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Retour de Sarkozy: la classe politique très sceptique sur son "changement"

Paris (AFP) Lundi 22 Septembre 2014

Nicolas Sarkozy à son arrivée le 21 septembre 2014 au Parc des Princes à Paris, après son intervention sur France 2 (AFP-Kenzo Tribouillard)

La classe politique était très sceptique lundi au lendemain du premier entretien de Nicolas Sarkozy depuis son retour en politique, doutant, y compris à l'UMP, que l'ancien président ait autant changé qu'il l'affirme et s'interrogeant sur son absence d’idées pour sortir le pays de la crise.

Pugnace, souvent crispé, parfois agressif, Nicolas Sarkozy s'est présenté dimanche soir sur France 2 comme un homme ayant appris de ses erreurs, commençant l'interview en insistant longuement sur les acquis qu'il a tirés de son âge et de son expérience d'ancien président.

Sans surprise, ses plus fervents partisans ont été séduits. Nicolas Sarkozy a "mûri", "appris" de son échec en 2012 et "compris" ses erreurs, a ainsi assuré Geoffroy Didier, cofondateur du courant sarkozyste La Droite Forte à l'UMP, qui a salué également "l'humilité" de l'ex-chef de l'Etat.

"Vous en connaissez beaucoup des hommes politiques qui acceptent de reconnaître des erreurs?" a noté le député UMP de Haute-Loire, Laurent Wauquiez, qui y a vu un "exercice assez sincère" où M. Sarkozy aurait su faire le tri entre les actions dont il est "fier" et celles où il se serait "trompé".

Capture d'écran de France 2 montrant Nicolas Sarkozy lors de son interview le 21 septembre 2014 (France 2/AFP-)

Mais a-t-il dit aussi, "au fond la question n'est pas +est-ce qu'il a changé?+, la question c'est +est-ce qu'il veut changer la façon de faire la politique?+"

Car dès qu'on s'éloigne des cercles les plus prosarkozystes, l'enthousiasme est nettement plus tempéré.

L'ancien Premier ministre Jean-Pierre Raffarin a certes salué la démarche "crédible" du "showman" et son "diagnostic assez juste", mais il a ajouté que Nicolas Sarkozy ne l'avait "pas surpris" et son plaidoyer en faveur du recours au référendum l'a laissé dubitatif.

L'ancienne Garde des Sceaux Rachida Dati estime que ce retour "vu l'état de l'UMP s'impose". "L'UMP n'a pas de ligne politique, de débat, est totalement fracturée", a-t-elle encore déclaré sur France Info.

Luc Chatel, l'actuel secrétaire général intérimaire de l'UMP, a lui cité... l'un des principaux rivaux de Nicolas Sarkozy dans la course pour 2017 pour saluer le retour de l'ancien président: "comme l'a dit Alain Juppé, cette candidature est une force pour notre mouvement".

Hervé Mariton le 4 septembre 2014 au siège de l'UMP à Paris (AFP/Archives-Thomas Samson)

Mais même ces soutiens ont émis des critiques. Ainsi, Rachida Dati a contesté le choix de l'ancien premier flic de France Frédéric Péchenard comme directeur de campagne. Pourquoi? "Nicolas Sarkozy le sait et Frédéric Péchenard aussi", a-t-elle éludé.

- "Quelles sont les idées de Sarkozy?"-

Rival dans la course à l'UMP, le député de la Drôme Hervé Mariton a demandé sur Sud Radio quelles "sont les idées" de l'ancien président, alors que celui-ci a fait assaut de volonté de renouveau idéologique en "dépassant les clivages" mais sans en détailler les modalités.

Le député UMP du Vaucluse Julien Aubert, partisan du troisième candidat Bruno Le Maire, a jugé sur LCI que prendre la tête de l'UMP pourrait "desservir" l'ancien président.

Au-delà de l'UMP, les autres responsables politiques ont, avec moins de surprise, eux aussi rejeté tout idée d'un changement de Nicolas Sarkozy.

Marine le Pen le 14 septembre 2014 à Henin-Beaumont (AFP/Archives-Philippe Huguen)

Pour le patron du PS, Jean-Christophe Cambadélis, invité de RTL, l'ancien maire de Neuilly est revenu "la rancune au coeur et la revanche à l'esprit. Son programme, c'est lui, et son bilan, c'est l'autre".

Nicolas Sarkozy "n'a pas changé, tant mieux", a ironisé la présidente du FN Marine Le Pen sur BFMTV et RMC, qui a été jusqu'à se dire "pas mécontente de son retour" car "l'éloignement embellit".

Autre probable rival pour 2017, le souverainiste Nicolas Dupont-Aignan, président de Debout la République, a lui aussi estimé que Nicolas Sarkozy n'avait "pas changé" et qu'il avait "parlé de lui, pas des Français".

Encore plus tranchant, un politologue, qui n'a pas souhaité être cité, juge la prestation de Nicolas Sarkozy "totalement ratée": "Je m'étonne que quelque chose d'aussi préparé donne l'impression d'être aussi bâclé".

Mais l'ancien président est persuadé qu'il peut porter un renouveau, et mise sur la jeunesse. Lundi matin, il a, en guise d'officialisation, remercié sur Twitter Gérald Darmanin, député-maire UMP de Tourcoing et l'un des plus jeunes membres du Palais Bourbon, d'être son "porte-parole pendant ces deux mois de campagne".

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