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Brésil: des Indiens sortent pour la première fois de leur forêt amazonienne

Rio de Janeiro (AFP) Mercredi 30 Juillet 2014

Une image fournie le 30 juillet 2014 par le Département des Affaires indigènes du brésil (Funai) montre des Indiens amazoniens sortis pour la première fois de la forêt amazonienne et filmés dans l'Etat brésilien de l'Acre, à la frontière du Pérou (Funai/AFP-HO)

Nus et armés d'arcs et de flèches, des Indiens qui n'étaient jamais sortis de la forêt amazonienne ont fui le Pérou où ils sont probablement victimes d'attaques et sont entrés en contact pacifique avec d'autres indigènes, les Ashaninkas du nord du Brésil.

Le Département des Affaires indigènes du Brésil (Funai) a diffusé une vidéo, montrant le moment du contact sur les berges du fleuve Envira, dans l'Etat brésilien de l'Acre, frontalier avec le Pérou.

Une scène montre le moment où un Ashaninka remet un régime de bananes à deux Indiens du peuple du Rio Xinane qui appartient au groupe linguistique "pano".

"La vidéo est une des scènes enregistrées au moment où les Indiens isolés entrent en contact avec l'équipe de la Funai et les Ashaninkas. C'était au second jour du contact direct, le 30 juin", explique Carlos Travassos directeur du département des Indiens isolés de la Funai cité par le site G1 de Globo.

Le service de presse de la Funai a indiqué mercredi à l'AFP que M. Travassos "était maintenant sur le terrain dans l'Acre et injoignable".

- Bruits d'animaux -

Une image fournie le 30 juillet 2014 par le Département des Affaires indigènes du brésil (Funai) montre des Indiens amazoniens "isolés" sur les rives de la rivière Envira dans l'Etat brésilien Acre, à la frontière du Pérou (FUNAI/AFP-HO)

C'est le 26 juin qu'a eu lieu la première approche de ces Indiens qui vivent en retrait du reste du monde dans la forêt amazonienne. Ils sont apparus traversant la rivière Envira sur les rives de laquelle sont établis les indiens Ashaninkas, dans le village Simpatia.

"Ils sifflaient et faisaient des bruits d'animaux", souligne M. Travassos.

Cet expert des Indiens de l'Amazonie a expliqué que les approches étaient assez rapides et que les indiens retournaient dans la forêt.

Cela a recommencé les jours suivants, jusqu'au contact direct et pacifique qui a été facilité par deux interprètes indigènes qui, dans la langue pano, ont pu établir une relation de confiance avec eux.

Des experts brésiliens estiment que ces Indiens ont traversé la frontière du Pérou en raison de pressions exercées par les bûcherons clandestins et les trafiquants de drogue sur leurs terres.

Selon l'anthropologue Terri Aquino de la Funai, l'approche a été faite probablement pour acquérir des haches, des coutelas et des casseroles.

"Ce peuple est en quête de technologie. C'est important pour leur vie parce qu'il y a une +guerre+ interne entre eux et en raison du contact avec des groupes non indigènes", a-t-il dit à G1.

Selon José Correia Jaminawa, 70 ans, l'un des Indiens qui leur a parlé, ils sont venus en quête d'armes et d'alliés.

- Grippe et diphtérie -

"Ils ont raconté avoir été attaqués par des non indigènes et beaucoup sont morts après avoir attrapé la grippe et la diphtérie", a-t-il souligné, cité par G1.

Une image fournie le 30 juillet 2014 par le Département des Affaires indigènes du brésil (Funai) montre des Indiens amazoniens "isolés" sur les rives de la rivière Envira dans l'Etat brésilien Acre, à la frontière du Pérou (FUNAI/AFP-HO)

La Funai a indiqué que lorsque le groupe d'Indiens est revenu il y a trois semaines dans le village Simpatia, ils avaient la grippe. Une équipe médicale du gouvernement a été envoyée et a traité sept Indiens malades pour éviter la contamination de la tribu qui compterait une cinquantaine de personnes.

Cette information a été qualifiée "d’extrêmement préoccupante" par Survival International, le mouvement mondial pour les droits des peuples indigènes, car des épidémies de grippe ont déjà anéanti des tribus entières par le passé.

L’Amazonie brésilienne abrite le plus grand nombre de tribus vivant à l'écart du reste du monde. La Funai a dénombré 77 groupes allant de cinq à une centaine d'individus.

Leur volonté de ne pas établir de contact avec les autres tribus et le reste du monde résulte très certainement de rapports antérieurs désastreux, de l’invasion continue de leurs territoires et de la destruction de leur environnement forestier, selon Survival.

Survival a lancé une action urgente à l’attention des gouvernements brésilien et péruvien afin qu’ils protègent le territoire de ces Indiens et a appelé les autorités à honorer leurs engagements de coopération transfrontalière.

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