Vous êtes ici : Accueil / Info en Continu / Science / En Lorraine, la technologie inédite des "plantes à traire" suscite l'intérêt du géant BASF

Diminuer le texte Taille par défaut Augmenter le texte
Imprimer Ajouter aux favoris Parler de cet article à un ami
Partager sur Facebook

En Lorraine, la technologie inédite des "plantes à traire" suscite l'intérêt du géant BASF

Laronxe (Meurthe-et-Moselle) (France) (AFP) Vendredi 29 Mai 2015

Des plantes dans le laboratoire de la société "Plant advanced technologies" (PAT), le 28 mai 2015 à Laronxe dans l'est de la France (AFP-JEAN-CHRISTOPHE VERHAEGEN)

Traire des plantes comme des animaux, en extrayant des molécules actives des racines sans détruire le végétal: l'idée a pris forme en Lorraine, où une petite start-up a breveté cette technologie inédite remarquée par le géant BASF, avec qui elle a noué un partenariat.

A Laronxe (Meurthe-et-Moselle), 1.000 m2 de serres renferment les secrets, précieusement gardés, pour la culture de ces biomolécules, essentiellement destinées aux industries pharmaceutiques et cosmétiques.

"A la différence de nos concurrents, on ne détruit pas la plante. Dès lors, la même plante peut être remise en culture, et l'on peut presque indéfiniment la traire pour extraire des biomolécules", résume le PDG de Plant advanced technologies (PAT), Jean-Paul Fevre.

Le processus, complexe, consiste à stimuler la plante afin qu'elle produise les molécules, "en jouant par exemple sur la nutrition ou le stress hydrique", explique le patron, avant de recueillir le précieux substrat des racines, après les avoir plongées dans différents bains solvants.

L'opération de traite peut être reproduite tous les mois avec la même plante, avec une productivité impressionnante: "là où avec une plante sur un balcon, on arriverait à obtenir 0,1% de molécule d'intérêt par rapport à la matière sèche, nous arrivons à en extraire 50 à 100 fois plus", se félicite M. Fevre.

- "Plus cher que l'or" -

Jean-Paul Fevre, le PDG de la société "Plant advanced technologies" (PAT), le 28 mai 2015 à Laronxe dans l'est de la France (AFP-JEAN-CHRISTOPHE VERHAEGEN)

Dès lors, si les molécules naturelles ne sont pas brevetables, PAT a déposé à quatre reprises ses procédés de production et d'extraction, ainsi que ses inventions d'usage, ce qui permet désormais à la PME lorraine d'être la seule détentrice au monde de cette technologie.

Fleuron de la start-up: une mystérieuse plante d'Amérique du Sud, baptisée "Edulys", et dont les biomolécules extraites sont la base d'un soin anti-âge "remarquable" de Chanel depuis plusieurs années, selon le PDG.

PAT travaille également avec "un très grand laboratoire pharmaceutique français", indique Jean-Paul Fevre, alors qu'un tiers des médicaments contiennent des molécules végétales.

Le prix de vente des molécules miraculeuses? "Beaucoup, beaucoup plus cher que de l'or", élude le patron, qui se satisfait lorsque la production atteint entre 1 et 4 grammes par mètre carré et par an.

Cotée en bourse, la société, au cœur d'un consortium, BioProLor, qui réunit notamment le CNRS, l'INRA ou l'INSERM, et financé par le Conseil régional de Lorraine, a suscité l'intérêt du géant allemand BASF, leader mondial de la chimie, qui entend développer l'activité.

"Avec BASF, on diversifie notre marché économique et on élargit le champ de recherches, notamment sur les biopesticides, soit la protection des végétaux. Aucune PME n'est capable de construire à elle seule des processus d'homologation sans ce savoir-faire", justifie Jean-Paul Fevre, dont la société prévoit de quasiment doubler son chiffre d'affaires en un an.

BASF "testera et validera les propriétés d'actifs naturels à visée cosmétique ou phytopharmaceutique produites en Lorraine", a notamment expliqué son président France, Xavier Susterac, jeudi, lors d'une signature de convention entre BASF et la Région Lorraine, qui ambitionne d'être au cœur d'une "Bioengineering valley", une pépinière des biotechnologies.

Le partenariat a également pour but de découvrir et de produire de nouvelles biomolécules, alors que PAT traite désormais environ 200 espèces, après en avoir testé plus du quadruple.

Le vice-président de PAT, Frédéric Bourgaud, est particulièrement optimiste: "Les marges de développement sont encore énormes" avec les découvertes faites depuis 2010 par PAT, qui pourraient, assure-t-il, servir à la lutte contre la maladie d'Alzheimer ou le cancer.

Tous droits de reproduction et de représentation réservés. © 2015 AFP Agence France-Presse.
Toutes les informations reproduites dans cette rubrique sont protégées par des droits de propriété intellectuelle détenus par l'AFP. Par conséquent, aucune de ces informations ne peut être reproduite, modifiée, rediffusée, traduite, exploitée commercialement ou réutilisée de quelque manière que ce soit sans l'accord préalable écrit de l'AFP. L'AFP ne pourra être tenue pour responsable des délais, erreurs, omissions qui ne peuvent être exclus, ni des conséquences des actions ou transactions effectuées sur la base de ces informations.