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Mi-mandat: les espoirs déçus de François Hollande dans son fief de Tulle

Tulle (AFP) Samedi 01 Novembre 2014

Le président de la République française François Hollande dans les rues de Tulles en compagnie du maire socialiste de la ville, Bernard Combes, le 23 mars 2014 (AFP-Nicolas Tucat)

"Je suis fier d'avoir été capable de redonner espoir", avait lancé à Tulle le jour de son élection François Hollande, ovationné par des milliers de partisans. Deux ans et demi plus tard, la liesse n'est plus qu'un souvenir dans le fief présidentiel, où l'espoir est en train de céder la place à la déception.

"Le 6 mai 2012 restera une date à part. Mais cela semble bien loin. Il n'y a même pas de plaque commémorative pour dire que c'est ici qu'a été élu un président de la République", lâche Albert Trigot, patron de la brasserie L'Abbaye, sur la place de la Cathédrale. C'est là, sur cette vieille place qu'il avait fait rénover, que François Hollande avait prononcé son premier discours en tant que chef de l'Etat, avant de s'envoler pour l'Elysée.

Et, à l'époque, les Tullistes massés sur les pavés n'étaient pas peu fiers de cette victoire face à Nicolas Sarkozy.

Albert Trigot avait même suspendu à la façade de son établissement une banderole proclamant: "Ici, c'est pas le Fouquet's", allusion critique à Nicolas Sarkozy et la fête de sa victoire en 2007 dans le célèbre établissement des Champs-Elysées à Paris. "Après quelques semaines, la mairie m'a demandé de l'enlever, pour ne pas diviser", explique le commerçant, pour qui le moral des Tullistes est lui aussi en berne à la mi-mandat de François Hollande.

"Les gens savaient que ce serait compliqué, quel que soit l'élu. Mais ils sont déçus, y compris à gauche", et de plus en plus critiques, selon lui, envers leur ancien député-maire: "Depuis un an, c'est de plus en plus dur. A la fin du mois, on se demande comment on va payer nos charges", résume-t-il.

Artisan-carrossier, José Da Silva fait partie de ces échaudés. "Lui ou un autre, le résultat aurait été le même. Mais il a quand même promis beaucoup de choses qu'il n'a pas tenues. Il ne tape pas assez du poing sur la table. Je m'attendais à un président beaucoup plus franc", déclare cet ancien candidat aux municipales sur une liste d'opposition.

- 'Quitte ou double' -

La première adjointe communiste à la mairie de Tulle, Dominique Grador, se dit elle aussi "très déçue par rapport au programme que François Hollande avait présenté". "Je ressens aussi une grande incompréhension, et même sidération, devant l'échec de sa politique, son absence de remise en cause et son obstination à suivre un cap qui conduit à l'échec", juge-t-elle.

Le président de la République française François Hollande chaleureusement salué par un habitant de Tulle le 23 mars 2014 (AFP/Archives-Nicolas Tucat)

Même un proche du chef de l'Etat, Bernard Combes (PS), qui lui a succédé à la tête de la ville en 2008 et le conseille à l'Elysée sur les relations avec les élus, avoue que, depuis quelques temps, "les Tullistes lui font de moins en moins de remarques sur François Hollande. Ce qui n'est pas forcément bon signe".

"Ils constatent que la situation est extrêmement difficile et qu'un certain nombre d'attendus ne sont pas réalisés. J'entends aussi parfois +ce serait pire avec un autre. Au moins François, on le connaît+", ajoute le maire socialiste, candidat malheureux lors des dernières élections sénatoriales de septembre.

Signe de son déficit d'image auprès des Corréziens ou d'une désaffection plus généralisée des Français? Même dans son fief, François Hollande a connu une déroute avec la perte des deux sièges de sénateur par le PS au profit de l'UMP.

Pour Pascal Coste (UMP), récemment élu président du groupe d'opposition au Conseil général, "les Corréziens sont comme tous les Français. Ils sont très dubitatifs sur l'action du président de la République".

"Avec Hollande, c'est un coup j'avance, un coup je recule. Et puis, ils étaient habitués à autre chose avec Jacques Chirac. Lui avait amené des projets structurants au département de la Corrèze. François Hollande n'a rien amené, si ce n'est la réouverture du Tribunal de grande instance de Tulle", tranche l'élu.

"François Hollande a la capacité d'inverser la tendance", rétorque Bernard Combes.

"Mais sans la conjoncture, il ne pourra rien faire. Si on n'arrive pas à cette fin de cycle économique, on assistera à une fin de cycle politique. Aujourd'hui, c'est du quitte ou double", prédit le maire de Tulle.

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