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Ebola: l'épidémie approche les 10.000 cas en Afrique de l'Ouest

Genève (AFP) Jeudi 23 Octobre 2014

Des membres de la Croix-Rouge préparent un sac mortuaire avant d'entrer dans une maison où une personne est décédée du virus Ebola, le 4 octobre 2014 à Monrovia, au Liberia (AFP/Archives-Pascal Guyot)

Le bilan de l'épidémie d'Ebola en Afrique de l'Ouest approche les 10.000 cas pour près de 4.900 morts, en plein renforcement des dispositifs de précaution et de la mobilisation internationale.

Faute de perspective d'endiguement rapide au Liberia, en Sierra Leone et en Guinée, les trois pays frappés de plein fouet, malgré des avancées dans la recherche d'un vaccin, le virus exacerbait les tensions entre population et autorités, dégénérant en émeute mortelle dans l'est de la Sierra Leone, région en quarantaine depuis août.

Malgré une diminution des risques de contagion mondiale, les dispositifs de précaution se renforçaient encore, au départ des pays touchés comme à l'arrivée.

Les autorités sanitaires américaines ont annoncé que toute personne en provenance des trois pays africains concernés serait étroitement surveillée pendant 21 jours, période maximum d'incubation de la maladie.

Le président Barack Obama a fait néanmoins part de son optimisme face à l'évolution de la situation concernant le virus aux Etats-Unis, évoquant par ailleurs des progrès dans la mobilisation internationale pour organiser la riposte en Afrique de l'Ouest.

"Des dizaines de personnes qui avaient été en contact avec M. Duncan (le patient libérien décédé au Texas, ndlr), dont sa famille et ses amis, sont désormais hors de danger", a-t-il souligné. "C'est un élément de plus qui montre aux gens à quel point il est difficile d'attraper cette maladie", a-t-il ajouté.

Des volontaires s'occupent de récupérer les corps des personnes décédées du virus Ebola à Freetown, en Sierra Leone, le 8 octobre 2014 (AFP/Archives-Florian Plaucheur)

Amber Vinson, la seconde infirmière du Texas Presbyterian Hospital de Dallas à avoir été contaminée par Ebola après avoir été au chevet du patient libérien Thomas Eric Duncan, est guérie de la maladie, a annoncé sa famille.

L'autre infirmière, Nina Pham, reste dans un état stable dans une clinique des Instituts nationaux de la santé (NIH) dans le Maryland. La clinique a indiqué mardi que son état de santé "s'est amélioré et est désormais jugé bon."

Malgré des nouvelles rassurantes sur l'évolution des cas dans les deux pays occidentaux touchés, le Rwanda a étendu ses mesures de précaution à l'Espagne et aux Etats-Unis, exigeant que les voyageurs y ayant séjourné dans les trois semaines précédentes communiquent quotidiennement pendant 21 jours leur état de santé.

L'aéroport international du Liberia a connecté ses bases de données aux listes des proches de malades, afin de leur interdire l'embarquement, même s'ils ne présentent pas de symptôme et ne sont donc pas contagieux, a indiqué à l'AFP Binyah Kessely, président du conseil d'administration de l'Autorité aéroportuaire libérienne.

(g-d): Marta Mora, Fernando de la Calle, Jose Ramon Arribas et Marta Arsuaga, les médecins espagnols qui ont soigné Teresa Romero, l'infirmière contaminée par Ebola, lors d'une conférence de presse, le 21 octobre 2014 à l'hôpital Carlos III à Madrid (AFP-Gérard Julien)

Au même moment, les NIH ont annoncé avoir commencé un essai clinique sur 39 adultes d'un vaccin expérimental canadien contre Ebola, dont de premiers lots ont été livrés en Suisse pour être testés par l'Organisation mondiale de la Santé (OMS). Mais ils ne devraient pas être opérationnels avant l'année prochaine.

- Manque de lits -

Carte indiquant les principaux aéroports contrôlant les passagers au départ ou à l'arrivée des pays où l'épidémie d'Ebola sévit (AFP-P. Deré/P. Defosseux)

En Sierra Leone, où la grande majorité des nouveaux cas sont désormais signalés dans l'Ouest, comprenant la capitale Freetown, des heurts dans l'Est, épicentre originel de l'épidémie, ont fait deux morts, âgés d'une vingtaine d'années, et une dizaine de blessés, dont plusieurs parmi les forces de sécurité.

L'émeute a éclaté mardi dans la ville minière de Koidu après qu'un groupe de jeunes s'est opposé à un prélèvement sanguin sur une femme de 90 ans, mère d'un de leurs chefs. Cette femme, considérée par les autorités sanitaires comme un cas suspect d'Ebola, est finalement décédée d'hypertension.

Au Liberia voisin, le pays le plus touché, l'OMS a jugé le nombre de cas recensés sous-évalué, en particulier dans la capitale Monrovia.

Aide européenne, en valeur et par habitant, pour la lutte contre Ebola (AFP-P. Pizarro/A.Bommenel)

La décrue semblait en revanche réelle dans la province de Lofa (nord), limitrophe de la Guinée, où sont apparus les premiers cas au Liberia en février.

Le responsable du centre de traitement de Médecins Sans Frontières (MSF) dans la ville de Foya a indiqué à la présidente Ellen Johnson Sirleaf, en visite sur place, que la province pourrait "bientôt être déclarée débarrassée d'Ebola", après trois semaines pratiquement sans nouveau cas, selon la présidence.

Malgré l'augmentation des moyens dans les trois pays, l'OMS souligne que seuls 25 % des quelque 4.700 lits nécessaires dans les centres de traitement pour parvenir à l'objectif de l'ONU d'isoler 70 % des malades d'ici le 1er décembre sont actuellement disponibles.

L'OMS signale également le manque de personnel médical étranger pour faire fonctionner ces centres, estimant que les renforts prévus répondent aux besoins de 30 établissements sur 50 programmés.

De son côté, Cuba, qui a déjà déployé 165 médecins et infirmiers en Sierra Leone, en a envoyé 83 vers la Guinée et le Liberia.

La présidente de la Commission de l'Union africaine, Nkosazana Dlamini-Zuma, est attendue à partir de jeudi dans les trois pays les plus affectés afin "que le continent mobilise en toute urgence les ressources humaines si nécessaires", a annoncé l'UA.

En Guinée, les autorités ont annoncé le versement de 10.000 dollars (plus de 7.800 euros) à la famille de chaque agent de santé mort d'Ebola, grâce à l'appui financier de la communauté internationale.

Enfin, la Bolivie a décidé de verser un million de dollars (près de 800.000 euros) à un fonds des Nations unies destiné à la lutte mondiale contre Ebola, a annoncé mercredi le président Evo Morales.

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