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Parlementaires français en Syrie: colère de Hollande et Valls

Paris (AFP) Jeudi 26 Février 2015

Francois Hollande à Manille le 26 février 2015 (AFP-Alain Jocard)

François Hollande et Manuel Valls sont montés au créneau jeudi pour pilonner la visite de quatre parlementaires français en Syrie, où trois d'entre eux ont parlé avec Bachar al-Assad, "un dictateur" et un "boucher", selon l'exécutif.

De Manille, où il effectue un voyage d’État, le président de la République a proclamé avec solennité: "Cette initiative, je la condamne".

"Il s'agit d'une rencontre entre des parlementaires français (ndlr, de droite, de gauche et du centre) qui n'ont été mandatés que par eux-mêmes, avec un dictateur qui est à l'origine d'une des plus graves guerres civiles de ces dernières années, qui a fait 200.000 morts."

Avant lui, son Premier ministre avait eu aussi des mots durs contre l'équipée des deux sénateurs - l'UMP Jean-Pierre Vial, le centriste François Zocchetto - et deux députés - l'UMP Jacques Myard, le PS Gérard Bapt.

Ce dernier n'a pas rencontré le président syrien, mais le voyage des quatre était une première depuis la rupture des relations diplomatiques entre la France et la Syrie, en mai 2012.

Photo fournie le 25 février 2015 par l'agence syrienne Sana montrant le président syrien Bachar al-Assad ( au centre gauche) discutant avec le sénateur français Jean-Pierre Vial ( au centre droit) et d'autres parlementaires français à Damas (Sana/AFP-)

Ces parlementaires, tous membres des groupes parlementaires d'amitié franco-syrienne, ont commis une "faute" qui ne "les honore pas", a grondé sur BFMTV-RMC Manuel Valls, le visage fermé.

"Les parlementaires représentent la souveraineté nationale, ce qu'est ce pays", a-t-il dénoncé. Qu'ils "aient ainsi, sans crier gare, rencontré un boucher", "je crois que c'est une faute morale".

"Boucher": le mot a aussi été employé sur RTL par Jean-Christophe Cambadélis, le premier secrétaire du PS. "J'ai écrit à Gérard Bapt, je le convoquerai et je prendrai des sanctions".

Le président de l'Assemblée nationale Claude Bartolone a condamné "fermement" cette visite, soulignant qu'elle "n'engage en rien l'Assemblée".

Quant au président de l'UMP Nicolas Sarkozy, il a ironisé sur ces "quatre gugusses", assurant que lui-même n'y serait "pas allé", tout en n'envisageant pas de sanctions.

Nicolas Sarkozy, photographié le 22 février 2015 (AFP/Archives-Loic Venance)

La délégation est rentrée en France jeudi après-midi. Tant Jacques Myard que Gérard Bapt assument pleinement leur visite dans ce pays ravagé par la guerre civile.

Le député socialiste de Haute-Garonne a expliqué à l'AFP qu'il avait prévenu des conseillers diplomatiques du Quai d'Orsay et de l’Élysée qu'il se rendait en Syrie et qu'il ne rencontrerait pas Bachar al-Assad.

"J'ai un certain nombre d'éléments à présenter au gouvernement et aux représentants du gouvernement, que je leur réserve", a-t-il précisé.

- Assad, 'élément incontournable' -

"Je n'ai pas exprimé une position de la France" mais "beaucoup de députés pensent comme nous" et "je vais faire un rapport au gouvernement français sur les informations que nous avons recueillies", a souligné de son côté M. Myard, pour qui Bachar al-Assad, même s'il a "du sang sur les mains", est "un élément incontournable" avec lequel "il va falloir discuter".

Idem pour le président du groupe centriste au Sénat, François Zocchetto, qui a qualifié de "très libre" et "très franche" l'entrevue avec le président syrien. L'UDI n'envisage d'ailleurs aucune sanction envers M. Zocchetto. Au contraire du président de l'Assemblée, le président du Sénat Gérard Larcher a considéré sur Public Sénat que "les parlementaires sont des gens libres".

Pour l'ex-Premier ministre François Fillon: "Ils ont eu raison d'y aller, il faut écouter toutes les parties", "si j'avais l'occasion d'aller en Syrie, j'irais sûrement".

Sur France Inter, le vice-président du FN Florian Philippot a évoqué "une initiative qui (lui) paraît saine, intelligente". "J'aurais aimé que la diplomatie française officielle - si tant est qu'elle ne soit pas mêlée à cette affaire - ait cette initiative", a-t-il ajouté.

La presse syrienne s'est elle félicitée: "La visite de cette délégation fera date en faveur de la cause syrienne même si cela arrive tard. Mais mieux vaut tard que jamais".

La polémique en rappelle une autre, suscitée par le déplacement en Irak, en février 2005, du député UMP Didier Julia alors que la journaliste Florence Aubenas était retenue en otage dans ce pays. Quelques mois plus tôt, ledit Julia avait déjà affirmé avoir envoyé une équipe en Irak pour tenter de faire libérer deux autres journalistes français, Christian Chesnot et Georges Malbrunot. Ce dernier, à sa libération, avait qualifié M. Julia de "mythomane".

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