Vous êtes ici : Accueil / Info en Continu / Politique / Le maire FN de Hayange déclaré inéligible pour un an

Diminuer le texte Taille par défaut Augmenter le texte
Imprimer Ajouter aux favoris Parler de cet article à un ami
Partager sur Facebook

Le maire FN de Hayange déclaré inéligible pour un an

Strasbourg (AFP) Vendredi 19 Décembre 2014

Le maire FN de Hayange (Moselle), Fabien Engelmann, le 6 avril 2014 à Hayange (AFP/Archives-Jean-Christophe Verhaegen)

Le maire FN de Hayange (Moselle), Fabien Engelmann, a été déclaré vendredi inéligible pour un an du fait d'irrégularités d'une "particulière gravité" dans ses comptes de campagne. L'ancien cégétiste a annoncé qu'il allait faire appel d'un jugement "politique".

Ce recours annoncé contre la décision du tribunal administratif de Strasbourg lui permet de conserver son fauteuil de maire, dans l'attente d'une décision de justice définitive.

"C'est un jugement politique avant tout", et "bien entendu nous allons faire appel au Conseil d’État", a déclaré M. Engelmann à l'AFP. "Je reste maire et je peux vous affirmer que j'ai beaucoup de soutien parmi la population et parmi bon nombre de Françaises et Français."

Le tribunal a estimé que c'était "à bon droit" que la Commission nationale des comptes de campagne avait rejeté celui de M. Engelmann en octobre, ajoutant qu'il avait "commis un manquement d'une particulière gravité aux règles relatives au financement des campagnes électorales".

Il l'a ainsi déclaré inéligible pour un an et "démissionnaire d'office" de son mandat lorsque la décision sera définitive, conformément à ce qu'avait péconisé mardi la rapporteure publique.

Fabien Engelmann, 35 ans, ancien syndicaliste CGT rallié au Front national, avait fini en mars en tête du second tour des élections municipales avec 34,7% des suffrages devant le maire socialiste sortant, Philippe David, à l'issue d'une quadrangulaire.

Fabien Engelmann lors de l'audience au tribunal administratif le 16 décembre 2014 à Strasbourg (AFP/Archives-Frederik Florin)

La rapporteure publique avait notamment épinglé 1.575 euros de frais de création et d'impression de tracts électoraux, que le candidat aurait omis d'intégrer à ses comptes de campagne, dont le total déclaré s'élevait à quelque 12.000 euros.

La somme aurait été avancée par son ex-première adjointe Marie Da Silva aujourd'hui entrée en dissidence. Mais Fabien Engelmann martèle qu'il s'agit d'une "erreur technique" et non d'une "fraude".

Il a fustigé une "justice à deux vitesses", soulignant que le même tribunal avait invalidé fin octobre les comptes de campagne du maire UMP de Woippy (Moselle), François Grosdidier, mais sans prononcer d'inéligibilité à son encontre.

- 'Une erreur qui coûte cher' -

Si la décision du tribunal administratif était confirmée en appel, cela n'entraînerait pas de nouvelles élections. Le conseil municipal, où ferait son entrée à la place du maire déchu le premier non élu de sa liste, devrait alors se réunir pour choisir un nouveau maire.

M. Engelmann se dit régulièrement victime de la vengeance d'adversaires rancuniers, et de médias hostiles. Conseiller politique au dialogue social de Marine Le Pen, il a assuré vendredi qu'il conservait son soutien.

"Compte tenu de la jurisprudence, je trouve cette décision +féroce+ étant entendu qu'il n'y a pas de fraude et que le montant de la caution n'est pour le moins pas faramineux", a réagi Marine Le Pen, interrogée par l'AFP, en évoquant "une erreur qui coûte cher".

L'ex-première adjointe de Hayange Marie Da Silva à la mairie le 3 septembre 2014 (AFP/Archives-Jean-Christophe Verhaegen)

En privé, plusieurs cadres du FN critiquent cependant le jeune maire, s'inquiétant de sa gestion de cette ville de près de 16.000 habitants, victime du déclin de la sidérurgie lorraine.

Le président de l'association anti-FN "Hayange plus belle ma ville", Gilles Wobedo, a jugé pour sa part la sanction révélatrice "du décalage qu'il y a entre la ligne nationale du parti rejetant +l'UMPS+ au nom du +tous pourris+, et la réalité à Hayange où il n'a pas fallu six mois pour qu'Engelmann soit poursuivi".

Devant la mairie de Hayange, M. Wobedo a été chahuté par des partisans de M. Engelmann, venus lui apporter leur soutien, a constaté un journaliste de l'AFP.

Les comptes de campagne de M. Engelmann sont également visés par une enquête préliminaire du parquet de Thionville, ouverte en septembre à la suite d'une plainte de Mme Da Silva. "Le FN le soutient toujours alors qu'ils auraient dû faire un exemple et s'en séparer", a déploré cette dernière vendredi.

C'est la deuxième fois que la justice remet en cause l'élection d'un édile frontiste, depuis que le parti a réalisé une percée lors des municipales de mars en gagnant 11 villes.

Mi-octobre, la justice administrative avait annulé l'élection du Pontet (Vaucluse), remportée par le frontiste Joris Hébrard, en raison de différences "significatives" entre les signatures d'une vingtaine d'électeurs au premier tour et au second tour, dans un scrutin qui s'est joué à quelques voix.

Tous droits de reproduction et de représentation réservés. © 2014 AFP Agence France-Presse.
Toutes les informations reproduites dans cette rubrique sont protégées par des droits de propriété intellectuelle détenus par l'AFP. Par conséquent, aucune de ces informations ne peut être reproduite, modifiée, rediffusée, traduite, exploitée commercialement ou réutilisée de quelque manière que ce soit sans l'accord préalable écrit de l'AFP. L'AFP ne pourra être tenue pour responsable des délais, erreurs, omissions qui ne peuvent être exclus, ni des conséquences des actions ou transactions effectuées sur la base de ces informations.