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Une étude dévoile l'ampleur de la pollution aux particules fines à Paris

Paris (AFP) Lundi 24 Novembre 2014

Le périphérique parisien lors d'un épisode de pollution le 15 mars 2014 (AFP/Archives-Francois Guillot)

Le 13 décembre 2013, au plus fort du pic de pollution, les Parisiens ont inhalé jusqu'à 6 millions de particules fines par litre d'air: pour la première fois, une étude a permis de mesurer dans l'atmosphère de la capitale ces particules inférieures à un micron, très nocives pour la santé.

"C'est une situation semblable à celle du tabagisme passif. Un test en laboratoire a montré que la fumée de huit cigarettes dans une pièce d'environ 20 mètres carrés produit autant de particules", révèle cette étude réalisée à l'aide d'un nouvel appareil, le Light optical aerosol counter (LOAC), embarqué à bord du "Ballon de Paris". Initialement à vocation touristique, cet aéronef, installé dans le XVe arrondissement, informe depuis 2008 les Parisiens sur la qualité de l'air ambiant.

Ce nouveau dispositif a permis, pour la première fois, de réaliser des prélèvements sur une colonne d'air de plusieurs centaines de mètres de haut.

Les relevés effectués pour cette étude expérimentale, réalisée au cours des dix-huit derniers mois, concernaient les particules inférieures à un micron, qui sont aussi les plus dangereuses pour la santé, a précisé lors d'une conférence de presse l'association Airparif, chargée de mesurer la qualité de l'air à Paris.

"On connaissait la nocivité de ces très petites particules, inférieures à un micron. La nouveauté de cette étude, c'est qu'elle permet de savoir quelle quantité de ces particules nous respirons à chaque litre d'air inspiré", explique-t-on chez Aérophile, société exploitant le ballon qui a participé à ces travaux aux côtés d'Airparif, de la Mairie de Paris et du CNRS.

L'étude a ainsi montré que pendant une journée standard, les parisiens inhalent environ 200.000 particules fines par litre d'air.

Plus préoccupant, elle a également mis en évidence que lors de l'épisode de pollution du 9 au 14 décembre 2013, une moyenne de trois millions de ces particules par litre d'air a été enregistré tout au long de la journée. Un record a même été atteint le 13 décembre, avec un pic à six millions de particules à 18H00.

Le ciel de Paris lors d'un pic de pollution, en mars 2014 (AFP/Archives-Lionel Bonaventure)

"L'épisode de décembre est dominé par les très petites particules, principalement carbonées, qui sont liées au trafic automobile (majoritairement diesel, NDLR), à l'activité industrielle et au chauffage", a expliqué Jean-Baptiste Renard, chercheur au CNRS.

"La dangerosité de cet épisode a peut-être été sous-estimée", les résultats de l'étude n'étant pas encore connus, a-t-il relevé.

- 'Une faille dans la législation' -

"On sait que les particules fines sont les plus nocives pour la santé", a renchéri Christophe Najdovski, adjoint (écologiste) au maire de Paris en charge des transports.

En effet, alors que les grosses particules (supérieures à un micron) s'arrêtent dans la région de la trachée et des bronches, les particules fines "peuvent atteindre d'autres organes", souligne l'étude.

Ces dernières sont à l'origine de 42.000 décès chaque année, ont rappelé lundi ses auteurs, qui ont insisté sur la nécessité d'agir rapidement pour réduire les émissions de ces particules.

"Il y a une faille dans la législation actuelle parce que les particules fines ne sont ni mesurées ni réglementées", a relevé Christophe Najdovski

L'élu a souligné que la ville de Paris préparait "pour début 2015 un plan pour réduire les émissions de polluants".

"Ce plan aura deux axes, l'un visant à réduire le volume de la circulation automobile en développant les alternatives à la voiture comme le covoiturage ou l'autopartage, l'autre à modifier le parc roulant constitué à 60% de véhicules diesel", a-t-il dit.

L'une des pistes étudiées par la municipalité est la mise en place, à Paris, de zones à bas niveau d'émission dont l'accès serait limité, voire interdit, aux véhicules les plus polluants. Des zones à faible émission existent déjà dans 200 villes en Europe mais aucune en France.

"On y travaille avec la préfecture de Paris car une telle mesure nécessite que l'on puisse identifier et contrôler ces véhicules, ce qui relève de l'Etat", a souligné Christophe Najdovski.

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