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Fin de vie: l'Assemblée écarte un texte écologiste légalisant l'euthanasie

Paris (AFP) Jeudi 29 Janvier 2015

La député d'Europe-Ecologie Les Verts (EELV) Véronique Massonneau siège à l'Assemblée nationale, le 29 janvier 2013 (AFP/Archives-Jacques Demarthon)

Sans surprise, l'Assemblée a refusé d'adopter jeudi une proposition de loi écologiste autorisant le suicide assisté et l'euthanasie dans certains cas, avant l'examen en mars d'un texte PS-UMP plus mesuré et ayant les faveurs du gouvernement.

Les discussions sur la proposition écologiste ont ainsi tourné court, une semaine après un débat sans vote sur la fin de vie dans l'hémicycle, initié par François Hollande, et avant l'examen prochain du texte d'Alain Claeys (PS) et Jean Leonetti (UMP).

L'auteur de la proposition de loi EELV, la députée de la Vienne Véronique Massonneau, à qui le sujet du "respect du choix de fin de vie" tient particulièrement à cœur, ses parents ayant eu recours à une aide active à mourir en Belgique, a déploré un "attentisme" et un nouveau "recul sur un sujet de société" des socialistes.

"La première raison" de l'inscription de son texte était "de faire accélérer la majorité sur l'engagement de 2012" du candidat Hollande d'instaurer un droit à "une assistance médicalisée pour terminer sa vie dans la dignité", a-t-elle dit.

Émue jusqu'aux larmes, elle avait auparavant défendu "la liberté de choisir" de chacun, "l'ultime liberté", et demandé aux parlementaires de "s'attacher au contenu du texte plutôt qu'aux fantasmes ou aux peurs distillées ici ou là".

Sa proposition de loi disposait que "toute personne majeure et capable, en phase avancée ou terminale d’une affection grave et incurable (...) peut demander à bénéficier (...) d’une euthanasie ou d’un suicide médicalement assisté". Une demande strictement encadrée: avis de deux médecins, délais pour la confirmer.

- 'Tactique dilatoire' -

Las, la ministre de la Santé, Marisol Touraine, a soutenu le renvoi en commission, en mettant en avant le "droit nouveau" à une "sédation profonde et continue" jusqu'à la mort pour des malades incurables, suggéré dans le rapport Claeys-Leonetti remis au chef de l’État en décembre. Il faut selon la ministre "permettre le rassemblement, le consensus autour de (ce) point d'équilibre".

La ministre de la Santé a soutenu le renvoi en commission, en mettant en avant le "droit nouveau" à une "sédation profonde et continue" jusqu'à la mort pour des malades incurables, suggéré dans le rapport Claeys-Leonetti remis au chef de l’État en décembre (AFP/Archives-Frederick Florin)

Le renvoi en commission a été acquis par 25 votes pour, 20 contre et 11 abstentions. "Loi renvoyée aux calendes grecques (...) Bcp de socialistes partis pr ne pas voter contre leur groupe", a tweeté la coprésidente du groupe écolo, Barbara Pompili.

Les écologistes vont "trop loin ou en tout cas trop vite", a lancé Michel Liebgott (PS). Plusieurs intervenants du même groupe (Philip Cordery, Gérard Sebaoun, Joël Aviragnet) ont cependant apporté leur soutien au texte écologiste qui crée "un nouveau droit sans en retirer un à quiconque".

Les députés radicaux de gauche, à qui le sujet est cher également, ont globalement appuyé la démarche des écologistes. Leur chef de file Roger-Gérard Schwartzenberg en a profité pour fustiger la "tactique dilatoire" du gouvernement depuis deux ans et la "proposition de loi de commande" sur la table.

Pour leur part, Front de gauche, UDI, UMP et FN se sont montrés hostiles à toute légalisation de l'euthanasie ou du suicide assisté. Le centriste Bertrand Pancher a moqué une "diarrhée législative" des Verts sans "écoute", tandis que Marion Maréchal-Le Pen (FN) a critiqué leur "pulsion idéologique" allant à l'encontre de "l'interdiction de tuer".

Au-delà, Xavier Breton (UMP) a pointé "les ambiguïtés du gouvernement", voyant un "clin d’œil appuyé en direction du lobby pro-euthanasie" dans le dernier discours de Manuel Valls devant les députés. Le Premier ministre avait appelé à des débats en mars qui "permettent d’avancer vers un droit nouveau: celui de mourir dans la dignité".

Manifestation "pour la vie" dédiée à la dénonciation de l'avortement, le 25 janvier 2015 à Paris (AFP-Bertrand Guay)

Des militants de l'association pour le droit de mourir dans la dignité (ADMD), dont Mme Massonneau est membre du comité d'honneur, étaient présents jeudi dans l'hémicycle. Ils organisent une manifestation samedi à Paris.

Dimanche dernier, c'étaient des milliers de manifestants munis de ballons noirs et d'affichettes "Je suis Vincent Lambert" qui défilaient à Paris pour dénoncer, lors d'une "Marche pour la vie", "la menace de l'euthanasie à l'Assemblée nationale".

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