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Un gastéropode géant pour défendre la Grande barrière contre les étoiles de mer

Sydney (AFP) Lundi 18 Septembre 2017

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Photo fournie le 27 avril 2017 par l'université James Cook, de l'acanthaster planci qui peut atteindre un mètre de diamètre et est dotée de piquants dont le venin est toxique pour l'homme (JAMES COOK UNIVERSITY/AFP/Archives-LISA BOSTROM EINARSSON)

Des spécimens de charonia, un gastéropode géant, pourraient être lâchés en grand nombre sur la Grande Barrière de corail pour protéger ce joyau australien menacé par des étoiles de mer tueuses, ont annoncé lundi des scientifiques.

Inscrite au patrimoine mondial de l'Unesco en 1981, la Grande barrière s'étend sur environ 345.000 km2 le long de la côte australienne et constitue le plus vaste ensemble coralien du monde avec 3.000 "systèmes" récifaux et des centaines d'îles tropicales.

Mais elle est actuellement menacée par la récurrence de graves épisodes de blanchissement de ses coraux provoqués par le réchauffement climatique, par les activités industrielles ou agricoles ou encore par l'acanthaster pourpre, une étoile de mer invasive.

L'acanthaster planci -surnommée "couronne d'épines" ou plus facétieusement "coussin de belle-mère"- se nourrit presque exclusivement de coraux, peut atteindre un mètre de diamètre et est dotée de piquants dont le venin est toxique pour l'homme.

Un gastéropode géant pour défendre la barrière de corail (AFP-AFP )

Des recherches menées par l'Institut australien pour la science marine (AIMS) ont montré que ces étoiles de mer évitaient les zones où était présent charonia tritonis, un gastéropode également connu sous le nom de "triton géant".

Ces mollusques dotés de spectaculaires coquilles, qui peuvent mesurer jusqu'à 50 centimètres, ont un odorat très développé dont ils se servent pour chasser.

Les recherches ont montré qu'ils étaient particulièrement friands des "couronnes d'épines". Chassés pour leur coquille, leur nombre a cependant fortement décliné dans les océans.

Le gouvernement australien a annoncé lundi un financement de la recherche sur l'élevage de ces gastéropodes.

Le Dr. Cherie Motti, dans un laboratoire de l'Institut australien pour la science marine (AIMS) le 18 septembre 2017 à Townsville qui conduit un programme de recherche sur l'acanthaster planci (AUSTRALIAN INSTITUTE OF MARINE SCIENCE/AFP-Handout)

"Si la recherche porte ses fruits, les scientifiques étudieront l'impact des tritons géants sur le comportement des +couronnes d'épines+ et testeront leur potentiel en temps qu'outil de gestion pour limiter la disparition des coraux."

Des tritons géants détenus dans les laboratoires de l'AIMS ont pondu de nombreux oeufs qui ont donné naissance à plus de 100.000 larves au cours du mois écoulé. Mais les connaissances sur leur cycle de vie sont encore très limitées.

La recherche va désormais se concentrer sur le développement des larves. Le but ultime étant de pouvoir relâcher des spécimens de tritons géants lors des périodes d'invasion des récifs par l'étoile de mer.

Jusqu'à présent, des produits chimiques coûteux étaient utilisés pour la neutraliser, au risque de nuire aux autres organismes marins des récifs.

Photo fournie le 27 avril 2017 par l'université James Cook, d'un plogeur en train d'injecter du vinaigre dans un acanthaster planci (JAMES COOK UNIVERSITY/AFP/Archives-LISA BOSTROM EINARSSON)

Des tests effectués par des chercheurs de l'Université James Cook, en collaboration avec le directoire du parc marin de la Grande barrière de corail (GBRMPA), ont par ailleurs montré il y a quelques mois que la "couronne d'épines" pouvait aussi être tuée par des injections de vinaigre.

L'éradication ou le contrôle de la population de ces étoiles de mer par cette méthode écologique serait cependant une tâche herculéenne car chacune d'entre elles doit être individuellement piquée.

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