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Les libérations d'otages, éclaircies dans le ciel de François Hollande

PARIS (AFP) Samedi 19 Avril 2014

Le président François Hollande au téléphone dans sa voiture lors de sa visite de l'usine Michelin Ladoux à Cebazat près de Clemont-Ferrand, au centre de la France, le 18 avril 2014 (AFP/Archives-Thierry Zoccolan)

Les quatre journalistes français libérés samedi en Syrie, la famille Moulin-Fournier, le père Vandenbeusch... Les libérations d'otages sont de courtes éclaircies dans le ciel politique souvent tourmenté de François Hollande mais sans impact significatif et durable sur l'opinion.

Le week-end pascal promettait d'être dominé par la démission fracassante vendredi d'Aquilino Morelle, le conseiller politique de François Hollande accusé par Mediapart d'avoir mélangé les genres, à la fois haut fonctionnaire de l'Inspection générale des affaires sociales et lobbyiste pour le compte de l'industrie pharmaceutique.

Mais la libération de Didier François, Edouard Elias, Nicolas Hénin et Pierre Torres vient balayer, au moins pour quelques heures, le débat sur cette "République exemplaire" promise par le candidat Hollande et une nouvelle fois mise à mal.

Le président ira accueillir les ex-otages à Villacoublay dimanche matin et ne laissera à personne d'autre le soin de le faire, au moment où son nouveau Premier ministre, Manuel Valls, est omniprésent.

Les images du tarmac de la base aérienne balaieront tout le reste, y compris le débat suscité par la petite phrase lâchée vendredi par le chef de l'Etat, qui a exclu de briguer un second mandat si le chômage ne reculait pas d'ici à 2017.

Un an plus tôt jour pour jour, c'est une autre libération d'otages qui faisait la une de l'actualité. Après deux mois de détention, sept membres de la famille Moulin-Fournier, dont quatre enfants, étaient arrachés des griffes de la secte islamiste Boko Haram au Nigeria.

- Pas d'impact direct sur la popularité -

A l'époque, Jérôme Cahuzac faisait les gros titres tandis que le débat sur le mariage homo enflammait les esprits. Le climat politique était pesant et selon les sondages, une élection présidentielle aurait alors vu Nicolas Sarkozy l'emporter face à François Hollande.

Le 1er janvier dernier, le père Georges Vandenbeusch, également enlevé par Boko Haram, était accueilli par François Hollande à Villacoublay, une fois encore un bref répit pour le chef de l'Etat empêtré dans sa promesse non tenue d'une inversion de la courbe ascendante du chômage.

Pour Jérôme Sainte-Marie (PollingVox), les libérations d'otages n'ont "aucun effet" sur la cote de popularité des présidents même s'ils "saturent l'espace politico-médiatique pendant 24 ou 48 heures, ce qui peut être utile après l'affaire Aquilino Morelle".

Le politologue en veut pour preuve l'entre-deux tour de l'élection présidentielle de 1988. "La libération des otages du Liban n'avait eu aucun impact électoral, au contraire, pour Jacques Chirac", Premier ministre de cohabitation de François Mitterrand, réélu quelques jours plus tard avec 54% des voix.

Didier François, journaliste (g) et le photographe indépendant Edouard Elias, deux des quatre otages français libérés après 10 mois de captivité en Syrie le 19 avril 2014 (AFP-)

D'une manière générale, observe-t-il, les prises d'otages ne suscitent "plus du tout la même dramatisation que dans les années 80 au Liban ou 2000 en Irak" et cette banalisation "se double de polémiques sur les conditions de la libération ou le versement de rançons" qui rendent les gains politiques "dérisoires".

"Il n'y a pas d'impact direct sur la cote de popularité des présidents", confirme Jérôme Fourquet (Ifop) qui, au-delà "du sentiment positif de l'opinon", souligne que "les questions des otages ne sont pas au coeur des préoccupations des Français" et que leur libération "n'est pas toujours mise au crédit de l'exécutif".

"Nicolas Sarkozy n'avait tiré aucun bénéfice de la libération d'Ingrid Betancourt en juillet 2008 mais il avait gagné 6 points après celle de Stéphane Taponier et Hervé Ghesquière en juin 2011", note-t-il encore. Bref, "il n'y a pas de règle", résume Jérôme Fourquet.

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