cessons d'opposer État et entreprises", a-t-il imploré devant un parterre de chefs d'entreprise aux anges, quelques heures après le premier Conseil des ministres du nouveau gouvernement.

Il est "absurde de parler de cadeaux aux patrons" quand le gouvernement promet 40 milliards d'allègement du coût du travail, a renchéri le Premier ministre, car "il y a un problème de coût du travail dans notre pays". Message reçu 5 sur 5 par les patrons qui lui ont réservé une standing ovation.

Un "copié-collé" des discours de Tony Blair, s'est étranglé le député PS "frondeur" Laurent Baumel, y voyant une rupture "idéologique" avec "tout ce que à quoi nous avons cru à gauche depuis des décennies".

Auparavant, c'est François Hollande qui avait offert l'image de la journée à la foule des grands jours dans la cour d'honneur de l'Elysée: une poignée de main avec les deux maîtres de Bercy, le nouveau ministre de l'Economie et ancien banquier Emmanuel Macron et son collègue des Finances Michel Sapin. Le tandem était déjà arrivés bras dessus bras dessous au palais présidentiel.

- Ne plus 'jouer individuel' -

Composition du nouveau gouvernement de Manuel Valls (AFP-V.Breschi/V.Lefai)

Le message est clair: il n'y a désormais qu'une ligne, social-libérale, la seule qui vaille aux yeux du Premier ministre, clairement revendiquée par l'exécutif après le limogeage du trublion Arnaud Montebourg et son remplacement par Emmanuel Macron.

Il y aura fort à faire pour redresser une situation désastreuse : le nombre de demandeurs d'emploi sans activité a augmenté pour le neuvième mois consécutif en juillet, atteignant un nouveau record de 3,424 millions

"Cohérence, cohésion, clarté : trois mots d'ordre pour ce premier Conseil des ministres", a tweeté le chef du gouvernement. Et le chef de l’État a enfoncé le clou, exhortant ses ministres à ne pas "jouer individuel".

La mission du gouvernement sera de "répondre aux préoccupations des Français - emploi, logement, sécurité, services publics - mais aussi la réduction des déficits qui doit être compatible avec la croissance", a poursuivi François Hollande.

Un "cap", une "ligne", le pacte de responsabilité, et une "méthode", celle "de la cohérence, de la solidarité", le Conseil des ministres a été dûment chapitré par François Hollande. Plus de débats sur la place publique mais des décisions "rapides", il s'agit de restaurer "la confiance entre nous et les Français", la "clé" du succès, a-t-il insisté.

"Restaurer la confiance" : c'est aussi la mission que s'est assignée Emmanuel Macron -qualifié par Le Parisien de "Mozart social-libéral"- lors de sa passation des pouvoirs avec Arnaud Montebourg. M. Macron a promis au passage de parler "d'une voix unique" avec Michel Sapin.

La nomination de M. Macron a fait hurler les frondeurs PS : "provocation dérisoire" pour Laurent Baumel, "un financier à l'industrie", s'est indigné Jean-Marc Germain.

Quant à Najat Vallaud-Belkacem, 36 ans, devenue mardi "la" première ministre de l’Éducation nationale, elle est déjà une cible de choix de l'opposition.

Le premier conseil des ministres du gouvernement Valls II, le 27 août 2014 à l'Elysée (Pool/AFP-Fred Dufour)

L'ancienne ministre des Droits des femmes est rattrapée par la polémique sur un prétendu enseignement d'une "théorie du genre" à l'école, vigoureusement dénoncé par les opposants au mariage homosexuel de la "Manif pour tous", qui y voient la négation de la différence sexuelle.

En septembre ou octobre, le Premier ministre devra franchir pour sa part une nouvelle haie à l'Assemblée où il entend se soumettre à un vote de confiance alors que sa majorité était déjà fragilisée par quelques dizaines de députés socialistes "frondeurs".

"La majorité, elle sera là, il ne peut pas en être autrement", a-t-il assuré mardi soir sur France 2.

Mais le chef du gouvernement, qui a promis d'annoncer vendredi des mesures pour relancer la construction de logements en pleine sinistrose, fait face aussi à opinion toujours plus impatiente devant l'absence de résultats.

Selon un sondage Ifop-Fiducial pour Sud-Radio près des deux tiers des Français (63%) se déclarent mécontents de la composition du gouvernement et la moitié d'entre eux (51%) sont insatisfaits de la reconduction de Manuel Valls.

D'après une autre étude, OpinionWay pour le Figaro, 54% des Français souhaitent que François Hollande dissolve l'Assemblée.

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