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La possible dissolution de la LDJ en débat avant une manif pro-Israël

Paris (AFP) Jeudi 31 Juillet 2014

Des manifestants demandent le 8 juillet 2009 à Paris la dissolution de la Ligue de défense juive (LDJ) (AFP-Boris Horvat)

La possible dissolution de la Ligue de défense juive (LDJ), un groupe de jeunes radicaux, faisait débat jeudi dans la communauté juive, à quelques heures d'un rassemblement de soutien à Israël, à Paris, qui s'annonce massif, et auquel la LDJ participera.

Le quotidien Libération a mis le sujet en Une jeudi, jour de la première manifestation pro-israélienne organisée dans la capitale en plus de trois semaines de conflit entre Tsahal et le Hamas, affirmant que le ministère de l'Intérieur étudiait la possibilité d'une interdiction de la LDJ.

Ce qu'a confirmé à l'AFP une source proche du dossier: "Nous procédons à l'analyse juridique la plus fine possible, dans le respect du droit". Interrogé sur le sort de la LDJ, jeudi matin, lors d'une visite à Marignane (Bouches-du-Rhône), le ministre de l'Intérieur, Bernard Cazeneuve, a élargi sa réponse à "l'ensemble des groupes qui peuvent poser problème".

"Si les conditions de droit sont remplies concernant l'ensemble des groupes qui peuvent poser problème, nous procèderons à des dissolutions. Si elles ne sont pas réunies, nous ne le ferons pas", a-t-il répondu à la presse, une semaine après avoir jugé la LDJ "dans l'excès", "dans des actes qui peuvent être répréhensibles et qui doivent être condamnés".

La LDJ est sous le feu des critiques depuis que certains de ses membres se sont violemment heurtés à des militants propalestiniens le 13 juillet à Paris, près de la synagogue de la rue de la Roquette.

Le groupe se défend de tout acte illégal en France, bien qu'il s'inspire de la Jewish Defense League, qualifiée de "groupe terroriste" par le FBI, en 2001, et arbore l'emblème (un poing brandi dans une étoile de David noire sur fond jaune) d'un parti interdit en Israël, le Kach.

Certains de ses membres, comme ceux du Betar, mouvement de jeunes proche de la droite israélienne également présent en France, sont formés au krav maga, une méthode d'autodéfense d'origine israélienne.

- "Simples citoyens" dans la manif -

Le ministre de l'Intérieur Bernard Cazeneuve à son arrivée le 26 juillet 2013 au palais de l'Elysée pour une réunion de crise sur le crash de l'avion d'Air Algérie (AFP/Archives-François Guillot)

Des voix se sont élevées depuis deux semaines pour demander la dissolution de la LDJ, notamment le député communiste du Nord Jean-Jacques Candelier et l'Observatoire national contre l'islamophobie, une composante du Conseil français du culte musulman (CFCM) vent debout contre "une association extrémiste, raciste et qui pratique la violence".

"Je condamne toutes les formes d'extrémisme, notamment les méthodes parfois radicales de la LDJ, mais si le gouvernement la dissout, qu'il dissolve également tous les groupes radicaux qui se sont livrés à des violences antisémites ces derniers jours", a réagi jeudi auprès de l'AFP le président de l'Union des étudiants juifs de France (UEJF), Sacha Reingewirtz. Et le responsable de l'UEJF de citer le collectif pro-Hamas Cheikh Yassine, le groupe Egalité et Réconciliation, d'Alain Soral, les militants gravitant dans la mouvance du polémiste Dieudonné ou encore la Gaza Firm, "qui défile dans les rues de Paris pour casser du Juif".

Sans partager "ni l'idéologie ni les méthodes" de la LDJ, le président du Conseil représentatif des institutions juives de France (Crif), Roger Cukierman, a pour sa part jugé "surprenant", sur RMC, que certaines organisations propalestiniennes ne soient pas également dans le collimateur de la place Beauvau.

Le fondateur du think tank Avenir du judaïsme, Jean-François Strouf, a de son côté estimé que les dirigeants de la première communauté juive d'Europe (5 à 600.000 membres) devraient clairement "prendre leurs distances avec des éléments extrémistes", tout en se disant "indifférent" au sort de la LDJ, un groupe "marginal".

Cette ligue entend bien être présente jeudi soir au rassemblement pro-israélien organisé à 18h30 devant l'ambassade d'Israël à Paris à l'appel de toutes les grandes organisations juives de France (Crif, Consistoire, Fonds social juif unifié, UEJF...). "On sera de simples citoyens, sans drapeau", a assuré à l'AFP un responsable de la LDJ sous couvert de l'anonymat.

Un autre rassemblement pro-israélien se tiendra en soirée à Lyon.

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