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Au Yémen, la banque du sang menacée de fermeture imminente

Dubaï (AFP) Samedi 12 Août 2017

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Un centre de transfusion sanguine à Sanaa, le 7 août 2017 (AFP-Mohammed HUWAIS)

La banque du sang au Yémen, victime collatérale de la guerre qui ravage le pays depuis plus de deux ans, a lancé cette semaine un vibrant appel à l'aide, affirmant qu'elle pourrait fermer prochainement laissant des milliers de patients en détresse.

"Nous exhortons toutes les organisations humanitaires de la communauté internationale ainsi que tous les donateurs à soutenir le centre, alors que nos fournitures médicales viennent à manquer", a appelé le directeur du Centre national pour la transfusion sanguine et la recherche à Sanaa, Adnane Al-Hakimi.

"Nous sommes uniquement capables de travailler une semaine de plus. Après cela, si les organisations humanitaires ne se mobilisent pas pour aider le centre, il fermera", a-t-il mis en garde lundi.

La banque du sang yéménite dit traiter quelque 3.000 personnes par mois, atteintes de cancer, d'insuffisance rénale ou de thalassémie, une maladie génétique qui se traduit par une diminution de la taille des globules rouges et provoque une sévère anémie.

Une infirmière au chevet d'un donneur de sang, le 7 août 2017 à Sanaa (AFP-Mohammed HUWAIS)

Moins de la moitié des hôpitaux du pays fonctionnent dans ce pays pauvre de 27 millions d'habitants, ravagé par le conflit opposant les rebelles chiites Houthis, qui contrôlent la capitale Sanaa, aux forces gouvernementales, soutenues par une coalition militaire arabe dirigée par l'Arabie saoudite.

La crise humanitaire qui s'aggrave au fil des mois a placé le pays au bord de la famine, selon l'ONU.

Depuis l'intervention en mars 2015 de la coalition arabe, les combats ont fait plus de 8.300 morts, majoritairement des civils, et plus de 47.700 blessés, selon l'Organisation mondiale de la santé (OMS).

- Don de sang -

Amina Ali, dont le jeune fils a besoin de transfusions sanguines, fait régulièrement le trajet vers la banque du sang.

"Je passe une commande pour du sang et des plaquettes tous les dix jours", raconte-t-elle à l'AFP.

"Que va-t-il se passer si le centre ferme? L'état de santé de beaucoup d'enfants dont mon fils va se dégrader", s'alarme-t-elle.

Un centre de transfusion sanguine à Sanaa, le 7 août 2017 (AFP-Mohammed HUWAIS)

Selon M. Hakimi, l'ONG Médecins sans frontières (MSF) a "soudainement arrêté" en juin de fournir à la banque du sang des fournitures médicales, après avoir soutenu le centre depuis 2015.

Dans un communiqué envoyé à l'AFP, MSF a confirmé avoir aidé la banque du sang pendant deux ans.

"Alors que les besoins sanitaires sont en augmentation au Yémen, MSF a choisi de concentrer son soutien à d'autres priorités sanitaires", a indiqué l'ONG.

"MSF s'est mis d'accord avec l'OMS pour que cette dernière prenne la relève en juin. La dernière donation de MSF à la banque du sang date de juin 2017. Elle était supposée permettre le fonctionnement de ses activités pendant deux mois, le temps que l'OMS commence son soutien", a-t-elle ajouté.

Comme MSF, l'ONU a indiqué avoir été obligée de réorganiser l'affectation de ses ressources financières, notamment en réduisant le soutien aux programmes d'aides alimentaires, pour se concentrer davantage sur l'épidémie du choléra qui a déjà fait près de 2.000 morts en moins de quatre mois.

Les Nations unies ont indiqué que moins de la moitié des 2,1 milliards de dollars (1,9 milliard d'euros) promis cette année par la communauté internationale au Yémen a été versée.

Malgré les difficultés, des Yéménites continuent de vouloir soutenir la banque du sang et les patients qu'elle traite.

"Je suis ici pour donner mon sang par charité et pour mon pays", affirme Abdallah Farei.

"Nous demandons à Dieu de faire en sorte que les citoyens répondent à l'appel de la banque du sang", espère-t-il.

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