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Valls prépare les Français à une rentrée économique "difficile"

Paris (AFP) Vendredi 01 Août 2014

Le Premier ministre Manuel Valls quitte le Palais de l'Elysée après un séminaire gouvernemental à Paris, le 1er août 2014 (AFP-Dominique Faget)

Au nom de la "vérité", Manuel Valls a annoncé vendredi des lendemains économiques "difficiles" qui exigent "d'amplifier" le mouvement des réformes, mais sans changer un iota au cap qu'il a fixé avec François Hollande.

Le Premier ministre tirait devant la presse les conclusions d'un séminaire de "préparation de la rentrée", ultimes retrouvailles du gouvernement avant une pause estivale d'une quinzaine de jours.

Ouvrant ce séminaire, François Hollande avait exhorté ses ministres à "rester mobilisés" pendant la pause estivale pour répondre à "l'impatience" et à "l'inquiétude" des Français. Ces derniers, a-t-il souligné, exigent des "résultats rapides et concrets" sur l'emploi et "l'amélioration de leur vie quotidienne".

En un mot comme en cent, "les vacances qui s'annoncent sont une pause mais pas un arrêt", a-t-il martelé.

Pas question donc de rééditer l'épisode calamiteux de son premier été à l'Elysée, quand les vacances de l'exécutif avaient été assimilées à une vacance du pouvoir en pleine crise économique et financière.

Traduction par le Premier ministre: "Le volontarisme ne nous quittera pas, et cela plus encore pour les semaines et les mois à venir car la rentrée va être difficile en matière de conjoncture économique".

Manuel Valls a dressé un tableau plutôt sombre de l'état de la France, avec "une crise de confiance que nous devons impérativement endiguer", concédant que le chômage avait "atteint un niveau tout à fait insupportable" avec 3,398 millions de demandeurs d'emploi fin juin. Il a aussi évoqué "la vie chère, le mal-logement", et l'inquiétude des Français pour "leur avenir et celui de leurs enfants".

Le président François Hollande (d) et le Premier ministre Manuel Valls à la sortie d'un séminaire gouvernemental au Palais de l'Elysée à Paris, le 1er août 2014 (AFP-Dominique Faget)

Contre ces maux un seul remède, selon lui: la réforme. Il faut "amplifier le mouvement amorcé ces quatre derniers mois", depuis son arrivée à Matignon et "réformer, réformer, réformer, inlassablement", "lutter contre les blocages" et "avancer avec détermination, constance, persévérance".

- Charge contre Bruxelles -

Pour Manuel Valls, "le pire serait d'envisager de faire demi-tour au milieu du chemin". "Nous perdrions tout, les réformes et les résultats à venir, nous ne changeons pas en fonction des circonstances".

"Notre politique, ce sera le Pacte de responsabilité, tout le pacte et encore plus loin que le Pacte car c'est grâce à lui et au Crédit d'impôt compétitivité-emploi" que nous pourrons renforcer notre économie", a-t-il poursuivi.

Manuel Valls s'est également livré à une nouvelle charge contre Bruxelles, jugeant que "les politiques économiques en zone euro ne sont pas efficaces" face à l'atonie de la croissance et de l'inflation.

Et si une "certaine prise de conscience" semble selon lui se dessiner face aux attentes des peuples, notamment sur l'emploi, elle "se traduit malheureusement par une terrible lenteur dans les faits", une "absence de politique de change" et une Banque centrale européenne "impuissante" face au risque "réel" de déflation.

Cette charge de M. Valls intervient au moment où la nouvelle Commission européenne est en voie de renouvellement, avec encore des incertitudes sur l'étendue des fonctions qui seront dévolues à Pierre Moscovici, futur commissaire européen.

Le Premier ministre a adressé un message à l'Allemagne, gardienne de l'orthodoxie budgétaire, soulignant que la France n'irait pas au-delà de "l'effort colossal" consenti avec un plan d'économie de 50 milliards d'euros sur trois ans.

De la même manière, il s'est refusé à revoir la prévision de croissance officielle de 1%, jugée excessivement optimiste par le FMI ou l'Insee, qui tablent sur 0,7%, laissant au ministre des Finances Michel Sapin le soin de trancher à la mi-août.

"Il ne s'agit pas de demander quelque chose aux Européens" sur la trajectoire budgétaire de la France, a-t-il assuré. Mais en l'absence de nouvelles économies ou d'un accroissement de la pression fiscale, la France prend ainsi le risque de laisser filer ses déficits.

Une position résumée en conclusion du séminaire par François Hollande, selon un participant à la réunion: "La politique de la France sera de promouvoir un niveau de l'euro réaliste et une politique budgétaire européenne compatible avec la croissance ainsi qu'un véritable plan d'investissement européen."

Dans un communiqué, le secrétaire général de l'UMP par intérim Luc Chatel a qualifié le Premier ministre de "commentateur passif de la conjoncture économique", qui "fuit ses responsabilités" plutôt que de prendre des "mesures d'urgence" devant les difficultés qui s'annoncent.

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